Russie : augmentation des cas de fièvre hémorragique avec syndrome rénal en République d'Oudmourtie
En Fédération de Russie, d'après le Service fédéral de surveillance de la protection des droits des consommateurs et du bien-être humain (Rospotrebnadzor) de la République d'Oudmourtie, le nombre de cas de fièvre hémorragique avec syndrome rénal (FHSR) a fluctué au cours des cinq dernières années : 287 cas en 2021 ; 797 cas et un décès en 2022 ; 594 cas et deux décès en 2023 ; 236 cas en 2024 ; et 567 cas et un décès en 2025.
L’une des raisons de l’augmentation des cas est la douceur de l’hiver 2025, qui a permis aux rongeurs – principaux vecteurs du virus – de mieux survivre durant cette période.
Selon le Centre de santé et d’épidémiologie d’Oudmourtie, en 2025, les spécialistes ont capturé 1 139 rongeurs, dont 173 étaient infectés par le hantavirus. Ce chiffre est 5,8 fois supérieur à celui de l’année précédente. La souris rousse (Clethrionomys glareolus) est désormais le principal vecteur de l’infection, responsable d’environ 60 % des animaux infectés. Ces rongeurs vivent généralement en forêt, mais s’aventurent parfois dans les abris de jardin, les dépendances et les habitations privées.
D'après les prévisions de l'Institut de Kazan pour l'étude de l'épidémiologie et de la microbiologie, les foyers naturels de fièvres hémorragiques avec syndrome rénal dans le district fédéral de la Volga devraient s'intensifier en 2026.
Traditionnellement, on observe une augmentation saisonnière des cas en hiver et en automne.
L'enneigement hivernal influe également sur la population de rongeurs. En cas de neige abondante, rats et souris survivent plus facilement dans le froid : ils creusent des galeries, accèdent aux réserves alimentaires et peuvent même se reproduire. L'hiver 2025-2026 ayant été particulièrement neigeux, les experts n'ont pas exclu une recrudescence des rongeurs au printemps.
Rappels sur la fièvre hémorragique avec syndrome rénal (FHSR)
En Europe, six hantavirus zoonotiques, appartenant à 4 espèces, circulent sur le continent européen : le virus Puumala (PUUV), le virus Seoul, les virus Dobrava, Kurkino et Saaremaa et le virus Tula. Le virus Puumala est responsable du plus grand nombre de cas de FHSR et circule en Europe du Nord et de l’Ouest.
Le virus Puumala a comme réservoir le campagnol roussâtre (Clethrionomys glareolus ), qui vit en forêt ou bordure de forêts et, parfois, dans les bâtiments avoisinants. En Europe, le campagnol roussâtre a une aire de répartition vaste, allant du nord de l’Espagne et de l’Italie, jusqu’à la limite de la toundra en Russie et Scandinavie. Ils excrètent le virus en grande quantité dans leurs urines, leurs selles et leurs salives. La source de contamination humaine provient des déjections de ces rongeurs infectés qui contaminent leur environnement.
Les infections à PUUV peuvent faire suite à des activités de loisirs ou professionnelles dans les zones où vit le campagnol roussâtre et où circule le virus, notamment des travaux du bâtiment (rénovation de maison ancienne, nettoyage de cave, grenier, grange…, bricolage) ou des activités forestières (débardage de bois, stockage ou déstockage de bois, entretien maison forestière…).
La contamination se fait surtout par inhalation des aérosols de poussières contaminées par des excrétas de campagnols infectés. Elle peut éventuellement se faire par contact des muqueuses ou de la peau lésée avec des matières infectieuses (manipulation de campagnols vivants ou morts, contact avec des surfaces souillées…) et exceptionnellement par morsure d’un campagnol. À l’heure actuelle, aucun cas de transmission interhumaine de PUUV n’a été décrit.
Le tableau clinique de la FHSR suit classiquement plusieurs phases qui ne sont pas toujours clairement distinctes cliniquement.
- La phase fébrile dite aussi prodromique débute par une fièvre pouvant être supérieure à 39,5 °C pendant 2 à 4 jours, qui régresse. Il s’y associe un syndrome pseudo-grippal, puis un syndrome algique prononcé résistant aux antalgiques habituels, avec des céphalées, lombalgies, douleurs abdominales, douleurs thoraciques, articulaires, voire dentaires. Les troubles de l’accommodation très évocateurs de la maladie sont présents dans 40 % des cas, mais sont souvent fugaces.
- Phase hypotensive : dans un second temps (1 à 7 jours), peuvent être retrouvé un syndrome interstitiel pulmonaire ou des signes cardiovasculaires (labilité tensionnelle, bradycardie). Les signes hémorragiques restent habituellement discrets (pétéchies, hémorragie conjonctivale, épistaxis minimes).
- Phase oligurique : après quelques jours à une semaine, une insuffisance rénale s’installe dans 57 % des cas. Elle est transitoire (2 à 6 jours), et ne nécessite que très rarement des séances de dialyse rénale.
- Elle est suivie par une phase polyurique.
La guérison se fait généralement sans séquelle, parfois après plusieurs semaines d’asthénie résiduelle. Le taux de létalité heureusement faible de l’ordre de 0,4%.
Prévention pour les voyageurs
- éviter tout contact avec les rongeurs vivants ou morts ;
- éviter de rentrer dans des bâtiments fermés et abandonnés qui se situent en forêt ou en bordure de forêt.
Source : Reporte Epidémiologico de Cordoba. 20 de marzo 2026. REC 3.044