Haut conseil de la santé publique : avis relatif à la mise en œuvre du règlement sanitaire international (RSI) Médecine des voyages

Publié le 28 déc. 2010 à 10h28

Biographie

- Assistant de biologie médicale et au service des urgences de l'HIA Bégin, à Saint-Mandé
- Spécialiste des envenimations, auteur de plusieurs publications scientifiques sur ce sujet, et co-auteur du livre intitulé "aspects cliniques et thérapeutiques des envenimations graves" (Urgence Pratique publications).

Liens d'intérêt

- Aucune rémunération de l’industrie pharmaceutique
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins
- Déclaration mise à jour le 31/08/2014

Après consultation du Comité des maladies liées aux voyages et des maladies d’importation, le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) a rendu le 29 octobre 2010 un avis relatif à la mise en œuvre du règlement sanitaire international (RSI), identifiant et évaluant les menaces de santé publique qui pourraient se propager par les moyens de transport ou leurs passagers, notamment dans les champs suivants :

  • maladies transmissibles et leurs agents dont zoonoses et maladies vectorielles ;
  • contamination de produits importés d’origine naturelle ou anthropique.

Le HCSP présente sous forme de tableaux ces différentes menaces pour lesquelles il n’existe pas de cycle de transmission avérée sur le territoire métropolitain :

  • en évaluant la gravité clinique de la pathologie induite, le risque de transmission à l’homme, la probabilité de survenue ;
  • et en proposant des mesures à prendre en regard de ces menaces.

De plus, le HCSP rappelle les définitions et principes suivants :

  • La prévention et la lutte ciblée et en temps utile contre ces pathologies et leurs vecteurs est fondée sur une surveillance humaine et vectorielle.
  • Un risque de santé publique existe dès lors qu’il y a transmission interhumaine secondaire et installation d’un cycle de transmission locale.
  • Tout voyageur infecté peut introduire un agent pathogène et être à l’origine de la transmission de la maladie s’il est en contact avec un vecteur compétent présent sur le territoire (cf. disposition anti-dissémination de la dengue et du chikungunya en métropole).
  • Le personnel de bord (aéronefs, bateaux) :  
    - doit signaler tout événement sanitaire survenant à bord ;  
    - le commandant de bord doit transmettre au centre de santé de la « porte d’entrée », avant la descente des passagers, le nombre de personnes concernées et la description des symptômes afin de permettre aux autorités la mise en place de mesures de prise en charge ad hoc au point d’entrée ;  
    - doit appliquer les précautions standard et proposer le port de masques anti-projections aux passagers malades ;  
    - doit faciliter à bord la distribution et le recueil de fiches de traçabilité des passagers ou des contacts par le personnel de santé au point d’entrée.
  • Le personnel au sol doit appliquer les précautions standard et avoir recours au port de masques de protection.
  • La coordination entre les différents services concernés est nécessaire.
  • Une enquête autour du ou des cas doit être réalisée afin d’identifier le mode d’importation et de contamination.

Au total, le HCSP tient à souligner que la variabilité d’expression des maladies, allant parfois jusqu’au mode asymptomatique, et l’incertitude de désinsectisation complète des moyens de transport rendent difficile l’identification du risque au point d’entrée. En revanche, la notification rapide du premier cas est cruciale pour mettre en place les moyens de contrôle.

Source : Haut Conseil de la santé publique.