Inde : alerte au virus Chandipura dans l'Etat du Gujarat
En Inde, selon des médias locaux citant les autorités sanitaires, 32 cas suspects de virus Chandipura (CHPV) ont été signalés dans l'État du Gujarat.
Les résultats des analyses étaient disponibles pour 23 de ces 32 cas. Parmi eux, sept se sont révélés positifs au CHPV et seize négatifs. Les résultats des neuf autres cas suspects étaient en attente. Tous les cas confirmés concernaient des enfants de moins de 10 ans. Sur les sept cas confirmés, trois patients sont décédés et quatre sont toujours sous assistance respiratoire.
Le cas suspect le plus récent concernait un enfant de deux ans originaire du taluka de Meghraj, dans le district d'Aravalli, qui a été transféré dans un hôpital de niveau supérieur pour y être soigné.
Le 14 juillet 2026, la section du Gujarat de l'Association médicale indienne a publié un avis médical recommandant aux pédiatres et aux professionnels de santé des petits établissements de santé de rester vigilants et d'orienter rapidement les cas suspects vers des hôpitaux équipés d'oxygène et de respirateurs. Les autorités sanitaires du Gujarat ont intensifié la surveillance, la sensibilisation du public et les activités de lutte antivectorielle dans les zones nouvellement touchées, notamment par pulvérisation, nébulisation, poudrage et désinfection. Des médicaments essentiels et du matériel médical ont été distribués aux établissements de santé.
Rappels sur le virus Chandipura (Lodha L et al. handipura virus: A comprehensive review. Infectious Diseases Now. 55 (2025) 105179)
Le virus Chandipura (CHPV) est un pathogène zoonotique émergent qui représente un problème de santé publique majeur, notamment dans le sous-continent indien. Ce virus a été identifié pour la première fois en 1965 lors d'une épidémie fébrile de type dengue dans le village de Chandipur, dans l'État du Maharashtra, en Inde. Il a ensuite été isolé à partir du sang de deux enfants fébriles et classé ultérieurement dans la famille des Rhabdoviridae, genre Vesiculovirus. Les infections à CHPV sont caractérisées par une encéphalite aiguë potentiellement mortelle, touchant particulièrement les enfants de moins de 15 ans, avec un taux de létalité (TL) de 57 % à 70 % observé lors des épidémies.
Après sa découverte, le CHPV a suscité l'inquiétude en raison de ses propriétés neurotropes et de sa progression clinique rapide, pouvant entraîner la mort en quelques heures. Les épidémies ont principalement été signalées dans des États indiens tels que l'Andhra Pradesh, le Gujarat et le Maharashtra, avec des détections sporadiques dans d'autres régions, ce qui indique une aire de répartition géographique plus étendue qu'initialement envisagé. La transmission du CHPV se ferait vraisemblablement par l'intermédiaire des phlébotomes (Phlebotomus spp.), bien que le rôle d'autres arthropodes vecteurs ne soit pas encore totalement exclu. Si aucun réservoir zoonotique à grande échelle n'a été formellement identifié, la présence d'anticorps anti-CHPV chez les animaux domestiques et les vertébrés sauvages suggère l'existence de cycles sylvatiques.
L'infection par le CHPV chez l'humain se caractérise par l'apparition soudaine de fièvre, de vomissements et d'une altération de l'état de conscience, évoluant rapidement vers le coma et le décès dans les cas les plus graves. L'absence de traitement antiviral spécifique ou de vaccin homologué aggrave la menace que représente le CHPV, en particulier dans les contextes aux ressources limitées. Compte tenu de la propension du virus à provoquer des épidémies rapides et mortelles et de sa transmission vectorielle présumée, le CHPV demeure une menace persistante dans les régions tropicales. Cette revue vise à mettre en lumière la virologie, l'épidémiologie, les manifestations cliniques et les stratégies de lutte contre le CHPV, en insistant sur le dépistage précoce, la lutte antivectorielle et le développement de mesures prophylactiques pour endiguer les futures épidémies.
Source : Beacon