Ebola
Au 7 août 2026, une importante épidémie d’Ebola due au virus Bundibugyo est toujours active en République démocratique du Congo (RDC). L’OMS la considère comme une urgence de santé publique de portée internationale depuis le 17 mai 2026.
À ce jour, aucun vaccin n’est homologué spécifiquement contre la maladie à virus Bundibugyo.
Présentation
Virologie – agent pathogène
Les maladies à virus Ebola sont provoquées par des virus appartenant au genre Orthoebolavirus, de la famille des Filoviridae et de l’ordre des Mononegavirales. Ce sont des virus enveloppés à ARN simple brin de polarité négative.
Plusieurs orthoebolavirus peuvent infecter l’être humain. Les principales flambées de maladie à virus Ebola ont été causées par trois virus : le virus Ebola (EBOV), le virus Soudan (SUDV) et le virus Bundibugyo (BDBV). Le virus de la forêt de Taï (TAFV) a également été associé à un cas humain, tandis que le virus Reston (RESTV) n’a jusqu’à présent pas été associé à une maladie clinique significative chez l’être humain.
Le réservoir naturel précis des orthoebolavirus n’est pas définitivement établi. Les chauves-souris frugivores sont toutefois considérées comme des hôtes naturels probables ou suspectés pour plusieurs de ces virus. La transmission initiale à l’être humain peut survenir après un contact avec des animaux sauvages infectés ou leurs liquides biologiques.
Généralités
Les maladies à virus Ebola sont des maladies graves, souvent mortelles chez l’être humain.
Le virus se transmet à l’homme à partir des animaux sauvages et se propage ensuite dans les populations par transmission interhumaine. Une personne peut être infectée lors d'un contact avec le sang, un liquide biologique ou les sécrétions (selles, urine, salive, sperme) d'un malade : le virus peut alors franchir la peau en cas de lésion cutanée ou une muqueuse sans lésion (bouche, œil ou organes génitaux).
La létalité moyenne (proportion de décès parmi les cas) est d’environ 50 %. Au cours des flambées précédentes, les taux ont varié de 25 % à 90 %.
Les premières flambées de maladie à virus Ebola sont survenues dans des villages isolés d’Afrique centrale, à proximité de forêts tropicales, mais la flambée qui a sévi en 2014-2016 en Afrique de l’Ouest a touché de grands centres urbains aussi bien que des zones rurales.
La participation de la communauté est essentielle pour juguler les flambées. Pour être efficace, la lutte doit se fonder sur un ensemble d’interventions : prise en charge des cas, mesures de prévention et de contrôle des infections, surveillance et recherche des contacts, services de laboratoire de qualité, inhumations sûres et dignes et mobilisation sociale.
Les soins de soutien précoces et intensifs, notamment la réhydratation et le traitement des symptômes et des complications, améliorent les chances de survie. Pour la maladie à virus Ebola causée par le virus Ebola (EBOV), des traitements spécifiques par anticorps monoclonaux sont désormais disponibles. L’Organisation mondiale de la santé recommande notamment le mAb114 (ansuvimab) et le REGN-EB3 (Inmazeb). En revanche, il n’existe actuellement pas de traitement spécifique homologué pour les maladies causées par d’autres orthoebolavirus, notamment les virus Soudan et Bundibugyo ; plusieurs traitements candidats sont en cours d’évaluation.
Des vaccins homologués existent également contre la maladie causée par le virus Ebola (EBOV). Le vaccin Ervebo, administré en une dose, est notamment recommandé par l’OMS dans le cadre de la riposte aux flambées dues à ce virus. En revanche, aucun vaccin n’est actuellement homologué contre les maladies causées par les virus Soudan ou Bundibugyo. Plusieurs vaccins candidats sont en cours de développement et d’évaluation.
Références : Organisation mondiale de la santé (OMS) ; International Committee on Taxonomy of Viruses (ICTV).
Les recommandations vaccinales
Il existe aujourd’hui un vaccin homologué et préqualifié par l’Organisation mondiale de la santé contre la maladie à virus Ebola causée par le virus Ebola (EBOV, anciennement appelé virus Ebola Zaïre) : le vaccin Ervebo.
Ervebo est un vaccin vivant recombinant administré en une dose. Son efficacité a notamment été démontrée lors d’un essai de vaccination en anneau conduit en Guinée en 2015 pendant l’épidémie d’Afrique de l’Ouest. Dans cet essai, aucun cas de maladie à virus Ebola n’a été observé au moins 10 jours après la vaccination immédiate parmi les personnes vaccinées, alors que des cas sont survenus dans les groupes dont la vaccination avait été différée. Ces résultats ont constitué une étape majeure dans le développement du vaccin.
Le vaccin Ervebo est aujourd’hui utilisé notamment dans le cadre des ripostes aux flambées dues à EBOV. Les stratégies recommandées peuvent inclure la vaccination en anneau des contacts et des contacts de contacts d’un cas confirmé ou probable, ainsi que la vaccination ciblée des professionnels de santé et des autres personnes exposées à un risque élevé.
Cas particulier du virus Bundibugyo
Ervebo est homologué contre la maladie provoquée par EBOV, et non contre la maladie provoquée par le virus Bundibugyo (BDBV).
