Covid 19

L'ensemble de cet article a été revu le 16 juin 2024.

En application de l'avis de la HAS (avis du 8 février 2024) campagne de vaccination du 15 avril au 16 juin 2024 afin de réduire la morbi-mortalité associée à la covid 19 et donc diminuer le nombre de décès et la survenue de formes graves. Cette campagne se termine donc aujourd'hui, mais une extension jusqu’au 15 juillet 2024 était prévue si la situation épidémiologique le justifie.

1. Définition

Maladie respiratoire émergente apparue en Chine fin 2019 avant de diffuser dans le monde entier, la covid 19 est causée par un coronavirus, le SARS-CoV-2.

2. Agent pathogène

2.1. Caractéristiques générales du virus

Le SARS-CoV-2 appartient à la famille des coronavirus (CoV), dénomination liée à la « couronne » que forment certaines protéines à la surface de ces virus. Il a été identifié pour la première fois à Wuhan en Chine, en décembre 2019. Il est responsable de la covid 19 (acronyme issu de co rona vi rus d isease 20 19 ).

Les coronavirus sont une grande famille de virus, qui provoquent des maladies allant d’un simple rhume (certains virus saisonniers sont des coronavirus) à des maladies graves comme le MERS-COV ou le SRAS.

Il s'agit de virus à ARN (acide ribonucléique) enveloppés. Les virus enveloppés sont plus fragiles que les virus non enveloppés (ou virus "nus") et facilement détruits par les antiseptiques.

A l'extérieur de ce virus se trouve la protéine S (également appelée protéine de spicule ou protéine Spike). La protéine S est codée par l'ARN viral ; elle permet l'attachement aux cellules respiratoires, première étape de l'infection. Comme toutes les protéines, la protéine S est constituée d'un assemblage d'unités de base appelées acides aminés. Plus précisément, elle contient 1 273 acides aminés. Chaque acide aminé porte un numéro en fonction de sa position (n° 1 pour le premier acide aminé au n° 1 273 pour le dernier acide aminé). Chaque acide aminé est représenté par un code à une lettre. Par exemple, D est l'acide aspartique et G est la glycine. Ainsi, la mutation D614G correspond à une substitution d'une glycine par un acide aspartique en position 614 de la protéine.

2.2. Variants du SARS-CoV-2

D’une manière générale, les virus à ARN mutent plus facilement que les virus à ADN (acide désoxyribonucléique).

Par rapport à d'autres virus à ARN (virus de la grippe, VIH), le coronavirus est plutôt stable car il possède une enzyme, appelée exoribonucléase, qui corrige les erreurs de copie. Il n’est pas assez stable toute fois pour empêcher l'apparition de variants dont certains ont un avantage leur permettant de diffuser de manière plus importante dans la population. C'est ainsi que des variants sont apparus dans plusieurs pays (Royaume-Uni, Afrique du Sud, Brésil, mais aussi Japon, Etats-Unis et Inde). Ces variants comportent plusieurs mutations de la séquence du génome viral du SARS-CoV-2, celle-ci codant des protéines (notamment la protéine S) différentes. Ces mutations peuvent favoriser la transmission du virus, sa virulence, sa résistance à l'immunité ou affecter sa détection par certains tests. Les mutants plus transmissibles peuvent ainsi diffuser dans le monde entier.

La surveillance de ces variants repose sur l'analyse de leurs caractéristiques par des techniques d'épidémiologie moléculaire. L'analyse informatique de leurs caractéristiques permet de les classer et de les rattacher à un virus parent commun afin de mieux suivre leur progression dans les populations humaines. Chaque variant identifié est ainsi affecté à un "lignage". En France, les études moléculaires sont réalisées notamment par le Centre national de référence des virus des infections respiratoires. Un compte rendu de la surveillance épidémiologique des variants est régulièrement publié par Santé Publique France.

2.2.1. Dénomination des variants

Plusieurs systèmes de nomenclature établis pour nommer et suivre les lignées génétiques du SARS-CoV-2 (GISAID, Nextstrain et Pango) (en anglais) sont utilisés par les scientifiques et pour la recherche scientifique.

