Cas de méningo-encéphalite amibienne signalé en Californie, Etats-Unis Médecine des voyages

Publié le 9 août 2021 à 17h11

Biographie

- Médecin biologiste à la retraite.
- Auparavant : médecin biologiste dans un hôpital d'Instruction des armées pendant 6 ans, puis détaché pendant 20 ans par le Service de santé des armées comme virologiste d'abord puis comme directeur dans 3 instituts du Réseau international des Instituts Pasteur.

Liens d'intérêt

- Aucune rémunération actuelle ou dans le passé de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.

Aux Etats-Unis, un cas de méningo-encéphalite amibienne a été rapporté dans le comté de Tehama, dans le nord de la Californie. L'enfant âgé de moins de 10 ans, aurait contracté le parasite en se baignant dans un lac d'eau douce du comté de Tehama, mais le lieu précis n'a pas été révélé.
Le diagnostic a été confirmé par des tests de laboratoire effectués par le département de la santé publique de Californie. L'état de l'enfant n'a pas été divulgué.

Rappel sur la méningo-encéphalite amibienne primitive :

Naegleria fowleri est une amibe qui aime la chaleur et vit librement. On la trouve dans le monde entier dans les eaux douces chaudes (lacs, rivières, sources chaudes,  eaux chaudes rejetées par les usines industrielles ou les centrales électriques, eau des puits géothermiques, piscines mal entretenues ou peu chlorées, chauffe-eau) et dans le sol. N. fowleri préfère les températures entre 35°C et 46°C, et survit à des températures plus élevées pendant de courtes périodes. Les températures froides sont susceptibles d'entraîner l'enkystement de N. fowleri dans les sédiments des lacs et des rivières, cette forme offrant une meilleure protection contre le gel. Cette amibe est sensible à la dessiccation, au chlore à des concentrations de 0,5 et de 1,0 mg/L et ne survit pas dans l'eau de mer.

L'infection humaine est exceptionnelle. Les humains sont infectés lorsque de l'eau contenant N. fowleri pénètre dans le nez et que l'amibe migre vers le cerveau le long du nerf olfactif. Les gens ne sont pas infectés en buvant de l'eau contaminée. Il n'a pas été démontré que N. fowleri se propage par la vapeur d'eau ou les gouttelettes d'aérosol, ni d'une personne à une autre.

N. fowleri est responsable d'une atteinte du système nerveux central, la méningoencéphalite amibienne primitive. Les symptômes commencent 1 à 9 jours (médiane de 5 jours) après l'exposition à de l'eau contaminée. Le décès survient entre 1 à 18 jours (médiane de 5 jours) après le début des symptômes. Les signes de l'infection sont similaires à ceux de la méningite bactérienne : au début de la maladie association de céphalées, d'une fièvre, de nausées et de vomissement puis apparition d'une raideur de la nuque, de crises d'épilepsie, d'une confusion, d'hallucinations et d'un coma. L'évolution est presque toujours mortelle (144 décès sur 148 cas enregistrés aux États-Unis entre 1962 et 2019).
La maladie est diagnostiquée par l'examen microscopique du liquide céphalorachidien, et par la mise en évidence d'acide nucléique ou d'antigènes de N. fowleri dans ce prélèvement. En raison de la rareté de l'infection et de la difficulté de la détection initiale, les diagnostics sont souvent posés après le décès du patient.

N. fowleri est sensible à l'amphotéricine B, qui est souvent utilisée en association avec la rifampicine, l'ornidazole, le miconazole, le sulfisoxazole ou le chloramphénicol. La miltéfosine et le voriconazole se sont également avérés efficaces contre l'infection.

L'infection se produit généralement lorsque les gens vont nager ou plonger dans des eaux douces chaudes. La prévention repose sur des recommandations qui relèvent du bon sens :

  • fermer le nez, utiliser des pince-nez ou garder la tête hors de l'eau lors des activités aquatiques dans des eaux douces chaudes ;  
  • éviter de mettre la tête sous l'eau dans les sources chaudes et autres eaux thermales non traitées ; 
  • éviter les activités aquatiques dans les eaux douces chaudes pendant les périodes où la température de l'eau est élevée ;
  • éviter de creuser ou de remuer les sédiments lors d'activités aquatiques dans des zones d'eau douce chaude peu profondes).

Source : Outbreak News Today.