L'Inde rapporte plusieurs cas d'encéphalite japonaise Médecine des voyages

Publié le 6 sept. 2021 à 13h56

Biographie

- Médecin biologiste à la retraite.
- Auparavant : médecin biologiste dans un hôpital d'Instruction des armées pendant 6 ans, puis détaché pendant 20 ans par le Service de santé des armées comme virologiste d'abord puis comme directeur dans 3 instituts du Réseau international des Instituts Pasteur.

Liens d'intérêt

- Aucune rémunération actuelle ou dans le passé de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.

En Inde plusieurs cas d'encéphalite japonaise (JE) ont été rapportés par les autorités sanitaires.

  • Dans l'Etat du Karnataka, un garçon de 4 ans du village de Jayapura dans le taluk a été infecté par le le virus de l'encéphalite japonaise et est en cours de traitement. Le garçon, qui souffrait d'une forte fièvre, a été transféré au JSS hôpital de la ville. Les autorités du département de la santé ont visité le village et collecté des échantillons de sang des personnes qui souffraient de fièvre récemment. Le quartier a signalé un total de 23 cas de fièvre suspecte cette année 2021mais non confirmée au laboratoire.
  • Dans l'Etat de Bihar, des cas encéphalite présumée ont fait 15 morts chez des enfants appartenant à des familles pauvres. Au cours des dernières 24 heures, la maladie a tué 2 enfants - un garçon de 6 ans et une fille d'un an et demi dans le district de Muzaffarpur, un district du nord du Bihar actuellement touché par de graves inondations. Le garçon avait été admis au Sri Krishna Medical College and Hospital (SKMCH) à Muzaffarpur avec une forte fièvre le 10 août 2021 et est décédé le 13 août. La fillette  qui souffrait également de forte fièvre avec un état critique lorsqu'elle a été admise à l'hôpital où elle est décédée. Selon les médecins, un total de 60 cas d'encéphalite suspect ont été signalés à cet hôpital jusqu'à présent cette année. La plupart des cas ont été signalés dans 6 districts du nord du Bihar, tels que Muzaffarpur, Sitamarhi, Champaran oriental, Champaran occidental, Vaishali et Sheohar. Tous sont des districts sujets aux inondations qui sont dévastés avec des maisons inondées depuis des semaines.

 

Rappels sur l'encéphalite japonaise :

L'encéphalite japonaise est due à un virus (JEV, Japanese encephalitis virus) de la famille des Flaviviridae. Il est transmis par des moustiques du genre Culex qui se reproduisent plus particulièrement dans les rizières inondées. Le virus circule chez les oiseaux et les porcs. Le moustique vecteur a son pic d'activité au crépuscule et à l'aube et reste actif toute la nuit.

La plupart des infections par le virus de l'encéphalite japonaise sont bénignes (fièvre et céphalées) ou sans symptômes apparents, mais environ une infection sur 250 entraîne une maladie grave caractérisée par l'apparition brusque d'une forte fièvre, de maux de tête, une raideur de la nuque, une désorientation, un coma, des crises convulsives, une paralysie pouvant entraîner le décès.
La maladie est peu fréquente chez le voyageur. La prévention de l'encéphalite japonaise repose sur la stratégie suivante.

Le respect des mesures individuelles de protection contre les piqûres de moustiques :

  • se protéger contre les piqûres d'insectes, notamment par l'application de répulsifs, en particulier sur les parties non couvertes ;
  • dormir la nuit sous une moustiquaire de préférence imprégnée d'insecticide ;
  • porter des vêtements légers, amples et couvrants (manches longues, pantalons et chaussures fermées) ;
  • utiliser des vêtements imprégnés d'insecticides pour des durées limitées et en cas de forte exposition.
La vaccination contre l'encéphalite japonaise : Ses indications ont été précisées dans un avis du Haut Conseil de la santé publique du 20 décembre 2013 et concernent :
  • les voyageurs amenés à séjourner en zone endémique (quelle qu'en soit la durée), avec exposition en milieu extérieur (cyclisme, camping, randonnée, travail à l'extérieur), plus particulièrement dans les zones rurales : zones où l'irrigation par inondation est pratiquée (rizières), à proximité d'élevages de porcs, en période d'épidémie (ou de circulation accrue du virus chez l'animal dans les pays à couverture vaccinale élevée chez l'homme) ;
  • les personnes expatriées dans un pays situé dans la zone de circulation du virus ;
  • toute personne dont la situation est jugée à risque par le médecin vaccinateur.
Le schéma vaccinal consiste à administrer deux doses vaccinales de 0,5 ml à 28 jours d'intervalle chez les adultes, les adolescents et les enfants à partir de l'âge de 3 ans. Pour les enfants âgés de 2 mois à moins de 3 ans, on administre deux demi-doses (0,25 ml) à 28 jours d'intervalle. Il est maintenant possible, chez l'adulte âgé de 18 à 65 ans, d'effectuer un schéma accéléré en deux doses administrées à 7 jours d'intervalle. Le schéma d'administration de dose(s) de rappel est fonction de la persistance de l'exposition au risque et de l'âge du patient.

 

Source : Promed.