Pour faciliter les débats publics sur les variants, l’OMS recommande de nommer les variants à l’aide du nom des lettres de l’alphabet grec (alpha, bêta, gamma, delta …), plus accessible à un public non scientifique.

2.2.2. L'analyse de risque permet de classer les variants en quatre catégories

Les différentes catégories de variants on été définies par l'Organisation mondiale de la santé.

  1. Variant préoccupant , ou VOC ("variant of concern" en anglais) : variant pour lequel il a été démontré en comparant avec des virus de référence :
  • Une augmentation de la transmissibilité ou un impact défavorable sur l’épidémiologie de la covid 19, comme par exemple un échappement à l’immunité naturelle post-infection ; OU
  • Une augmentation de la gravité ou un changement de présentation clinique ; OU
  • Une diminution de l’efficacité des mesures de contrôle et de prévention mises en place (mesures de santé publique et mesures sociales, tests diagnostiques, vaccins, molécules thérapeutiques).
  1. Variant à suivre , ou VOI ("variant under investigation" ou "variant of interest" en anglais) : variant caractérisé par des changements génétiques significatifs ET responsable d’une transmission importante ou d'une diffusion internationale faisant craindre un risque émergent pour la santé publique mondiale.
  2. Variant sous surveillance ou VUM ("variant under monitoring") : absence d’éléments virologiques, épidémiologiques ou cliniques probants en faveur d’un impact en santé publique en France ou à l’international, malgré la présence de mutations partagées avec un ou plusieurs variants préoccupants ou à suivre.
  3. Variant anciennement préoccupant ou variant anciennement à suivre (VOCs / VOIs) : variant à suivre ou variant préoccupant dont il a été démontré qu’il ne représentait plus de risque supplémentaire important pour la santé publique mondiale par rapport à d’autres variants circulants du SARS-CoV-2.

2.2.3. Historique des variants du SARS-CoV-2 au 16 juin 2024

Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC, European Centre for Disease Prevention and Control) publie régulièrement sur son site un point sur les variants circulant dans l'Union européenne.

Depuis le début de la pandémie de COVID-19, plusieurs variants du SARS-CoV-2 ont circulé, chacun avec ses propres caractéristiques et impacts sur la transmissibilité, la gravité de la maladie et l'évasion immunitaire. Voici un résumé des principaux variants.

2.2.3.1. Variants Alpha, Beta, Gamma, et Delta (2020-2021)

  • Alpha (B.1.1.7) : Identifié pour la première fois au Royaume-Uni en septembre 2020. Caractérisé par une transmissibilité accrue et une légère augmentation de la gravité de la maladie.
  • Beta (B.1.351) : Détecté pour la première fois en Afrique du Sud en mai 2020. Connu pour sa capacité à échapper partiellement à l'immunité induite par les vaccins.
  • Gamma (P.1) : Originaire du Brésil, détecté pour la première fois en novembre 2020. A montré une transmissibilité accrue et une certaine évasion immunitaire.
  • Delta (B.1.617.2) : Détecté pour la première fois en Inde en octobre 2020. A dominé la scène mondiale en 2021 en raison de sa transmissibilité très élevée et de sa gravité accrue, conduisant à des vagues significatives de cas et d'hospitalisations.

2.2.3.2. Variants Omicron et sous-variants (depuis fin 2021)

  • Omicron (B.1.1.529) : Ce variant a été identifié pour la première fois en novembre 2021 en Afrique du Sud. Il a plusieurs sous-lignées qui ont émergé au fil du temps.
  • BA.1 : Le premier sous-variant d'Omicron à se répandre largement.
  • BA.2 : Connue pour sa transmissibilité accrue par rapport à BA.1.
  • BA.4 et BA.5 : Émergés en 2022, ces sous-variants ont également montré une capacité à échapper à l'immunité.
  • XBB.1.5 (Kraken) : Un sous-variant de la lignée XBB, dérivé d'Omicron, dominant au début de 2023 en raison de sa transmissibilité élevée.

2.2.3.2. Variants récents et actuels (2023-2024)

Bien que les variants récents et actuels soient des descendants des lignées Omicron, ils sont souvent désignés par de nouveaux noms pour refléter leurs mutations spécifiques et leur impact sur la transmission et l'évasion immunitaire.

