Vaccins contre les papillomavirus : fin de la recommandation préférentielle du Gardasil®

Publié le 25 jan. 2011 à 15h02

Il existe actuellement deux vaccins commercialisés en France et capables de protéger contre les infections à papillomavirus humains (ou HPV, pour "Human PapillomaVirus"). Le vaccin Cervarix®, commercialisé par le laboratoire GSK, est un vaccin bivalent qui confère une protection contre les HPV de types 16 et 18 ; ces deux types sont les plus fréquemment en cause dans les cancers du col de l'utérus. Le vaccin Gardasil®, commercialisé par le laboratoire Sanofi Pasteur MSD, est un vaccin quadrivalent, qui confère une protection contre les HPV de types 16 et 18, mais aussi contre les types 6 et 11, qui sont à l'origine de verrues génitales externes. Dans un précédent avis daté du 14 décembre 2007, le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) recommandait l'utilisation préférentielle du vaccin Gardasil, notamment pour sa capacité à protéger contre un éventail plus étendu d'infections à HPV et en raison de l'insuffisance des données concernant la tolérance à long terme de l'adjuvant AS04.

Dans un avis daté du 17 décembre 2010 et mis en ligne le 25 janvier 2011, le Haut Conseil de la santé publique (HCSP), après examen des dernières études concernant d’une part la distribution des génotypes des HPV dans les cancers invasifs en Europe, et d’autre part les nouvelles données sur les deux vaccins disponibles, considère qu’il n’y a plus lieu de recommander une vaccination préférentielle par le vaccin quadrivalent (c'est-à-dire le Gardasil®) par rapport au vaccin bivalent (Cervarix®). En effet, l'avantage du vaccin Gardasil® (prévention des verrues génitales) est contrebalancé par un avantage du Cervarix® sur la prévention de certains cancers du col.

Le HCSP rappelle que toute vaccination initiée avec l’un des deux vaccins doit être menée à son terme avec le même vaccin. Il constate que la couverture vaccinale des jeunes filles de 14 ans reste insuffisante à ce jour et souhaite que tous les moyens organisationnels et logistiques soient mis en oeuvre pour l’améliorer. A ce sujet, le Comité technique des vaccinations note que les pays européens ayant obtenu une couverture vaccinale égale ou supérieure à 80 % (Royaume Uni, Portugal) ont mis en place la vaccination dans les structures de soins publiques ou en milieu scolaire. Enfin, la vaccination ne peut se substituer à l’organisation du dépistage des lésions cancéreuses et pré cancéreuses du col de l’utérus dès l’âge de 25 ans, y compris pour les jeunes femmes vaccinées. Deux nouveaux avis du 21 janvier 2011 définissent les mentions minimales obligatoires pour la publicité des vaccins Gardasil® et Cervarix®.

Source : Haut Conseil de la santé publique.