Nouveau foyer de Monkeypox (virus de la « variole du singe ») en République Centrafricaine Médecine des voyages

Publié le 25 sept. 2016 à 13h44

Biographie

Médecin retraité, spécialisé en médecine des voyages. Membre de la Société de médecine des voyages (depuis 2000) Formateur en vaccinologie et médecine des voyages (depuis 2000)

Liens d'intérêt

Absence de lien d’intérêt avec les firmes pharmaceutiques

En République Centrafricaine, en août 2016, les autorités sanitaires ont notifié 14 cas de monkeypox, dont un décès dans 4 villages de la sous-préfecture de Mingala dans la préfecture de Basse-Kotto.

Selon les autorités de santé, certains patients sont traités au poste de santé, tandis que d' autres sont renvoyés à l'hôpital du district de Alindao.

Certaines sources locales, non confirmées rapportent 10 décès dus à une cause inconnue dans les mêmes villages.

La maladie a été détectée pour la première fois chez l'homme en 1970 en République Démocratique du Congo (Ex Zaïre). Il s'agit de la troisième épidémie en République Centrafricaine (dans la préfecture de la Mbomou en 2001, et dans la préfecture de la Haute Kotto en 2010). L'étude de l'arbre phylogénétique a montré que la souche de 2010 était identique aux souches de la République Démocratique du Congo et à celle associés à l'épidémie de 2001 chez une famille bantoue vivant à la frontière entre la République Centrafricaine et de la République Démocratique du Congo, à environ 480 km des cas de 2010.

Monkeypox  est une zoonose virale avec des symptômes chez les humains semblables à ceux observés dans le passé avec la variole. La maladie survient de façon sporadique dans certaines parties de l'Afrique Centrale.

Le virus Monkeypox est un membre du genre Orthopoxvirus dans la famille des Poxviridae. Les singes ne sont pas les réservoirs du virus. Les principaux réservoirs suspects sont des rongeurs, comme les écureuils (Funisciurus sp. un rongeur arboricole), et des rongeurs terrestres (genres Cricetomys et Graphiurus).

L'infection résulte d'un contact direct avec le sang, les fluides corporels, ou des éruptions cutanées d'animaux infectés (manipulation de macaques infectés, ou de rongeurs).

La transmission secondaire d'humain à humain, résulte d'un contact étroit avec les excrétions des voies respiratoires infectées, avec les lésions de la peau d'une personne infectée ou avec des objets contaminés récemment.

Après une période d'incubation de 6 à 16 jours, la période de l'invasion (0-5 jours), est caractérisée par de la fièvre, des maux de tête intenses, une lymphadénopathie (gonflement des ganglions lymphatiques), des douleurs musculaires. Puis survient une éruption cutanée sur le visage (dans 95% des cas), sur les paumes des mains et la plante des pieds (75%) et presque simultanément sur le corps. L'éruption se manifeste par des maculopapules (lésions avec un fond plat), puis des vésicules (petites cloques remplies de liquide), et des pustules, suivies par des croûtes. Les symptômes de la variole du singe durent habituellement de 14 à 21 jours.

source : Promed.