Incidence en hausse de la syphilis au Japon Médecine des voyages

Publié le 7 nov. 2021 à 22h46

Biographie

- Médecin biologiste à la retraite.
- Auparavant : médecin biologiste dans un hôpital d'Instruction des armées pendant 6 ans, puis détaché pendant 20 ans par le Service de santé des armées comme virologiste d'abord puis comme directeur dans 3 instituts du Réseau international des Instituts Pasteur.

Liens d'intérêt

- Aucune rémunération actuelle ou dans le passé de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.

Au Japon, les autorités sanitaires ont enregistré 128 nouveaux cas de syphilis dans la semaine se terminant le 23 octobre 2021. Selon le Japan National Institute of Infectious Diseases, 6 031cas de syphilis ont été signalés à ce jour en 2021 dont 1 891cas, soit 31 % des cas, signalés à Tokyo.
En 2017, le Japon avait enregistré 5 534 cas de syphilis pour la première fois en plus de 4 décennies. Cela a été suivi de 2 années consécutives avec plus de 6 000 cas.

Rappels sur la syphilis :

La syphilis est une infection sexuellement transmissible contagieuse causée par une bactérie appelée Treponema pallidum. La bactérie se transmet par des rapports sexuels non protégés (vaginal, anal ou bucco-génital), par voie sanguine (transfusion ou rarement usage de matériel souillé) et par voie transplacentaire pendant la grossesse, de la mère à l'enfant. La période d'incubation est de 3 semaines à 1 mois.
La syphilis évolue classiquement en plusieurs stades successifs :

  • Au stade primaire, la maladie n'a pas toujours de signes apparents. Quand ils existent il s'agit d'un ulcération (le chancre d'inoculation), petite plaie rosée, creuse, propre, et indolore, qui se retrouve au niveau du fourreau de la verge, sur le gland, ou au niveau du vagin ou de la vulve. Cette lésion, extrêmement contagieuse, s'accompagne d'une adénopathie importante.
  • En absence de traitement la maladie évolue vers le stade secondaire trois à dix semaines après le chancre et correspond à une diffusion générale du tréponème dans le corps, et s'accompagne d'éruptions multiples sur la peau et/ou sur les muqueuses (sans démangeaison) : c'est la roséole.
  • Le stade tertiaire, devenu très rare, n'apparaît qu'après des années de développement (3 à 15 ans en moyenne après le chancre, chez 10 % des patients non traités) et se présente avec des atteintes cardio-vasculaires, nerveuses et articulaires.
Remarque : Au cours de l'année qui suit le début de l'infection, la syphilis est dite précoce et comporte plusieurs stades cliniques : syphilis primaire (développement d'un chancre pas toujours visible selon sa localisation) ; syphilis secondaire (éruption cutanée) et syphilis latente précoce (sans signe clinique).

 

Il est fortement recommandé aux voyageurs d'utiliser un préservatif avec tout nouveau partenaire sexuel.

Source : Outbreak News Today.