Variants dominants et classification

  • JN.1 : Ce variant est majoritaire en France et à l'échelle mondiale. Il inclut plusieurs sous-lignages notables comme JN.1.7 et JN.1.18.
  • KP.2 et KP.3 : Sous-lignages de JN.1, classés comme variants en cours d'évaluation (VUM). KP.2, en particulier, montre une propagation rapide mais avec une infectivité potentiellement réduite.

Variants préoccupants (VOC) et à suivre (VOI)

  • EG.5 : Bien que précédemment détecté, il n'a pas été observé depuis les dernières enquêtes réalisées en France.
  • XBB.1.5 : Variant de la lignée Omicron, avec des sous-lignages tels que
  • XBB.1.9 et XBB.2.3, bien que leur présence soit en déclin.

3. Clinique

Les signes cliniques de la covid 19 sont décrits par exemple sur le site de l'assurance maladie ou sur le site des centres pour le contrôle et la prévention des maladies des Etats-Unis.

La durée d'incubation peut aller de deux à quatorze jours, avec une médiane évaluée à 3 jours pour les variants Delta et Omicron.

Les principaux symptômes, combinés ou isolés, sont :

  • Une fièvre, ou sensation de fièvre, ou des frissons.
  • Des signes respiratoires, comme une toux sèche, un essoufflement ou une sensation d’oppression dans la poitrine.
  • Un mal de gorge, une congestion ou un écoulement nasal.
  • Des maux de tête, courbatures, une fatigue inhabituelle.
  • Une perte brutale de l’odorat (sans obstruction nasale), une disparition totale du goût.
  • Une diarrhée, des nausées ou des vomissements.
  • Des manifestations neurologiques, cognitives, cardiovasculaires, digestives, hépatiques, rénales, métaboliques, musculo-squelettiques, psychiatriques, dermatologiques sont également possibles, ainsi que la décompensation chronique d’une maladie sous-jacente.

Les personnes âgées et les personnes souffrant d'affections sous-jacentes graves, telles qu'une maladie cardiaque ou pulmonaire ou un diabète, présentent un risque plus élevé de développer des complications plus graves de la maladie.

Les tableaux cliniques sont très variés :

  • Les formes asymptomatiques ou peu symptomatiques sont les plus fréquentes.
  • Les formes graves se manifestent soit d'emblée, soit après une semaine par des symptômes traduisant l’installation d’un syndrome inflammatoire : dyspnée (difficulté à respirer), perte d’appétit, état confusionnel, douleur ou sensation d’oppression thoracique, fièvre. Ces signes rapidement évolutifs nécessitent une hospitalisation. Dans les formes les plus graves, l'apparition d'un syndrome de détresse respiratoire aiguë peut entraîner la mort, notamment chez les personnes plus fragiles du fait de leur âge ou en cas de maladie chronique.
  • Dans de très rares cas, les enfants peuvent développer un syndrome inflammatoire grave (Pediatric inflammatory multisystem syndrom ou PIMS) quelques semaines après l’infection. En France, l’incidence des PIMS en lien avec la covid 19 a été estimée à 15,7 cas par million d’habitants dans la population des moins de 18 ans.

Les signes cliniques peuvent être différents selon le variant en cause. Dans les infections par le variant Omicron, le mal de gorge et la voix rauque semblent plus fréquents qu’en cas d’infection par le variant Delta ; c’est l’inverse pour trois symptômes classiques de covid 19 (fièvre, perte de l'odorat et toux persistante). La durée d’expression des manifestations aiguës est plus courte en cas d’infection par le variant Omicron (médiane à 5 jours contre 8 jours avec le variant Delta), qui est moins souvent responsable de forme grave que le variant Delta.

En mai 2022, Santé publique France a publié une comparaison des symptômes observés chez des patients infectés par BA.1 avec les nouveaux cas de BA.4 et BA.5. Sur 46 cas analysés, il y avait plus de « rhume », de fatigue, de toux, de fièvre et de maux de gorge chez les personnes contaminées par BA.4 et BA.5.

Les signes disparaissent dans la plupart des cas en 2 à 3 semaines.

