La Floride deviendrait une zone endémique pour la lèpre

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La Revue Emerging infectious Disease rapporte un cas de lèpre lépromateuse diagnostiqué chez un homme de 54 ans résidant en Floride. Ce patient a nié avoir voyagé aux États-Unis ou à l'étranger, avoir été exposé à des tatous, avoir été en contact prolongé avec des immigrés originaires de pays où la lèpre est endémique, ou avoir eu des relations avec une personne connue pour être atteinte de la lèpre. Il a résidé toute sa vie dans le centre de la Floride, travaille dans l'aménagement paysager et passe de longues périodes à l'extérieur. Il a été traité par l’association de dapsone, de rifampicine et de clofazimine.

Données épidémiologiques

Depuis les années 2000 on note une augmentation progressive de l'incidence de la lèpre aux États-Unis où le nombre de cas signalés a plus que doublé dans les États du sud-est au cours de la dernière décennie. Au cours de la période 2015-2020, aux Etats-Unis, 34% des nouveaux cas semblent avoir contracté la maladie localement.

En 2020, 159 nouveaux cas ont été signalés aux États-Unis, la Floride figurant parmi les États les plus touchés (sur les 159 cas, 27 ont été signalés en Floride dont 22 dans les 13 comtés de Floride centrale).

Concernant la Floride, Outbreak News Today précise qu’entre 2013 et le 29 juillet 2023 l’État avait signalé 191 cas de lèpre, dont 140 (73%) ont été enregistrés dans les 13 comtés qui sont traditionnellement considérés comme le centre de la Floride - Brevard, Citrus, Hernando, Hillsborough, Lake, Orange, Osceola, Pasco, Pinellas, Polk, Seminole, Sumter et Volusia. Trois comtés ont enregistré 113 cas au cours de la même période : Brevard (87), Polk (13) et Volusia (13).

Conclusion des auteurs

Les auteurs suggèrent que le centre de la Floride représente une zone endémique pour la lèpre, l’État enregistrant une augmentation du nombre de cas de lèpre chez des patients qui passent beaucoup de temps à l'extérieur, mais ne présentent pas de facteurs de risque traditionnels (pas de séjour en zone à risque vis-à-vis de la lèpre, absence de contact avec des malades de la lèpre ou des personnes originaires de pays d’endémicité pour la lèpre), ni de preuves évidentes d'une exposition zoonotique (un pourcentage élevé de cas de lèpre sans contact à risque dans le sud des États-Unis se sont révélés porteurs de la même souche unique de Mycobacterium leprae que les tatous à neuf bandes de la région, mais de nombreux cas n’ont pas été exposés à la zoonose). Ce contexte plaide en faveur de l'étude des réservoirs environnementaux en tant que source potentielle de transmission.

Pour plus d'information sur la lèpre : (1) Centers for Disease Control and Prevention. Hansen'S disease. Mise à jour le 31 mars 2022. (2) Organisation Mondiale de la Santé. Lèpre. Mise à jour 27 janvier 2023.

Source : Emerging Infectious Disease, Outbreak News Today

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