Viêt Nam : l'épidémie saisonnière de syndrome pied-main-bouche est particulièrement marquée

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Le Viêt Nam a recensé 25 094 cas de syndrome main-pied-bouche (SPMB) et quatre décès à l’échelle nationale au cours du premier trimestre 2026. La région sud du pays a enregistré 18 031 cas (71,9 % du total national). L’épidémie actuelle représente une multiplication par cinq par rapport au premier trimestre 2025 (4 900 cas).

Les enfants de moins de dix ans représentaient 99,3 % des cas, dont 92,7 % concernaient les enfants de un à cinq ans, principalement parmi les enfants fréquentant les écoles maternelles et primaires. 

Hô-Chi-Minh-Ville a enregistré 858 nouveaux cas durant la semaine épidémiologique 12 (du 16 au 22 mars 2026), soit une augmentation de 66,9 % par rapport à la moyenne des quatre semaines précédentes, portant le total pour 2026 à 8 152 cas. Les zones à forte incidence à Hô-Chi-Minh-Ville (plus de 100 cas pour 100 000 habitants) comprenaient la zone spéciale de Côn Đảo, Long Điền et Long Hương.

Hanoï a signalé 187 nouveaux cas durant la semaine du 13 au 20 mars 2026, portant le nombre cumulé de cas à 1 090 et 22 foyers épidémiques identifiés depuis le début de l’année, dont cinq toujours actifs.

Au Viêt Nam, les cas de SPMB évoluent de manière biphasique avec deux pics d'amplification saisonnière de mars à mai et de septembre et décembre.

La transmission se concentre dans les centres urbains densément peuplés, où la forte densité de population et les secteurs institutionnels favorisent une propagation rapide parmi les enfants vulnérables. La transmission interhumaine est particulièrement efficace dans les crèches et les écoles maternelles, où les jeunes enfants ont des contacts étroits et fréquents et développent leurs bonnes pratiques d'hygiène. La concentration géographique de 71,9 % des cas nationaux dans le sud du Vietnam correspond aux schémas épidémiologiques établis, où les conditions climatiques créent un environnement propice à la transmission. Le rôle de Hô Chi Minh-Ville comme important nœud de transport, bénéficiant d'une connectivité régionale étendue, amplifie le risque de propagation interprovinciale, notamment en raison de la forte mobilité des familles durant cette période et des liens de la ville avec les provinces voisines.

On note une augmentation de la détection de l’entérovirus A71 (EV-A71), historiquement associé à une mortalité plus élevée et à des complications neurologiques (25% des cas testé à Hô-Chi-Minh-Ville.

Le SPMB peut être causée par plusieurs sérotypes d'entérovirus, notamment le coxsackievirus (CV) A16 (CV-A16) et l'entérovirus A71 (EV-A71). Le virus se transmet principalement par voie oro-fécale et par inhalation de gouttelettes respiratoires, la transmission pouvant survenir par contact direct avec des sécrétions infectées, des surfaces contaminées et par contact interhumain dans des lieux publics fréquentés. Les personnes infectées peuvent transmettre le virus pendant des semaines après leur guérison par excrétion fécale, ce qui facilite une propagation rapide au sein de l'établissement.

Source : Beaconbio

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