Cas suspects de leishmaniose dans le département de Tarija en Bolivie Médecine des voyages

Publié le 31 jan. 2022 à 18h58

Biographie

- Médecin biologiste à la retraite.
- Auparavant : médecin biologiste dans un hôpital d'Instruction des armées pendant 6 ans, puis détaché pendant 20 ans par le Service de santé des armées comme virologiste d'abord puis comme directeur dans 3 instituts du Réseau international des Instituts Pasteur.

Liens d'intérêt

- Aucune rémunération actuelle ou dans le passé de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.

En Bolivie, deux cas suspects de leishmaniose ont été signalés dans la ville de Villa Montes dans le département de Tarija. Une enquête épidémiologique des laboratoires de l'Institut National de la Santé (Inlasa) et du Centre National des Maladies Tropicales (Cenetrop) est en cours.

La maladie est rare dans la région avec généralement 1 ou 2 rapports par an, principalement à Bermejo, mais pas à Villa Montes où ce serait la première fois.

Rappel sur les leishmanioses :

Les leishmanioses sont des parasitoses dont l'agent pathogène est un protozoaire flagellé du genre Leishmania. Il s'agit d'une zoonose, transmise de vertèbré à vertèbré par un moucheron hématophage, le phlébotome. Les phlébotomes piquent surtout le soir et la nuit par temps calme. Leur gîte est constitué par les anfractuosités de murs et de terriers où ils se gorgent sur des mammifères pouvant constituer le réservoir pour certaines espèces de leishmanies.
Il existe différentes formes de leishmaniose

  • Les leishmanioses cutanées où la lésion élémentaire est un nodule non ulcéré de petite taille. Puis les nodules deviennent très nombreux et disséminés sur l'ensemble du corps qui deviennent confluents et forment de larges plaques infiltrées. L'aspect du malade s'apparente à celui d'un lépreux lépromateux, notamment au niveau du visage (aspect léonin).
  • Les leishmanioses cutanéo-muqueuses qui évoluent en deux temps : la lésion cutanée initiale pouvant être ultérieurement suivie par une atteinte muqueuse secondaire qui débute à la muqueuse nasale avec un granulome qui siège souvent à la partie antérieure de la cloison nasale, rapidement envahie et détruite. La perforation qui en résulte est considérée comme un symptôme quasi pathognomonique de leishmaniose cutanéo-muqueuse.
  • La leishmaniose systémique, ou viscérale, touche l'ensemble du corps. Cette forme survient 2 à 8 mois après la piqûre du phlébotome. La plupart des personnes ne se souviennent pas d'avoir eu une plaie cutanée. Cette forme peut entraîner des complications mortelles. Les parasites endommagent le système immunitaire en diminuant le nombre de cellules qui combattent la maladie.

Il est conseillé aux voyageurs de se protéger des piqûres de phlébotome. Il convient de respecter les mesures habituelles de lutte anti-vectorielle :

  • Port de vêtements couvrants.
  • Répulsifs anti-moustiques, contenant du DEET, sur la peau découverte.
  • Vêtements et moustiquaire imprégnés d'insecticide pour la sieste et la nuit.
  • Pulvérisations domiciliaires et péridomiciliaires de pyréthrinoïdes de synthèse.
  • Les personnes qui utilisent un écran solaire doivent appliquer le répulsif 20 minutes après l'écran solaire.

Source : ProMED.