Cas mortel de mélioidose au retour de Martinique Médecine des voyages

Publié le 3 déc. 2010 à 14h04

Biographie

- Professeur agrégé enseignant à l'École du Val-de-Grâce et à l'Université de Bordeaux.

Liens d'intérêt

- Aucune perception de rémunération ou de tout autre avantage de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.
- Aucune rémunération ou avantages reçus de l'industrie pharmaceutique.
- Déclaration mise à jour le 26 août 2020.

Un touriste suisse surfeur de 35 ans, de retour de Martinique, est décédé en Suisse le 27 novembre 2010 d'une mélioïdose fulminante. Cette personne avait séjourné auparavant dans le bourg du Vauclin, situé dans le sud-est de l'île. Surfant sur différents spots et s'égratignant les jambes de nombreuses fois, il avait également traversé  des zones récemment inondées pour atteindre ces spots. Il a présenté une fièvre, des céphalées et des lombalgies. Malgré l'administration d'antibiotiques, la symptomatologie clinique évoluait rapidement vers une pneumonie sévère puis vers un choc septique mortel.

La mélioïdose est une zoonose (maladie animale transmissible à l'homme) bactérienne tropicale due à un bacille tellurique (c'est-à-dire présent dans le sol), Burkholderia pseudomallei. Cette bactérie invasive est transmise à l'homme par voie aérienne ou cutanée, plus rarement digestive. La voie cutanée est la plus fréquente : la bactérie présente dans les eaux ou les boues des sols contaminés pénètre la peau, notamment lorsque celle-ci  est lésée.

La mélioïdose a été décrite en 1912 par Whitmore en Birmanie (Myanmar) ; elle est particulièrement fréquente en Asie et dans le Nord de l'Australie (première cause de septicémie à Darwin). Cette infection sévère s'exprime cliniquement de manière très polymorphe, depuis des formes localisées jusqu’à la forme septicémique fatale. La tendance aux rechutes et aux récurrences est une de ses caractéristiques. Cette maladie émergente est en voie de dissémination. Le tsunami de décembre 2004 lui a conféré un regain d’actualité. Le premier cas confirmé de mélioïdose en Martinique date de 1995. Un second cas a été confirmé en Guadeloupe en 1997.

Source : France-Antilles, Hôpitaux universitaires de Genève,