Toujours plus de cas de dengue et de chikungunya au Brésil Médecine des voyages

Publié le 13 sept. 2022 à 13h33

Biographie

Médecin biologiste.

Le Brésil, à ce jour (semaine 36/2022), a déclaré à l’Organisation panaméricaine de la santé (PAHO) 217 428 cas cumulés de chikungunya (incidence globale de 101,61 cas/100 000 habitants) contre 120 410 cas signalés en 2021 sur la même période (incidence globale de 56,27), soit une augmentation de 80% du nombre de cas. Selon le ministère brésilien de la Santé, la région Nord Est où les villes qui rapportent le plus grand nombre de cas sont Forltaleza, Maceio et Brejo Santo, présente l’incidence la plus élevée (243,7 cas/100 000 habitants), suivie des régions du Centre-Ouest (34,2) et du Nord (25,3). Le nombre de cas signalé par le Brésil représente près de 99% des cas de chikingunya signalés à la PAHO depuis le début de l’année 2022 par les pays de la région Amérique de l’OMS.

Sur la même période de 2022, le Brésil a déclaré :

  • 2 014 352 cas de dengue (incidence globale de 941,32 cas/100 000 habitants), soit 88% des cas déclarés par les pays de la région Amérique de l’OMS, contre 975 474 pour toute l’année 2021 soit une augmentation de plus de 100% du nombre de cas
  • 21 692 cas de Zika (incidence globale de10,14 cas/100 000 habitants) contre 17 496 pour toute l’année 2021 soit une augmentation d’au moins 23% du nombre de cas.

Conseils aux voyageurs :
Aucun vaccin contre le chikungunya, la dengue ou le zika n'est disponible pour le voyageur. La prévention de ces infection repose donc sur  les mesures individuelles de lutte anti-vectorielle qui visent à se protéger des piqûres des moustiques vecteurs de ces maladies. Il convient de respecter :

1. Appliquer des répulsifs cutanés, en particulier sur les parties du corps non couvertes par les vêtements.

Quatre substances actives peuvent être recommandées pour se prémunir des piqûres de moustique : le DEET, l’IR3535, l’icaridine et l’huile d’Eucalyptus citriodora, hydratée, cyclisée.

Les produits à base de DEET ou d’IR3535 disposent en général d’une autorisation de mise sur le marché assortie d’un résumé des caractéristiques du produit (RCP). Il est indispensable de consulter ce RCP car les règles d’utilisation vont varier d’un produit à l’autre en fonction du principe actif, de sa concentration et de sa formulation. Une attention toute particulière devra être portée pour l’utilisation de ces produits chez l’enfant et chez la femme enceinte.

Les produits à base d’icaridine ou d’huile d’Eucalyptus citriodora, hydratée, cyclisée sont en cours d’évaluation au niveau européen. Il convient de se référer aux préconisations d’usage figurant sur l’étiquette tout en respectant les règles suivantes :

  • au maximum 2 applications journalières pour les enfants,et jusqu’à 3 pour les adultes ;
  • chez les bébés et les femmes enceintes, il est recommandé de privilégier les formulations contenant moins de 20% de substance active ;
  • ne pas utiliser de produit à base d’huile d’Eucalyptus citriodora, hydratée, cyclisée chez les enfants de moins de 3 ans.

Comment bien utiliser un répulsif cutané ?

  • N’appliquez sur la peau que les produits prévus à cet effet et non les répulsifs destinés à des animaux par exemple.
  • Lisez la notice d’utilisation et vérifiez les restrictions d’usage (notamment selon l’âge) et respectez les conditions d’application.
  • Préférez les répulsifs en crème ou lotion aux répulsifs en spray, en raison du risque d’inhalation ou d’ingestion lors de leur application.
  • Si vous utilisez un spray, ne pulvérisez pas :
    • dans une pièce fermée ou à côté d’aliments pouvant être consommés ;
    • près d’une flamme car le produit est inflammable ;
    • et directement sur la peau. Appliquez d’abord sur les mains, puis sur la peau.
  • Mettez les répulsifs sur la peau exposée, mais pas sur la peau qui est sous les vêtements (sauf au niveau des chevilles, même en cas de port de chaussettes).
  • Évitez toute application sur une peau lésée, blessée ou irritée, près des yeux ou de la bouche, sur les mains ou le visage des enfants, sur les mains ou les seins d’une femme qui allaite.
  • Pour vous protéger à la fois du soleil et des moustiques, appliquez d'abord une crème solaire à indice de protection maximale. Puis laissez-la pénétrer, de préférence durant 20 minutes, avant d’appliquer le répulsif cutané.
  • Après la baignade ou une douche, réappliquez le répulsif dans la limite du nombre maximal d’applications quotidiennes recommandé.
  • Lavez la peau où les répulsifs ont été appliqués avec de l’eau et du savon, lorsqu’il n’y a plus de risque (par exemple, avant de se coucher sous une moustiquaire).
  • Stockez les répulsifs dans un lieu inaccessible aux enfants, en raison du risque d'intoxication par ingestion.

2. Dormir la nuit sous une moustiquaire de préférence imprégnée d’insecticide.

3. Limiter, si possible, les activités d’extérieur aux moments où les moustiques sont les plus actifs : éviter de sortir la nuit, même un court moment, sans protection anti-moustiques, et a fortiori de dormir à la belle étoile sans moustiquaire imprégnée ;

4. Porter des vêtements légers, amples et couvrants (manches longues, pantalons et chaussures fermées).

5. Utiliser en moyen d’appoint : Dans les habitations, la climatisation diminue les risques de piqûres. Des insecticides en bombe ou en diffuseur ainsi que les raquettes électriques pourront être utilisés en mesure d’appoint. Les serpentins fumigènes peuvent également être utilisés, à l’extérieur et dans les vérandas.

Afin d'éviter au maximum la dissémination du virus Chikungunya sur le territoire métropolitain, devant une fièvre d'apparition brutale et des douleurs articulaires ou musculaires dans les 15 jours qui suivent le retour de voyage, il faut consulter son médecin au plus vite en signalant son voyage.

Sources : Outbreak News Today, Organisation panaméricaine de la santé