L’abandon du thiomersal pour la conservation des vaccins fait débat aux Etats-Unis

Publié le 11 fév. 2013 à 20h48

Biographie

MD, PhD, ancien directeur scientifique de l’Institut de recherche biomédicale des armées (IRBA), Brétigny sur Orge, France.

Habilitation à diriger les recherches.

Enseignant à l’Ecole du Val-de-Grâce, à l’université d’Aix-Marseille, à l’Institut de formation en soins infirmiers Saint Joseph, Marseille.

Expert auprès de Santé publique France, de la Haute autorité de santé (HAS) et du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (European Centre for Disease Prevention and Control (ECDC).

Membre du Comité de protection des personnes (CPP) Sud-Ouest et Outre-mer II.

Liens d'intérêt

Absence de lien avec l’industrie pharmaceutique.

Aucune participation à des études cliniques de médicaments ou vaccins.

Déclaration établie le 2 janvier 2012, mise à jour le 21 septembre 2021.

Le thiomersal (ou thimérosal) est un composé utilisé par l’industrie des vaccins pour assurer la conservation de vaccins présentés en format multi-doses. Il contient un composé mercuriel, l’éthylmercure, que l’on a soupçonné d’avoir des effets toxiques, en particulier neurologiques et rénaux. Ces soupçons se basent sur les données disponibles pour un autre composé mercuriel, le méthylmercure, alors qu’aucune étude n’a encore pu conclure à une toxicité propre de l’éthylmercure, en tout cas aux doses où il est présent dans les vaccins. Par précaution, et suivant un mouvement engagé aux Etats-Unis, plusieurs pays, dont la France, et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ont demandé aux fabricants de vaccins de retirer le thiomersal de tous leurs produits, en particulier ceux destinés à un usage pédiatrique. Cette demande a toutefois été formulée du bout des lèvres, car dans un même temps, les pays et institutions qui demandaient ce retrait reconnaissaient l’absence de données disponibles sur la toxicité du produit, et surtout son intérêt dans la production de vaccins moins coûteux, plus faciles à acheminer et conserver, et donc plus adaptés pour des campagnes de vaccination de grande ampleur.

Dans un article qui vient d’être publié dans Pediatrics, des auteurs américains reviennent sur ce constat. Ils avancent que la décision d’abandon du thiomersal, prise dans les années 1990, ne serait plus prise aujourd’hui au vu des données actuelles, et ils se disent favorables au maintien du thiomersal dans les vaccins destinés à des vaccinations de masse.

Il faut noter cependant qu'en France, un seul vaccin commercialisé actuellement contient du thiomersal (vaccin SPIROLEPT, contre la leptospirose).

Sources : Le thiomersal, fiche AFSSAPS, octobre 2009 - Les effets des métaux lourds sur l'environnement et la santé, Rapport d'information n° 261 (2000-2001) de M. Gérard MIQUEL, http://www.senat.fr/rap/l00-261/l00-261162.html - WA Orenstein et coll., Global vaccination recommendations and thimerosal, Pediatrics, 131, 149-151, 2013.