Le point sur les cas de myase à lucilie bouchère ou Cochliomyia hominivorax au Mexique
Au Mexique, au 2 juin 2026, le Service national de santé, de sécurité et de qualité agroalimentaires (Senasica) a recensé 2094 cas animaux actifs de myase à Cochliomyia hominivorax toutes espèces confondues. Ces cas concernent au moins 11 espèces, dont les bovins (990 cas actifs), les canidés (721), les porcins (136) et les équidés (123). La dynamique des réservoirs multi-hôtes complique fortement le confinement : les canidés (721 cas actifs) peuvent servir d'hôtes relais en milieu périurbain et urbain, contribuant au maintien des populations de mouches dans les zones à faible densité de bétail. Ce mode de transmission inter-espèces explique la propagation du virus en milieu urbain
A la fin mai 2026, on avait enregistré 371 cas humains cumulés et deux décès dans 21 États depuis le premier cas confirmé au Chiapas en avril 2025. Le Chiapas compte le plus grand nombre de cas (134), suivi du Veracruz (64), du Yucatán (33), de l'Oaxaca (26) et du Guerrero (23).
Le premier cas humain à Mexico a été confirmé durant la semaine du 3 au 9 mai 2026, portant le total à cinq cas actifs dans la capitale (deux cas humains dans l'arrondissement de Tlalpan et trois cas canins répartis entre les arrondissements de Tlalpan, Álvaro Obregón et Xochimilco). La capitale n'avait signalé aucun cas depuis plusieurs mois.
Un cas humain a été confirmé dans l'État de Jalisco : un homme diabétique et immunodéprimé, originaire de la municipalité de Pihuamo, a été hospitalisé à Colima après avoir été infecté par des larves au niveau d'une plaie à la jambe gauche.
La répartition géographique des cas humains dans 21 États, combinée à la concentration des cas animaux à Veracruz (255), Puebla (225), Oaxaca (216) et Tamaulipas (171), indique que le front de l'épidémie s'est considérablement déplacé vers le nord et l'intérieur des terres depuis son épicentre initial situé au sud.
La progression géographique vers le nord de C. hominivorax, du Chiapas à Mexico et au Nuevo León, constitue un problème de santé publique et vétérinaire, démontrant la capacité de cette mouche à s'établir dans des habitats variés. C. hominivorax se développe de façon optimale à des températures de 25 à 30 °C. L'altitude de Mexico (environ 2 240 mètres) et ses températures plus fraîches étaient auparavant considérées comme un obstacle naturel à son implantation. Cependant, les mois de mars à mai sont les plus chauds (25 à 27 °C), ce qui fait coïncider la détection actuelle de cas avec des températures plus clémentes, propices à l'activité et à la reproduction de la mouche.
Le rôle de Mexico en tant que plaque tournante majeure du transit international, combiné à l'organisation imminente de matchs de la Coupe du monde de la FIFA (Mexico et Jalisco sont toutes deux des villes hôtes de la Coupe du monde), rend important le dépistage clinique des cas parmi les voyageurs en provenance de ces régions.
Source : beacon.bio