Le vaccin contre le zona bien toléré

Publié le 1 mai 2012 à 18h16

Biographie

- Enseignant attaché à la faculté de Bordeaux 2.
- Rédacteur adjoint revue Médecine Tropicale.
- Membre de la SNFMI.
- Représentant la médecine interne française auprès de la fédération européenne de médecine interne (EFIM).

Liens d'intérêt


- Consultant auprès des laboratoires Jansen, activité ponctuellement rémunérée.
- Organisateurs de différentes réunions médicales (GSK, Pfizer, Actélion, Binding).
- Coorganisateur congrès SNFMI Paris 2011.
- Participations financières dans le capital d’une entreprise : aucune.
- Participations à des essaies thérapeutiques sur les vaccins : aucune.
- Déclaration établie le 12/09/2011.

La varicelle est une maladie virale éruptive très contagieuse provoquée par un virus appelé "VZV" (pour Varicelle-Zona Virus). Lors de la guérison de la varicelle, le VZV n'est pas totalement éliminé. Il persiste pour le restant de la vie de la personne infectée à l'état latent dans les ganglions nerveux. Il se réactive à l'âge adulte dans près de 20 % des cas, à l'occasion d'une immunodépression ou d'un âge avancé. Sa réactivation se manifeste sous la forme du zona, caractérisé par l'apparition de vésicules très douloureuses et limitées à un territoire bien défini. Le zona est donc une maladie neurologique à expression cutanée, qui peut se compliquer de surinfections cutanées ou de séquelles douloureuses (douleurs dites "neuropathiques"). Son poids épidémiologique a été longtemps sous-estimé. Depuis 2004, le zona fait l'objet d'une surveillance épidémiologique par le réseau Sentinelles de l'Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale). Ce sont 235.000 nouveaux cas de zona qui surviennent chaque année en France, dont 7 % de zonas ophtalmiques, avec un âge médian de survenue de 58 ans. Le zona est responsable de douleurs importantes à la phase aiguë. Ces douleurs persistent par la suite (douleurs post-zostériennes) pendant un mois (30 % des cas),  deux mois (18 %) voire plus de trois mois (12,5 %). La fréquence de ces douleurs invalidantes augmente avec l'âge.

Le vaccin contre le zona est un vaccin vivant atténué. Il contient la même souche de VZV atténuée que le vaccin contre la varicelle (souche OKA) mais en quantité beaucoup plus importante, condition nécessaire pour susciter une réponse immunitaire protectrice, notamment chez les personnes âgées. Des études ont montré que ce vaccin réduit fortement le risque de zona. Lorsqu'un zona survient malgré la vaccination, la durée de la maladie et la sévérité de la douleur sont significativement diminués. En France, le seul vaccin disponible contre le zona est le ZOSTAVAX®.

Les résultats d'une étude concernant la sécurité de l'utilisation d'un vaccin anti-VZV contre le zona ont été publiés récemment dans le Journal of Internal Medicine. Les auteurs ont surveillé les effets indésirables survenant après la vaccination contre le zona de 193.083 adultes âgés de plus de 50 ans. Les patients ont bénéficié d'un programme de surveillance concernant tous les effets indésirables, graves ou non, en relation possible avec la vaccination. Il ressort des résultats qu'aucun événement indésirable grave n'a été mis en évidence chez les personnes vaccinées. Les effets rapportés étaient les réactions cutanées au point d'injection, survenant dans les 7 jours suivant la vaccination. Les autorités américaines (Food and drug administration, FDA) ont recommandé l'utilisation du vaccin chez les personnes âgées de 50 ans et plus. En France, Le Conseil supérieur d'hygiène publique de France (CSHPF) (avis du 22 septembre et du 5 décembre 2006) n'a pas recommandé, en l'état actuel des connaissances, la vaccination large par le vaccin contre le zona. Cette position devait être reconsidérée dès l'obtention de données sur son efficacité à long terme et sur l'intérêt d'un éventuel rappel vaccinal (guide des vaccinations 2012).

Source : Journal of Internal Medicine, Volume 271, Issue 5, May 2012. Safety of zoster vaccine in adults from a large managed-care cohort: a Vaccine Safety Datalink study.