L'infection à virus West Nile et l'infection à virus de l'encéphalite à tiques s’ajoutent à la liste des maladies à déclaration obligatoire Médecine des voyages

Publié le 31 mai 2021 à 22h37

Biographie

Médecin biologiste.

En France, décret publié le 10 mai 2021 au Journal officiel ajoute l'infection à virus West Nile (WNV) et l'infection à virus de l'encéphalite à tiques à la liste des maladies à déclaration obligatoire. Il est entré en vigueur le 11 mai 2021.

Les fiches de notification des deux maladies seront disponibles à partir du 15 juin sur le site de Santé publique France. En attendant, elles sont accessibles sur le site du Groupe Francophone de Réanimation et d'Urgences Pédiatrique (fiche West Nile, fiche encéphalite à tique).

Cette inscription fait suite aux avis du Haut conseil de la santé publique (HCSP), dans lesquels il recommandait la mise en place d’une déclaration obligatoire des cas humains d’infection à virus West Nile (avis du 7 février 2020 mis en ligne le 1er juin) et des cas d’encéphalites à tiques (avis du 5 juin 2020 mis en ligne le 16 juin).

Concernant les infections à WNV, la saisine du HCSP s’inscrivait dans le contexte d’une augmentation des cas autochtones d’infection à WNV signalés en France et en Europe et des risques qui en découlaient pour la sécurité transfusionnelle et des greffes d’organes, de tissus et de cellules (la détection de cas humains d’infection à WNV déclenche notamment des mesures de sécurisation des produits humains et il est donc important que cette détection soit la plus précoce possible et que les autorités de santé en soient rapidement informées). La surveillance des cas humains d'infection à WNV reposait jusqu'alors sur le signalement à Santé publique France des cas confirmés par le Centre national de référence (CNR) des arboviroses, avec un renforcement de la surveillance saisonnière sur le pourtour méditerranéen du 1er juin au 30 octobre. Mais, depuis quelques années, des laboratoires autres que le CNR des arbovirus réalisent le diagnostic et l’épidémiologie du WNV est évolutive, d’où la nécessite de faire évoluer le dispositif de surveillance chez l’homme.

Concernant l'encéphalite à tiques, la saisine du HCSP s’inscrivait dans le contexte d’une augmentation de l’incidence des cas de TBE dans quelques pays européens (Pays-Bas, Suisse) et, en France, du besoin de connaissances complémentaires pour définir une éventuelle politique de prévention. En France, l'incidence des cas d'encéphalite à tiques est faible et les cas sont surtout observés dans l’Est (Alsace) et dans la région Auvergne-Rhône-Alpes (une vingtaine de cas par an). La surveillance des encéphalites à tiques était jusqu’à présent assurée par le CNR des arboviroses, à partir des cas diagnostiqués ou confirmés au CNR. Les données du CNR complétées par des résultats issus d’enquêtes ou de la surveillance des laboratoires centralisateurs, étaient en faveur d’une faible incidence apparente de la TBE en France par rapport à celle rapportée en Europe de l’Est et du Nord, mais le HCSP soulignait une sous-estimation probable de cette infection. Pour plus d'information sur l'encéphalite à tique suivre le lien.

Source : Légifrance