Après avoir eu la covid 19, certains malades peuvent encore ressentir des symptômes qui ne peuvent pas être expliqués par une autre maladie au-delà de 4 semaines après la date présumée de contamination. Ce tableau peut faire suite aux formes initialement bénignes ou graves. La Haute Autorité de santé utilise le terme de « symptômes prolongés suite à la covid 19 ».

Une enquête réalisée en France entre le 22 mars et le 8 avril 2022 auprès de 27 537 personnes âgées de 18 ans et plus montrait les résultats suivants :

  • Les affections post-covid 19 concernaient 30 % des personnes interrogées ayant eu une infection par le SARS-CoV-2 plus de trois mois auparavant.
  • L'affection post-covid 19 atteignait davantage les femmes, les actifs et les personnes ayant été hospitalisées.
  • 20 % des personnes ayant eu une infection par le SARS-CoV-2 présentaient encore les critères d’une affection post-covid 19 18 mois après l’infection.

La majorité des patients atteints de covid 19 relève donc d'une prise en charge en ambulatoire.

4. Transmission

La transmission est interhumaine et se fait :

  • De manière directe, par contact étroit (moins de 2 mètres) avec une personne malade (sécrétions émises sous forme de gouttelettes projetées par les postillons, la toux ou les éternuements).
  • Par l'intermédiaire d'aérosols contenant le virus, pouvant rester en suspension dans l’air pendant plusieurs heures et contaminer des personnes présentes dans le local à plus de 2 mètres de distance.
  • Moins souvent par contact indirect avec les mains ou des objets contaminés (poignées de porte, couverts…).

Une proportion importante de personnes infectées, notamment d'enfants, ne présente que peu ou pas de symptômes mais peut néanmoins transmettre la maladie.

Les personnes infectées sont surtout contagieuses à partir de deux jours avant l’apparition des symptômes et au tout début de la maladie. Les personnes qui développent une forme grave de la maladie peuvent être contagieuses plus longtemps.

Le niveau de transmission dépend de nombreux facteurs, en particulier de la mise en place de mesures barrières, du niveau d’immunisation de la population réceptive et du variant en circulation (le variant Omicron est plus transmissible que les variants précédents).

5. Diagnostic

Les symptômes étant souvent communs à de nombreuses infections virales respiratoires, l’outil le plus sûr pour établir un diagnostic de covid 19 est la RT-PCR, qui est le test de référence.

Ce test consiste à détecter certaines séquences du génome du virus à partir d’un échantillon respiratoire, obtenu notamment par prélèvement naso-pharyngé (méthode de référence). On traite l’échantillon avec plusieurs solutions chimiques pour le débarrasser de certaines substances, notamment les protéines et les graisses, et extraire uniquement l’ARN qu’il contient. L’ARN est alors converti en ADN par transcription inverse, grâce à une enzyme spécifique. On ajoute ensuite de courts fragments d’ADN complémentaires de certaines séquences de l’ADN viral rétrotranscrit. Si le virus est présent dans l’échantillon, ces fragments s’attachent aux séquences d’ADN viral cibles. Le mélange est ensuite placé dans un appareil de PCR (PCR : polymerase chain reaction, réaction de polymérisation en chaine) qui permet d’obtenir de nouvelles copies, identiques, des séquences d’ADN viral cibles. Leur présence en grande quantité permet alors de les détecter.

Le résultat de ce test est disponible en 24-48h. Ces tests sont adaptés au fur et à mesure de l’émergence de nouveaux variants.

Les tests antigéniques, moins sensibles, permettent de confirmer le diagnostic en 15 à 30 minutes.

Enfin, la sérologie permet de confirmer l’infection par le SARS-CoV-2 _a posteriori_et dans le cadre d’un diagnostic de rattrapage : elle peut être utilisée chez des personnes symptomatiques chez lesquelles un premier test par RT-PCR s’est révélé négatif, 1 à 2 semaines après le début des symptômes. Des tests sérologiques spécifiques permettent d’identifier a posteriori une infection chez quelqu’un de préalablement vacciné : les anticorps anti-S (protéine de pointe, en anglais " S pike") sont observés après l'infection ou après la vaccination, tandis que la protéine N ( N ucléocapside) n'est observée qu'après l'infection.

Un titrage des anticorps post-vaccinaux peut être réalisé pour adapter le schéma vaccinal chez les personnes immunodéprimées.