À ce jour, aucun vaccin n’est homologué spécifiquement contre la maladie à virus Bundibugyo. Dans le contexte de l’épidémie de 2026, l’OMS a examiné les données disponibles sur une éventuelle protection croisée d’Ervebo contre BDBV. Certaines données expérimentales suggèrent une possible réponse immunitaire croisée, mais elles sont insuffisantes pour établir son efficacité contre ce virus.
L’OMS ne recommande donc pas actuellement l’utilisation d’Ervebo comme vaccin de routine pour lutter contre les flambées dues à BDBV en dehors de protocoles de recherche contrôlés. Plusieurs vaccins candidats spécifiques de BDBV, ou visant une protection plus large contre plusieurs orthoebolavirus, sont en cours de développement et d’évaluation.
En l’absence de vaccin homologué contre BDBV, la lutte contre les flambées repose principalement sur la détection et l’isolement rapides des cas, la prise en charge clinique et les soins de soutien, la prévention et le contrôle des infections, la surveillance et le suivi des contacts, les analyses de laboratoire, les inhumations sécurisées et dignes et l’implication des communautés.
Recommandations en France
En France, Ervebo dispose d’une autorisation de mise sur le marché pour la prévention de la maladie à virus Ebola causée par EBOV.
La Haute Autorité de santé (HAS) recommande que son utilisation soit envisagée en particulier pour :
- les professionnels se rendant dans une zone où circule EBOV, selon le niveau d’exposition attendu ;
- certains professionnels des établissements de santé susceptibles de prendre en charge un cas de maladie à virus Ebola en France, notamment lorsqu’ils peuvent être directement exposés au patient ou à ses liquides biologiques ;
- certaines situations d’exposition professionnelle à des liquides biologiques potentiellement contaminés ;
- certaines situations de vaccination post-exposition ou de vaccination des contacts lorsqu’un cas d’Ebola dû à EBOV est identifié sur le territoire.
La vaccination ne se substitue jamais aux mesures de protection et de prévention des infections. Les professionnels susceptibles d’être exposés doivent continuer à respecter strictement les mesures barrières, les équipements de protection individuelle et les procédures prévues pour la prise en charge des patients présentant un risque infectieux élevé.
Concernant l’épidémie à virus Bundibugyo en cours en 2026, les autorités sanitaires françaises indiquent qu’il n’existe actuellement ni vaccin ni traitement spécifique validé contre cette souche. Le risque d’introduction d’un cas en France est considéré comme faible à très faible, mais une vigilance renforcée des professionnels de santé est maintenue.
Références : Organisation mondiale de la santé (OMS), Haute Autorité de santé (HAS), ministère chargé de la Santé.
Les données épidémiologiques
Selon le dernier bilan détaillé de l’OMS, arrêté au 30 juillet 2026, la RDC comptait 3 605 cas confirmés et 1 587 décès, soit une létalité d’environ 44 %. L’épidémie touche désormais 49 zones de santé dans cinq provinces : Ituri, Nord-Kivu, Sud-Kivu, Haut-Uélé et Tshopo. L’Ituri concentre à lui seul environ 88 % des cas. Il s’agit désormais de la plus grande épidémie d’Ebola jamais enregistrée en RDC.
La situation reste préoccupante : lors de la dernière semaine complète rapportée par l’OMS, 567 nouveaux cas et 296 décès ont été enregistrés, les chiffres hebdomadaires les plus élevés depuis le début de l’épidémie. Parmi les difficultés figurent les déplacements de population, l’insécurité, les attaques contre les structures de santé et les problèmes de suivi des contacts. 151 professionnels de santé avaient également été infectés.
En revanche, l’Ouganda a déclaré la fin de sa transmission locale le 28 juillet, après 42 jours sans nouveau cas local. Il reste toutefois exposé à de nouvelles importations depuis la RDC. Un cas importé en France en juin a guéri, sans transmission secondaire détectée. Au total, l’OMS recensait 3 626 cas confirmés liés à cette flambée : 3 605 en RDC, 20 en Ouganda et un en France.
Références
- Actualité des risques infectieux en Afrique - 05/09/2021
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- Avis n° 2020.0035/AC/SEESP du 4 juin 2020 du collège de la Haute Autorité de santé relatif à la reprise des activités de vaccination dans le contexte de la levée des mesures de confinement dans le cadre de l'épidémie de COVID-19 - 04/06/2020
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- RCP Ervebo - 13/11/2019
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- Protocole d'utilisation du vaccin RVSV-ZEBOV contre la maladie à virus Ebola - Fiche CVE - 08/08/2019
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- Note d'information sur la vaccination contre la maladie à virus Ebola par le vaccin rVSV-ZEBOV - 08/08/2019
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- Groupe consultatif stratégique d'experts (SAGE) sur la vaccination - Recommandations provisoires sur la vaccination contre le virus d'Ebola (EVD) - 07/05/2019
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- Indication des interventions non pharmaceutiques pour limiter la diffusion des maladies transmissibles - 09/04/2019
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- Arrêté du 30 août 2018 autorisant l'utilisation d'un vaccin pour les professionnels se rendant dans une zone épidémique et les professionnels des établissements de santé susceptibles de prendre en charge un cas de maladie à virus Ebola en France - 30/08/2018
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- Avis du 29 juin et du 10 juillet 2018 relatif aux mesures préventives par la vaccination contre le virus Ebola des personnes susceptibles d'être en contact avec des patients à risque de transmission - 22/06/2018
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- Recommandations du groupe SAGE (OMS) sur l'utilisation des vaccins anti-Ebola - 02/06/2017
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