Inde, le Karnataka est devenu le premier État indien à lancer un plan d'action pour la prévention et le contrôle des envenimations par morsure de serpent
En Inde, le Karnataka est devenu le premier État indien à lancer un plan d'action pour la prévention et le contrôle des envenimations par morsure de serpent, élargissant son champ d'action au-delà des quatre serpents traditionnellement considérés comme dangereux : le cobra indien, le krait commun, la vipère de Russell et la vipère à cornes.
Ce plan reconnaît qu'au moins trois autres espèces présentant un intérêt médical contribuent aux décès et aux handicaps liés aux morsures de serpent dans l'État. Il prévoit notamment le prélèvement d'échantillons de venin et la réalisation d'évaluations précliniques in vitro et in vivo afin de tester l'efficacité neutralisante des antivenins existants, dont l'efficacité serait moindre contre certaines espèces dans certaines régions.
Au Karnataka, le nombre de cas d'envenimation par morsure de serpent et de décès enregistrés a fortement augmenté, passant de 6 596 morsures et 19 décès en 2023 à 13 235 morsures et 100 décès en 2024, puis à 16 805 morsures et 154 décès en 2025. Padma M.R., directrice adjointe de l'Unité de surveillance de l'État, attribue cette hausse à une surveillance accrue. Cette augmentation fait suite à la décision du Karnataka, en février 2024, de rendre obligatoires les cas d'envenimation par morsure de serpent et les décès qui en résultent.
Le plan d'action de l'État vise à combler ces lacunes grâce à une surveillance renforcée, à la garantie de la disponibilité d'antivenin, à une prise en charge et un transport rapides des patients, au renforcement des capacités du personnel de santé et à des campagnes de sensibilisation du public menées de manière continue.
La ministre de la Santé a précisé que les stratégies clés consistent à promouvoir un changement de comportement par le biais d'activités d'information, d'éducation et de communication (IEC), à encourager les communautés rurales à se faire soigner dans l'établissement de santé le plus proche plutôt que par des guérisseurs traditionnels, à assurer le transport rapide des victimes, l'administration rapide du vaccin antivenimeux, la prise en charge des complications et la réadaptation des personnes handicapées.
Le ministère de la Santé a identifié des centres de traitement des morsures de serpent agréés, constitué des stocks de vaccin antivenimeux et diffusé des protocoles de traitement standardisés. Les soins seront gratuits dans les établissements publics. Les hôpitaux privés ont reçu pour instruction de prodiguer des soins vitaux immédiats sans exiger de paiement anticipé, a-t-il déclaré.
Les morsures de serpent, classées par l'Organisation mondiale de la Santé comme maladie tropicale négligée, constituent toujours un problème majeur de santé publique. En Inde, on estime à environ 50 000 le nombre de décès annuels, auxquels s'ajoutent de nombreux survivants souffrant d'amputations ou de handicaps permanents. Les experts en santé publique soulignent que ce chiffre est probablement sous-estimé, car de nombreuses victimes n'ont pas accès aux structures de soins officielles.
Source : The Hindu, Times of India