Leishmaniose signalée dans sept départements du Paraguay Médecine des voyages

Publié le 17 fév. 2023 à 18h39

Biographie

- Médecin biologiste à la retraite.
- Auparavant : médecin biologiste dans un hôpital d'Instruction des armées pendant 6 ans, puis détaché pendant 20 ans par le Service de santé des armées comme virologiste d'abord puis comme directeur dans 3 instituts du Réseau international des Instituts Pasteur.

Liens d'intérêt

- Aucune rémunération actuelle ou dans le passé de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.

Au Paraguay, jusqu'à présent en 2023, 13 cas de leishmaniose confirmés ont été enregistrés, neuf de type viscéral et quatre de type cutané. Les cas ont été signalés dans les départements de : Central, Concepción, Itapúa, Paraguarí, Amambay, Caaguazú et San Pedro.

  • Jusqu'à la semaine épidémiologique 2023-5, il y a neuf cas confirmés de leishmaniose viscérale, situés dans les départements de Central (3), Concepción (3), Itapúa (2), Paraguarí (1), et aucun décès dû à la maladie, selon le Programme national des maladies vectorielles. Les personnes touchées par la leishmaniose viscérale se trouvent en proportions égales dans la tranche d'âge de 1 à 4 ans (3) des deux sexes, et dans la tranche d'âge de 40 à 49 ans (3) des hommes, avec une prédominance de 78% d'hommes (7 /9). En 2022, un total de 69 cas de leishmaniose viscérale avait été enregistré, enregistrant une augmentation de 19% par rapport à 2021, qui rapportait 58 cas.
  • En ce qui concerne la leishmaniose cutanée, au cours de l'année 2023, quatre cas ont été confirmés, avec un lieu d'infection probable dans les départements d'Amambay (1), Caaguazú (1), San Pedro (1) et Concepción (1). Aucun décès signalé. 100% des cas correspondent au sexe masculin et 50% des personnes touchées sont âgées de 40 à 49 ans. En 2022, 57 cas de leishmaniose cutanée ont été identifiés, soit 8% de plus par rapport à 2021, qui avait enregistré 53 cas.

Rappel sur les leishmanioses : 

Les leishmanioses sont des parasitoses dont l'agent pathogène est un protozoaire flagellé du genre Leishmania. Il s'agit d'une zoonose, transmise de vertèbré à vertèbré par un moucheron hématophage, le phlébotome. Les phlébotomes piquent surtout le soir et la nuit par temps calme. Leur gîte est constitué par les anfractuosités de murs et de terriers où ils se gorgent sur des mammifères pouvant constituer le réservoir pour certaines espèces de leishmanies.

Il existe différentes formes de leishmaniose.

  • Les leishmanioses cutanées où la lésion élémentaire est un nodule non ulcéré de petite taille. Puis les nodules deviennent très nombreux et disséminés sur l'ensemble du corps qui deviennent confluents et forment de larges plaques infiltrées. L'aspect du malade s'apparente à celui d'un lépreux lépromateux, notamment au niveau du visage (aspect léonin).
  • Les leishmanioses cutanéo-muqueuses qui évoluent en deux temps : la lésion cutanée initiale pouvant être ultérieurement suivie par une atteinte muqueuse secondaire qui débute à la muqueuse nasale avec un granulome qui siège souvent à la partie antérieure de la cloison nasale, rapidement envahie et détruite. La perforation qui en résulte est considérée comme un symptôme quasi pathognomonique de leishmaniose cutanéo-muqueuse.
  • La leishmaniose systémique, ou viscérale, touche l'ensemble du corps. Cette forme survient 2 à 8 mois après la piqûre du phlébotome. La plupart des personnes ne se souviennent pas d'avoir eu une plaie cutanée. Cette forme peut entraîner des complications mortelles. Les parasites endommagent le système immunitaire en diminuant le nombre de cellules qui combattent la maladie.

Il est conseillé aux voyageurs de se protéger des piqûres de phlébotome. Il convient de respecter les mesures habituelles de lutte anti-vectorielle :

  • Port de vêtements couvrants.
  • Répulsifs anti-moustiques, contenant du DEET, sur la peau découverte.
  • Vêtements et moustiquaire imprégnés d'insecticide pour la sieste et la nuit.
  • Pulvérisations domiciliaires et péridomiciliaires de pyréthrinoïdes de synthèse.
  • Les personnes qui utilisent un écran solaire doivent appliquer le répulsif 20 minutes après l'écran solaire.

 Source : Outbreak News Today.