Vanuatu : 46 cas de ciguatera signalés depuis le début de l'année

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Le ministère de la Santé du Vanuatu a confirmé 44 cas d'intoxication alimentaire par la ciguatera (intoxication par la ciguatera) entre début janvier et mi-février 2026, répartis sur six îles : Efate (61 % des cas), Tanna, Ambae, Pentecôte, Maewo et Santo.

Le nombre de cas a dépassé le seuil d'alerte national de cinq cas par semaine pendant trois semaines consécutives, atteignant un pic de 12 cas au cours de la troisième semaine de février 2026, après une baisse initiale en janvier suivie d'une augmentation constante depuis début février.

Les jeunes adultes âgés de 15 à 34 ans représentaient 28 des 44 cas (64 %), les hommes constituant 57 % de tous les cas déclarés. La plupart des personnes touchées avaient consommé différentes espèces de poissons de récif avant l'apparition des symptômes.

Trois personnes ont nécessité une hospitalisation. Aucun décès n'a été rapporté. 

Le ministère de la Santé attribue cette épidémie à des facteurs environnementaux, notamment l'élévation de la température de l'eau de mer et la perturbation des écosystèmes récifaux, susceptibles d'accroître la prolifération de dinoflagellés benthiques (espèces de Gambierdiscus) producteurs de ciguatoxines.

Les autorités sanitaires recommandent à la population d'éviter de consommer de gros poissons récifaux provenant des zones à risque et de se renseigner auprès du Département des pêches du Vanuatu.

L'accumulation rapide des cas lors de l'épidémie actuelle, conjuguée à sa répartition géographique sur plusieurs îles, suggère un événement inhabituel susceptible de dépasser les schémas saisonniers habituels.

Commentaires

L’intoxication par la ciguatera résulte de la consommation de poissons récifaux contaminés par des ciguatoxines, des composés polyéthers liposolubles produits par des dinoflagellés marins benthiques, principalement des espèces du genre Gambierdiscus. Ces toxines s’accumulent dans la chaîne alimentaire marine et se concentrent dans les grands poissons prédateurs récifaux tels que le barracuda, le mérou, le vivaneau et l’empereur. Thermostables, elles ne sont pas détruites par la cuisson, la congélation ou d’autres méthodes de préparation des aliments. La prévention repose donc davantage sur l’évitement de la consommation de poissons contaminés que sur des procédés de transformation garantissant la sécurité alimentaire.

Au Vanuatu, les conditions environnementales favorisent la prolifération rapide des dinoflagellés producteurs de toxines à la surface des récifs coralliens et des macroalgues. La variabilité climatique, les perturbations des récifs coralliens et le réchauffement des eaux de surface créent des conditions favorables à la prolifération des Gambierdiscus, augmentant ainsi l’aire de répartition géographique et l’intensité de la contamination des populations de poissons récifaux par les ciguatoxines. Ces toxines persistent dans les tissus des poissons pendant de longues périodes, créant un risque d’exposition durable même après un changement des conditions environnementales.

L’intoxication à la ciguatera se manifeste généralement par une triade caractéristique de symptômes gastro-intestinaux, neurologiques et parfois cardiovasculaires, apparaissant habituellement dans les 24 heures suivant la consommation de poisson contaminé. Les symptômes gastro-intestinaux (nausées, vomissements, diarrhée) apparaissent généralement en premier, suivis de manifestations neurologiques distinctives, notamment des paresthésies (engourdissements et picotements), une sensation de chaleur inversée (les objets froids sont perçus comme brûlants), une démarche instable et, dans les cas graves, une dépression respiratoire. Les symptômes peuvent persister pendant des semaines, voire des mois, et des récidives ou des exacerbations peuvent survenir après la consommation ultérieure de poisson ou de fruits de mer, d’alcool, de caféine ou d’autres facteurs déclenchants.

Source : Beaconbio.org

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