Détection d'un Bat Lyssavirus chez une chauve-souris en Suisse Médecine des voyages

Publié le 7 juil. 2022 à 17h09

Biographie

- Médecin biologiste à la retraite.
- Auparavant : médecin biologiste dans un hôpital d'Instruction des armées pendant 6 ans, puis détaché pendant 20 ans par le Service de santé des armées comme virologiste d'abord puis comme directeur dans 3 instituts du Réseau international des Instituts Pasteur.

Liens d'intérêt

- Aucune rémunération actuelle ou dans le passé de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.

En Suisse, le 30 juin 2022, une chauve-souris déterminée provisoirement comme une chauve-souris de Brandt (Myotis brandtii) a été confirmée positive par RT-PCR en temps réel comme European Bat Lyssavirus (EBLV-2) au Swiss Rabies Center. Cette chauve-souris, qui a été trouvée malade d'un syndrome nerveux central avancé symptômes et transféré dans un centre de soins pour chauves-souris où elle est morte.

Il s'agit de la 1ère réapparition d'un diagnostic de rage des chauves-souris en Suisse depuis 2017. Jusqu'à présent, seulement 4 chauves-souris, 3 de l'espèce Myotis daubentoni (positives pour EBLV-2) et un Eptesicus serotinus (positive pour EBLV-1), ont été trouvés positives dans le cadre de la surveillance passive en 1992, 1993, 2002 (M. daubentoni) et 2017 (E. serotinus), respectivement. Bien que la rage de la chauve-souris soit très rare en Suisse, ce cas réaffirme la recommandation de manipuler les chauves-souris avec la plus grande prudence, le cas échéant.

Rappel sur les Lyssavirus

Lyssavirus (du grec lyssa, « rage ») est un genre de virus de la famille des Rhabdoviridae, de l'ordre des Mononegavirales qui inclut le virus de la rage et des virus apparentés.

Parmi les Lyssavirus, 7 génotypes sont connus dont le génotype 1 comprenant toutes les souches de virus rabique (rage sauvage, des rues, des chauves-souris en Amérique, les souches vaccinales de rage). Les autres génotypes sont considérés comme virus apparentés à la rage, dont les génotypes 5 et 6 (European Bat Lyssavirus 1 et 2 ), responsables de la rage des chauves-souris en Europe également transmissible à l'homme.

La rage est une maladie mortelle si elle n'est pas traitée à temps. Le traitement préventif de la rage humaine est très efficace s'il est administré rapidement après le contact avec l'animal porteur.

La contamination de l'homme se fait exclusivement par un animal au contact de la salive par morsure, griffure, léchage sur peau excoriée ou sur muqueuse (œil, bouche). Les chiens et les chats peuvent devenir contagieux 15 jours avant l'apparition des premiers symptômes de la maladie et ils le restent jusqu'à leur mort. Si un chien ou un chat est en vie et ne présente pas de symptômes après une période d'observation de 15 jours à partir de la date d'exposition (morsure ou autre exposition), il n'a pas pu transmettre la rage à la personne mordue. Les autres espèces peuvent présenter une période de contagiosité plus importante ce qui nécessite un avis spécialisé en cas d'exposition.

Pour réduire le risque de contracter la rage, il est recommandé d'éviter tout contact avec des animaux domestiques, des chauves-souris ou avec des mammifères sauvages.

En cas de morsure, de griffure ou de léchage sur une plaie :

  • Les soins locaux avec nettoyage de la plaie à l'eau et au savon pendant 15 minutes, rinçage, application d'un antiseptique iodé ou chloré, sont indispensables pour limiter le risque infectieux.
  • Il faut ensuite consulter un médecin qui décidera de la nécessité d'un traitement antirabique vaccinal et de l'administration d'immunoglobulines spécifiques antirabiques, en l'absence de vaccination préventive.

La vaccination préventive peut être recommandée pour les expatriés et voyageurs à risque (randonneurs, enfants, cyclistes, spéléologues, sujets ayant des contacts avec les animaux). La vaccination préventive ne dispense pas d'un traitement curatif, qui doit être mis en œuvre le plus tôt possible en cas d'exposition avérée ou suspectée, mais elle simplifie le traitement et dispense du recours aux immunoglobulines, qui ne sont pas toujours disponibles dans les pays en développement.

Source : ProMED.