L'émergence de variants renforce l'intérêt du suivi des échecs de vaccination contre la covid 19

Publié le 5 août 2021 à 21h13

Biographie

- Professeur agrégé enseignant à l'École du Val-de-Grâce et à l'Université de Bordeaux.

Liens d'intérêt

- Aucune perception de rémunération ou de tout autre avantage de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.
- Aucune rémunération ou avantages reçus de l'industrie pharmaceutique.
- Déclaration mise à jour le 26 août 2020.

Le coronavirus SARS-CoV-2 circule toujours de manière intense sur le territoire national. La grande majorité des virus (94 %) en cause appartiennent au variant Delta, dont la capacité d'échappement à la protection immunitaire inquiète, même si deux doses d'un vaccin à ARNm (Comirnaty ou Spikevax) permettent d'obtenir une protection élevée contre les formes graves. Dans ce contexte, la Haute Autorité de santé (HAS), dans son avis du 8 juillet 2021, a proposé d'initier la vaccination avec un vaccin à ARNm (plutôt qu'un vaccin à vecteur viral comme le Vaxzevria ou la Jansen COVID-19 Vaccine) ou d'utiliser un schéma hétérologue (Vaxzevria suivi d'un vaccin à ARNm). Dans un autre avis du 15 juillet 2021, elle recommandait en outre de suivre les échecs vaccinaux et l’efficacité de chacun des vaccins afin de pouvoir identifier une éventuelle baisse de la protection au cours du temps qui pourrait justifier l’injection d’une dose de rappel chez les personnes ayant eu une primovaccination complète (voir cet article). 

Un échec vaccinal contre la covid 19 est défini comme une infection symptomatique due au SARS-CoV-2, confirmée par la détection directe du génome du virus (notamment par RT-PCR) ou de ses antigènes :

  • 14 jours suivant l’injection de la deuxième dose des vaccins ARNm Spikevax ou Comirnaty (ou après une dose pour les personnes immunocompétentes ayant reçu une seule dose vaccinale en raison d’un antécédent de covid) ; OU
  • 21 jours suivant l’injection de la deuxième dose du vaccin Vaxzevria (AstraZeneca) (ou après une dose pour les personnes immunocompétentes ayant reçu une seule dose vaccinale en raison d’un antécédent d’infection au SARS-CoV-2 symptomatique ou non, prouvée biologiquement) ou de la dose unique du vaccin de Janssen ; OU
  • Pour le cas particulier des patients ayant un schéma hétérologue (vaccin à vecteur suivi d'un vaccin à ARNm), 14 jours suivant l'injection de la deuxième dose.

Les échecs vaccinaux sont qualifiés de « graves » s'ils mettent en jeu le pronostic vital ou s'ils sont responsables d'une hospitalisation.

La HAS encourage la mise en place d’études permettant de repérer et d’investiguer les échecs vaccinaux et d’évaluer l’efficacité des vaccins contre la covid 19 en fonction des schémas vaccinaux utilisés, des caractéristiques des personnes vaccinées ou du contexte épidémiologique (couverture vaccinale, virus en cause).

Comme tout événement indésirable post-vaccinal, les échecs de vaccination doivent être surveillés dans le cadre de la pharmacovigilance et signalés par les professionnels de santé qui en ont connaissance sur signalement-sante.gouv.fr.. Un message DGS-Urgent du 3 août 2021 précise qu'il est important, en cas d'échec vaccinal contre la covid 19, de réaliser une étude génétique du virus en cause. Les échantillons biologiques seront adressés au Centre national de référence (CNR) des virus des infections respiratoires ou à un laboratoire du réseau de la nouvelle Agence nationale de recherches sur le sida et les hépatites virales (ANRS) | Maladies infectieuses émergentes (MIE), car l'analyse des échecs vaccinaux nécessite une expertise multidisciplinaire virologique et clinique et représente un enjeu important de santé publique.

Un cas groupé (ou cluster) d’échecs vaccinaux correspond à la survenue d’au moins trois cas d’échecs vaccinaux au sein d’un même lieu ou d’une même unité de vie durant un même épisode de circulation virale. Il doit faire l’objet d’une investigation renforcée en lien avec l’Agence régionale de santé (ARS) et les acteurs de la pharmacovigilance.

Sources : Haute Autorité de santé, Direction générale de la santé.