Près de 2 000 cas de dengue signalés chaque semaine depuis un mois à La Réunion Médecine des voyages

Publié le 31 mai 2021 à 22h17

Biographie

- Médecin biologiste à la retraite.
- Auparavant : médecin biologiste dans un hôpital d'Instruction des armées pendant 6 ans, puis détaché pendant 20 ans par le Service de santé des armées comme virologiste d'abord puis comme directeur dans 3 instituts du Réseau international des Instituts Pasteur.

Liens d'intérêt

- Aucune rémunération actuelle ou dans le passé de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.

Selon l'Agence Régionale de Santé (ARS) de la Réunion du 10 au 16 mai, 2 074 cas de dengue ont été confirmés. L'épidémie se maintient à un niveau élevé malgré l'arrivée de l'hiver austral (près de 2 000 cas confirmés chaque semaine pendant 4 semaines). Elle touche l'ensemble du territoire. Les secteurs Ouest (Saint-Paul) et Sud (Saint-Joseph et Saint-Pierre) sont les plus touchés.

Le bilan de la dengue s'élève désormais à 16 198 cas confirmés, 402 hospitalisations et 2 383 passages aux urgences.

La préfecture, l'ARS et Santé publique France ont annoncé le 12 mai le décès d'un patient survenu ces derniers jours et directement lié à la dengue. Cela porte le total des décès à 11 directement liés à la dengue. A ce stade, il n'est pas encore possible de déterminer si le pic épidémique a été atteint.

Recommandations pour le voyageur :

Les vecteurs de la dengue sont des moustiques du genre Aedes, essentiellement A. aegypti et A. albopictus (moustique tigre). La dengue est une infection qui sévit majoritairement en zone tropicale et inter tropicale où les vecteurs Aedes aegypti et Aedes albopictus sont présents. Aedes albopictus est aussi présent en zone tempérée, notamment en Europe, y compris en France métropolitaine où quelques épisodes de transmission ont été identifiés. Sur le territoire français, Aedes aegypti est présent aux Antilles, en Guyane et à Mayotte et Aedes albopictus sur l’île de la Réunion et dans plusieurs départements métropolitains. Les piqûres d’Aedes interviennent essentiellement pendant la journée, avec un pic d’agressivité au lever du jour et au crépuscule.

Le vaccin ne concerne pas les voyageurs. La prévention individuelle est essentielle et vise à limiter le risque de piqûre.

Il est nécessaire de se protéger contre les piqûres de moustiques, notamment avec des répulsifs à base de DEET (voire d’IR3535 ou d’icaridine), en particulier sur les parties non couvertes et ce au pic d’activité des moustiques. Concernant les répulsifs cutanés :

  • lire la notice d’utilisation, vérifier les restrictions d’usage (notamment selon l’âge) et respecter les conditions d’application (en particulier, n’appliquer sur la peau que les produits prévus à cet effet et non les répulsifs vestimentaires) ;
  • appliquer les répulsifs sur la peau exposée, mais ne pas en appliquer sur la peau qui est sous les vêtements (sauf au niveau des chevilles même en cas de port de chaussettes) ;
  • ne pas appliquer sur une peau lésée, blessée ou irritée ;
  • ne pas appliquer près des yeux ou de la bouche ;
  • ne pas pulvériser les sprays directement sur le visage. Appliquer d’abord sur les mains, puis sur la face ;
  • en cas d’application de crème solaire, appliquer d’abord la crème solaire à indice de protection maximal, puis respecter un intervalle d’au moins 20 minutes avant d’appliquer un répulsif cutané ;
  • après baignade, réappliquer le répulsif dans la limite du nombre maximal d’applications quotidiennes recommandées ;
  • ne pas appliquer directement sur la peau des enfants, mais d’abord sur les mains de l’adulte puis sur la peau de l’enfant ;
  • ne pas appliquer sur les mains ou le visage des enfants ; • ne pas appliquer sur les mains ou les seins d’une femme allaitante ;
  • laver la peau où les répulsifs ont été appliqués avec de l’eau et du savon, lorsqu’il n’y a plus de risque (par exemple, avant de se coucher sous une moustiquaire) ;
  • ne pas pulvériser les sprays dans une pièce fermée ou à côté d’aliments pouvant être consommés ;
  • éviter de respirer les pulvérisations ;
  • faire attention au caractère potentiellement inflammable du répulsif. Si c’est le cas, ne pas pulvériser près d’une flamme ;
  • ne pas appliquer les répulsifs sur des animaux s’ils ne sont pas prévus pour cet usage. De même ne pas utiliser de produits pour les animaux sur votre peau ou vos vêtements ;
  • stocker les répulsifs dans un lieu inaccessible aux enfants.

Il faut dormir sous une moustiquaire de préférence imprégnée d’insecticide (perméthrine en général) qui devra être correctement installée, avoir un maillage intègre et être adaptée à l’usage (berceau, poussette ou lit). Concernant les moustiquaires imprégnées :

  • veiller à ce que l’enfant ne porte pas la moustiquaire à la bouche en raison de la toxicité de l’insecticide ;
  • privilégier l’emploi de moustiquaires imprégnées industriellement (disponibles en pharmacie ou dans des magasins spécialisés) ;
  • en cas d’indisponibilité d’une moustiquaire traitée industriellement, il est possible d’imprégner soi-même une moustiquaire avec un produit vendu également en pharmacie, en lisant attentivement et en respectant les conditions d’emploi figurant sur l’étiquette.

Les vêtements doivent être légers, amples et couvrants (manches longues, pantalons et chaussures fermées) et imprégnés d’insecticides en cas de forte exposition.

Dans les habitations, la climatisation diminue les risques de piqûres. Des insecticides en bombes ou en diffuseurs ainsi que les raquettes électriques pourront être utilisés en mesure d’appoint. Les serpentins fumigènes peuvent également être utilisés, à l’extérieur et dans les vérandas

Enfin, il faut éviter la surinfection des piqûres par grattage, en particulier chez l’enfant, en utilisant si nécessaire (et sur avis médical) un antihistaminique en cas de prurit intense.

Par ailleurs, il est recommandé de consulter immédiatement un médecin en cas de symptômes évocateurs et de ne pas hésiter à consulter à nouveau en cas d'aggravation de son état de santé.

Au retour, afin d'éviter au maximum la dissémination du virus de la dengue sur le territoire métropolitain, devant une fièvre d'apparition brutale et des douleurs articulaires ou musculaires dans les 15 jours qui suivent le retour d'un voyage en zone à risque, il faut consulter son médecin au plus vite en signalant son voyage.

Source : Outbreak News Today.