Le vaccin anti-papillomavirus pourrait prévenir certains cancers de l’oro-pharynx

Publié le 11 déc. 2014 à 20h54

Biographie

MD, PhD, ancien directeur scientifique de l’Institut de recherche biomédicale des armées (IRBA), Brétigny sur Orge, France.

Habilitation à diriger les recherches.

Enseignant à l’Ecole du Val-de-Grâce, à l’université d’Aix-Marseille, à l’Institut de formation en soins infirmiers Saint Joseph, Marseille.

Expert auprès de Santé publique France, de la Haute autorité de santé (HAS) et du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (European Centre for Disease Prevention and Control (ECDC).

Membre du Comité de protection des personnes (CPP) Sud-Ouest et Outre-mer II.

Liens d'intérêt

Absence de lien avec l’industrie pharmaceutique.

Aucune participation à des études cliniques de médicaments ou vaccins.

Déclaration établie le 2 janvier 2012, mise à jour le 21 septembre 2021.

On sait les papillomavirus humains (ou HPV, pour human papillomavirus) responsables de cancers génitaux, en particulier celui du col de l'utérus chez la femme. Pour cette raison, la vaccination anti-HPV est recommandée en priorité, dans la plupart des pays, pour les jeunes filles à partir de l'âge de 9 ou 11 ans, avant les premiers rapports sexuels susceptibles de transmettre un virus. Cependant, dans les deux sexes, les HPV sont responsables des condylomes acuminés. On les trouve également associés à des pathologies multiples, bénignes ou malignes, telles que certains cancers ano-génitaux (anus, vulve, pénis).

On soupçonne également les HPV, et particulièrement le HPV 16, d'être responsables de certains cancers de la tête et du cou, dont les cancers de la bouche et de l'oropharynx qui ne sont pas liés à l'alcoolisme ou au tabagisme. Plusieurs études ont mis en évidence la présence de virus au niveau des lésions, sans toutefois démontrer leur responsabilité. L'étude publiée par C. Ndiaye et coll. dans Lancet Oncology apporte de nouveaux éléments. Il s'agit d'une méta-analyse des travaux réalisés partout dans le monde qui ont recherché la présence de HPV dans les tissus cancéreux prélevés à l'occasion de biopsies, et qui ont également comporté la mise en évidence de marqueurs de l'activité oncogène du virus et donc de son rôle possible dans le déclenchement du cancer. Ces marqueurs sont l'ARN messager viral E6/E7 et la protéine cellulaire p16INK4a, tous deux reconnus comme des indicateurs d'un processus de transformation cellulaire induit par le virus. Au total, 148 études correspondant à 12 163 cas de cancers de la tête et du cou observés dans 44 pays ont été analysées. Ce travail a mis en évidence la présence d'un HPV dans 31 % des cancers, et il s'agissait de HPV 16 dans 82,2 % de ces cancers. D'autre part, les marqueurs ARNm E6/E7 et p16INK4a étaient présents dans 86,9 et 86,7 % des lésions infectées, respectivement. Globalement, près de 40 % des cancers de la tête et du cou analysés dans ces études (avec d'importantes variations selon la localisation) pourraient donc avoir une origine virale. Ils pourraient être en grande partie prévenus grâce aux vaccins disponibles, puisque ceux-ci protègent en particulier contre le HPV 16.

Référence