Trypanosomiase humaine africaine en Afrique du Sud au retour de Zambie Médecine des voyages

Publié le 29 août 2021 à 13h20

Biographie

- Médecin biologiste à la retraite.
- Auparavant : médecin biologiste dans un hôpital d'Instruction des armées pendant 6 ans, puis détaché pendant 20 ans par le Service de santé des armées comme virologiste d'abord puis comme directeur dans 3 instituts du Réseau international des Instituts Pasteur.

Liens d'intérêt

- Aucune rémunération actuelle ou dans le passé de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.

En Afrique du Sud, un chasseur professionnel sud-africain de 43 ans qui a pratiqué une saison de chasse dans la Province orientale de la Zambie en juillet et août 2021, où il a subi un certain nombre de piqûres de mouches tsé-tsé, a développé une maladie fébrile aiguë. Il a été admis dans un hôpital de Lusaka en Zambie où le diagnostic de trypanosomiase humaine africaine a été suspecté. Il a été transféré dans un hôpital de Pretoria, Afrique du Sud, où le diagnostic a été confirmé par RT-PCR. A l'admission il présentait un ictère, des pétéchies éparses et un chancre trypanosomien typique sur une cheville. Le patient a bien répondu à la suramine.

La trypanosomiase est-africaine est encore endémique dans les réserves de chasse en Afrique australe, et toute personne ayant de la fièvre et un test de paludisme négatif doit être suspectée de trypanosomiase s'il y a des antécédents d'exposition. 

Rappels sur la trypanosomiase humaine africaine

La trypanosomiase humaine africaine, plus connue sous le nom de maladie du sommeil africaine, est une maladie parasitaire qui tue des milliers de personnes en Afrique subsaharienne chaque année.
La trypanosomiase humaine africaine est une parasitose à transmission vectorielle. Le parasite est un protozoaire appartenant au genre Trypanosoma. Il est transmis à l'homme par la piqûre d'une glossine, ou mouche tsé-tsé, (du genre Glossina) qui s'est elle-même infectée à partir d'êtres humains ou d'animaux porteurs de parasites pathogènes. On trouve uniquement les mouches tsé-tsé en Afrique subsaharienne et seules certaines espèces transmettent la maladie.

La trypanosomiase humaine africaine se présente sous deux formes, dues à deux parasites différents:

  • Le Trypanosoma brucei gambiense se retrouve dans 24 pays d'Afrique de l'Ouest et d'Afrique centrale. Cette forme représente actuellement plus de 98% des cas notifiés de maladie du sommeil et provoque une infection chronique. Elle associe d'abord dans sa phase de généralisation une fièvre irrégulière, avec céphalées et arthralgies, un prurit intense, et des trypanides (éruptions érythémateuses, maculeuses ou papuleuses). Au cours de la phase de polarisation cérébrale s'ajoutent les signes de méningo-encéphalite.
  • Le Trypanosoma brucei rhodesiense se retrouve dans 13 pays d'Afrique orientale et d'Afrique australe. Aujourd'hui, cette forme représente moins de 2% des cas notifiés et provoque une infection aiguë. Cette forme est une maladie aiguë de début brutal, avec atteinte cardiaque (myocardite) et rénale (protéinurie), d'évolution rapidement fatale.
Les populations rurales vivant dans les régions où a lieu la transmission et qui dépendent de l'agriculture, de la pêche, de l'élevage ou de la chasse sont les plus exposées à la mouche tsé-tsé et par conséquent à la maladie. La trypanosomiase humaine africaine est une maladie intégrée dans le programme de l'Organisation mondiale de la santé des maladies négligées.

 

La trypanosomiase humaine africaine reste rare chez les touristes. Un travail rétrospectif mené publié en 2008 a permis une estimation de l'incidence de la trypanosomiase humaine africaine chez le touriste français à 1,2 par million de voyageurs. Toutefois, depuis 15 ans, on observe au niveau mondial un signalement régulier de cas chez les touristes. Les modifications des modes de séjours avec le développement de l'écotourisme, du tourisme solidaire, mais également les circuits organisés de visites ou de safaris dans les parcs animaliers favorisent le contact touriste-vecteur.

Ainsi, les visiteurs de parcs et de safaris doivent être conscients de la présence de mouche tsé-tsé et éviter d'être piqué (port de vêtements couvrants imprégnés d'insecticides, répulsifs anti-insectes sur la peau découverte).

Source : Promed.