6. Prévention

6.1. Hygiène

Les mesures d'hygiènes reposent d'abord sur le respect des mesures barrières : se laver les mains régulièrement et utiliser une solution hydro alcoolique, éternuer et tousser dans son coude, utiliser des mouchoirs à usage unique puis les jeter, éviter de se toucher le visage, se saluer sans contact physique, respecter une distance d'au moins 2 mètres par rapport aux autres personnes et porter un masque adapté lorsque c'est recommandé.

Sur le plan collectif, il faut également limiter les regroupements professionnels, amicaux ou familiaux à 6 personnes au maximum.

Il faut aussi aérer régulièrement les locaux au minimum quelques minutes toutes les heures, en raison d'une transmission possible par aérosols (ceux-ci pouvant rester longtemps en suspension dans l'air).

Lorsque l’on est testé positif, cas contact ou en attente d’être dépisté ou des résultats, il est nécessaire de s’isoler.

6.2. Vaccination

Elle est associée aux mesures d'hygiène (voir ci-dessous).

6.3. Passe sanitaire

Son usage sur le territoire national est abrogé depuis le 1er août 2022.

7. Traitement

L’infection par le SARS-Cov-2 reste potentiellement grave pour certains patients, notamment les immunodéprimés, ce qui doit conduire à les informer sur la persistance de ce risque et sur les consignes permettant de s’en prémunir.

En France, les recommandations actuelles pour le traitement curatif de la covid 19 mettent en avant deux principaux médicaments antiviraux : le Paxlovid (nirmatrelvir/ritonavir) et le Veklury (remdésivir).

7.1. Paxlovid (nirmatrelvir/ritonavir)

Indication : Paxlovid est recommandé en première intention pour les patients adultes non oxygénorequérants à haut risque de développer une forme sévère de la COVID-19. Cela inclut les personnes de plus de 65 ans, les patients immunodéprimés, et ceux présentant des comorbidités à haut risque, quel que soit leur âge.

Administration : Le traitement doit être débuté le plus tôt possible après le diagnostic de COVID-19, idéalement dans les cinq jours suivant l'apparition des symptômes, et doit être administré pendant cinq jours.

Prescription : Une ordonnance conditionnelle valable trois mois peut être délivrée afin de faciliter l'accès rapide au traitement en pharmacie. Les pharmacies peuvent disposer d'un stock d'avance pour répondre rapidement aux besoins des patients.
Interactions médicamenteuses : Il est crucial de vérifier les interactions médicamenteuses potentielles, car Paxlovid peut interagir avec plusieurs autres médicaments. Un avis spécialisé est souvent nécessaire pour gérer ces interactions​ (Haute Autorité de Santé)​​ (VIDAL)​​ (OMEDIT-NAG)​​ (ANSM)​.

7.2. Veklury (remdésivir)

Indication : En cas de contre-indication à Paxlovid, le remdésivir est recommandé en deuxième intention. Il est particulièrement indiqué pour les patients non oxygénorequérants à haut risque de forme sévère, et doit être administré par voie intraveineuse.

Administration : Le schéma thérapeutique standard est de 200 mg le premier jour, suivi de 100 mg les deuxième et troisième jours.

Utilisation : Le remdésivir est utilisé en milieu hospitalier en raison de sa voie d'administration intraveineuse et des nécessités de surveillance clinique​ (Haute Autorité de Santé)​​ (VIDAL)​​ (OMEDIT-NAG)​.

7.3. Anticorps monoclonaux

Les anticorps monoclonaux tels que l’Evusheld ne sont plus recommandés en traitement curatif en raison de leur efficacité réduite contre les variants actuellement circulants. Le sotrovimab peut être utilisé en cas de contre-indication aux antiviraux mentionnés, mais son utilisation doit être soigneusement évaluée.

Ces recommandations sont susceptibles d'évoluer en fonction de l'émergence de nouveaux variants et des données scientifiques disponibles. Il est conseillé de consulter régulièrement les mises à jour des autorités sanitaires.

Les recommandations vaccinales

1. Classification des vaccins contre la covid 19

Les vaccins contre la covid 19 correspondent à différents modes de préparation ou mécanismes d'action :

  • Les vaccins inactivés (en anglais "killed vaccines") correspondent à des virus entiers (SARS-CoV-2) inactivés. C'est l'approche la plus classique, utilisée pour le virus de la poliomyélite par exemple.
  • Les vaccins vivants atténués.
  • Les vaccins à acides nucléiques : vaccins à ARNm (acide ribonucléique messager) ou vaccins à ADN (acide désoxyribonucléique) du SARS-CoV-2.
  • Les vaccins utilisant un vecteur viral vivant (réplicatif ou non) pour délivrer l'antigène du SARS-CoV-2.
  • Les vaccins sous-unitaires contiennent un ou plusieurs antigènes du SARS-CoV-2.
  • Les vaccins VLP (pseudo-particules virales non infectieuses).

2. Vaccins actuellement utilisés

De nombreux vaccins contre la covid 19 se sont succédés dans le monde, en Europe et en France après leurs autorisations de mise sur le marché. Le premier vaccin contre la covid 19 commercialisé en France a été le vaccin COMIRNATY 30 µg développé par Pfizer-BioNTech. Ce vaccin a reçu une autorisation de mise sur le marché conditionnelle de l'Union européenne le 21 décembre 2020. Les premières doses ont été administrées en France à partir du 27 décembre 2020, marquant le début de la campagne de vaccination dans le pays​. 

Depuis, plusieurs vaccins ont été utilisés. Ils ont été successivement abandonnés ou sélectionnés en fonction de leurs performances ou de leur disponibilité.

A ce jour, seuls 4 vaccins sont disponibles à la commande en France : 

3. Efficacité et sécurité des vaccins autorisés dans l'Union européenne

Elles sont décrites précisément et commentées dans les fiches vaccins de MesVaccins.net (un lien renvoie chaque nom de vaccin vers la fiche correspondante).

4. Contre-indications aux vaccins contre la covid 19

Les contre-indications sont déterminées pour chaque vaccin contre le Covid-19 et sont précisées par l’EMA et l’ANSM. Elles figurent dans le résumé des caractéristiques du produit (RCP) de chaque vaccin.

Cette liste a été modifiée plusieurs fois suite à différents avis de la HAS et du ministère de la santé. Les contre-indications doivent faire l’objet d’un certificat médical spécial.

4.1. Les cas de contre-indication médicale faisant obstacle à la vaccination contre la covid 19 sont :

1° Les contre-indications inscrites dans le résumé des caractéristiques du produit (RCP) de chaque vaccin.

2° Une recommandation médicale de ne pas initier une vaccination (première dose) :

Myocardites ou myo-péricardites associées à une infection par le SARS-CoV-2
3° Une recommandation établie après concertation médicale pluridisciplinaire de ne pas effectuer la seconde dose de vaccin suite à la survenue d'un effet indésirable d'intensité sévère ou grave attribué à la première dose de vaccin signalé au système de pharmacovigilance (par exemple : la survenue de myocardite, de syndrome de Guillain-Barré).

4° Une recommandation établie par un Centre de Référence Maladies Rares (CRMR) ou un Centre de Compétence Maladies Rares (CCMR) après concertation médicale pluridisciplinaire (avis collégial) de ne pas initier la vaccination contre le Covid-19.

4.2. Les cas de contre-indication médicale temporaire faisant obstacle à la vaccination contre la covid 19 sont :

Myocardites ou péricardites d’étiologie non liée à une infection par SARS-CoV-2 survenues antérieurement à la vaccination et toujours évolutives.

Syndrome inflammatoire multi-systémique pédiatrique (PIMS) post-infection par le SARS-CoV-2, pendant 3 mois suivant la survenue du PIMS. La vaccination peut avoir lieu passé ce délai, après récupération d’une fonction cardiaque normale, et en l’absence de tout syndrome inflammatoire. 

4.3. Vaccin NUVAXOVID de Novavax

La seule contre-indication à l'administration du vaccin NUVAXOVID est une hypersensibilité à la substance active ou à l’un des composants du vaccin.

En cas de besoin, le médecin traitant peut se rapprocher du référent Maladie rare de son Agence Régionale de Santé de rattachement afin d’obtenir les coordonnées de la Filière de santé maladies rares compétente.

Le vaccin NUVAXOVID permet une primovaccination chez les personnes pour lesquelles le vaccin à ARNm est contre-indiqué.

Les recommandations générales

Les objectifs du programme de vaccination sont :

  • la réduction de la morbi-mortalité attribuable à la covid 19 (hospitalisations, admissions en soins intensifs et décès) ;
  • le maintien des activités du pays, et particulièrement le système de santé en période d’épidémie.

La vaccination contre la covid 19 est recommandée chaque année, à l'automne, pour les personnes âgées de 65 ans et plus.
En outre, toute personne souhaitant se faire vacciner, même si elle ne fait pas partie de la cible, peut recevoir une dose de vaccin contre la covid 19. 
La vaccination concomitante contre le covid-19 et contre la grippe saisonnière est recommandée, dès lors qu'une personne est éligible aux deux vaccinations, et ceci quel que soit son âge. Les deux vaccinations peuvent être pratiquées dans le même temps, sur deux sites d'injection différents. 
Le cas échéant, si les vaccins contre la grippe et contre la covid 19 ne sont pas administrés dans le même temps, les vaccins peuvent être injectés sans délai minimum à respecter entre les deux injections.
Cette recommandation de vaccination concomitante s'applique à l'ensemble des vaccins contre la covid 19 et à l'ensemble des vaccins contre la grippe saisonnière actuellement disponibles en France.

Les recommandations professionnelles

La vaccination contre la covid 19 est recommandée chaque année, à l'automne, pour les personnes en contacts réguliers avec des personnes immunodéprimées ou vulnérables, y compris les professionnels des secteurs sanitaire et médicosocial.

Un délai minimum de 6 mois doit être respecté depuis la dernière dose de vaccin ou la dernière infection.

Le schéma vaccinal

Il est recommandé d’utiliser préférentiellement les vaccins à ARN messager (ARNm) adaptés au dernier variant en circulation. 

Le vaccin à ARNm Comirnaty XBB1.5 peut être utilisé quel(s) que soi(en)t le(s) vaccin(s) administré(s) précédemment. 

Le vaccin à protéine recombinante Nuvaxovid XBB.1.5 peut être utilisé chez les adolescents de 12 ans et plus et chez les  adultes, quel que soit leur statut vaccinal, en alternative aux vaccins à ARNm, pour les personnes réticentes à ce type  de vaccins ou celles qui ne peuvent en bénéficier (contre-indications). Dans l'attente de données complémentaires, l'utilisation de ce vaccin n'est pas recommandée chez la femme enceinte.

1. Nourrissons et enfants âgés de 6 mois à 4 ans

1.1. Nourrissons et enfants âgés de 6 mois à 4 ans non vaccinés ou n’ayant pas eu d’infection à SARS-CoV-2 préalable

Primo-vaccination selon un schéma en 3 doses avec le vaccin Comirnaty Omicron XBB.1.5 3 microgrammes/dose 

1.1.1. Enfants non vaccinés ou n'ayant pas eu d'infection Covid-19 préalable

Un schéma de primo-vaccination devra être réalisé : 2 doses à 21 jours d'intervalle, suivies d'une 3e dose administrée 8 semaines après la 2e dose.

1.1.2.  Infection entre la 1ère et la 2e dose

La seconde dose devra être administrée en  respectant un délai d'au moins 3 mois après l'infection. Le schéma sera dès lors réputé complet, et il n'y aura pas besoin de 3e dose. 

1.1.3. En cas d'infection après la 2e dose

La 3e et dernière dose sera administrée en respectant un délai d'au moins 3 mois après l'infection.

1.2. Nourrissons et enfants âgés de 6 mois à 4 ans déjà vaccinés ou ayant déjà eu une covid 19

Une dose de vaccin Comirnaty Omicron XBB.1.5 3 microgrammes/dose.

2. Enfants âgés de 5 à 11 ans révolus

Une dose de vaccin Comirnaty Omicron XBB.1.5 10 microgrammes/dose.

3. Personnes âgées de 12 ans et plus

Une dose de vaccin Comirnaty  Omicron XBB.1.5 30 microgrammes/dose
Ou
Une dose de vaccin Nuvaxovid XBB.1.5 (en alternative aux vaccins à 
ARNm, pour les personnes  réticentes à ce type de vaccins ou celles qui ne peuvent en bénéficier (contre-indications).

L’utilisation du vaccin Nuvaxovid XBB.1.5 n’est pas recommandée chez la femme enceinte.

4. Consignes supplémentaires pour l'application du schéma vaccinal

Chez les personnes ayant déjà reçu un vaccin contre la covid 19, les vaccins Comirnaty Omicron XBB.1.5 ou Nuvaxovid Omicon XBB.1.5 peuvent être administrés au moins 6 mois après la dose la plus récente d’un vaccin contre la covid 19 et 3 mois après la dernière vaccination ou infection au SARS-CoV-2 chez les personnes âgées de 80 ans ou plus et les personnes immunodéprimées.

Des doses supplémentaires de vaccin peuvent être administrées chez les personnes sévèrement immunodéprimées telles que les greffées d'organes solides ou de cellules souches hématopoïétiques.

Une dose supplémentaire de vaccin Comirnaty Omicron XBB.1.5 ou Nuvaxovid XBB.1.5 pourra être administrée au printemps chez

  • les personnes âgées de 80 ans et plus, 
  • les personnes immunodéprimées quel que soit leur âge, 
  • les résidents d’EHPAD et d’USLD, 
  • toute personne à très haut risque, selon chaque situation médicale 
    individuelle et dans le cadre d'une décision médicale partagée avec les équipes soignantes.

Un délai d'au moins 3 mois devra être respecté depuis la dernière dose de vaccin contre la covid 19 ou la dernière infection à SARS-CoV-2.

Les recommandations particulières`

L’âge est le facteur le plus fortement associé au risque d’hospitalisation ou de décès dans toutes les études. Ces études montrent un accroissement quasi-exponentiel du risque par décennie supplémentaire dès 50 ans.

L’influence jouée par les comorbidités (terme désignant l'existence d'affections chroniques associées) dans la gravité de la covid 19 apparaît moindre.

D'autres facteurs de risque influencent la transmission (profession de santé, vie en collectivité ou dans des conditions précaires).

La vaccination contre la covid 19 est recommandée chaque année, à l'automne, pour les personnes à risque de forme grave :

1. Les nourrissons à partir de 6 mois, enfants, adolescents et adultes atteints de comorbidités, ayant un risque plus élevé 
de forme grave de la maladie : 

  • hypertension artérielle compliquée, 
  • pathologies cardiaques, vasculaires, hépatiques, rénales, pulmonaires,
  • diabète,
  • obésité,
  • cancers,
  • personnes transplantées,
  • personnes atteintes de trisomie 21, de troubles psychiatriques ou de démence.

2. Les personnes immunodéprimées ;

3. Les femmes enceintes ;

4. Les résidents en établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) et unités de soins de 
longue durée (USLD) ;

5. Les personnes atteintes de toute autre comorbidité, en prenant en compte la situation médicale individuelle, dans le cadre d'une décision médicale partagée avec les équipes soignantes ;

6. Les personnes vivant dans l’entourage ou en contacts réguliers avec des personnes immunodéprimées ou vulnérables.

Un délai minimum de 6 mois doit être respecté depuis la dernière dose de vaccin ou la dernière infection. Ce délai peut être réduit à 3 mois chez les personnes âgées de 80 ans ou plus, les personnes immunodéprimées et les personnes à très haut risque selon chaque situation médicale individuelle et dans le cadre d'une décision médicale partagée avec les équipes soignantes.

Une dose supplémentaire de vaccin est recommandée au printemps pour :

  • les personnes âgées de 80 ans et plus, 
  • les personnes immunodéprimées quel que soit leur âge, 
  • les résidents d’EHPAD et d’USLD, ainsi que toute personne à très haut risque, selon chaque situation médicale individuelle et dans le cadre d'une décision médicale partagée avec les équipes soignantes. Un délai d'au moins 3 mois devra être respecté, depuis la dernière dose de vaccin contre la covid 19 ou la dernière infection au SARS-CoV-2.

Les données épidémiologiques

L'efficacité vaccinale et la sécurité vaccinale des vaccins autorisés dans l'Union européenne sont décrites et commentées dans les fiches vaccins de MesVaccins.net.

Références

Vaccins contre cette maladie