La maladie

La maladie à virus Ebola (autrefois appelée aussi fièvre hémorragique à virus Ebola) est une maladie grave, souvent mortelle chez l’homme.

Le virus se transmet à l’homme à partir des animaux sauvages et se propage ensuite dans les populations par transmission interhumaine. Une personne peut être infectée lors d'un contact avec le sang, un liquide biologique ou les sécrétions (selles, urine, salive, sperme) d'un malade : le virus peut alors franchir la peau en cas de lésion cutanée ou une muqueuse sans lésion (bouche, oeil ou organes génitaux).

Le taux de létalité (proportion de décès parmi les cas) moyen est d’environ 50 %. Au cours des flambées précédentes, les taux sont allés de 25 % à 90 %. 

Les premières flambées de maladie à virus Ebola sont survenues dans des villages isolés d’Afrique centrale, à proximité de forêts tropicales, mais la flambée qui a sévi en 2014-2016 en Afrique de l’Ouest a touché de grands centres urbains aussi bien que des zones rurales. 

La participation de la communauté est essentielle pour juguler les flambées. Pour être efficace, la lutte doit se fonder sur un ensemble d’interventions: prise en charge des cas, mesures de prévention des infections et de lutte, surveillance et recherche des contacts, services de laboratoire de qualité, inhumations sans risque et dans la dignité et mobilisation sociale. 

Les soins de soutien précoces axés sur la réhydratation et le traitement symptomatique améliorent les taux de survie. Aucun traitement homologué n’a pour l’instant démontré sa capacité à neutraliser le virus, mais plusieurs traitements (dérivés du sang, immunologiques ou médicamenteux) sont à l’étude.

Il existe un vaccin anti-Ebola expérimental protecteur (voir ci-dessous).

Référence : Organisation mondiale de la santé (OMS).

Les recommandations vaccinales

Informations sur le vaccin expérimental anti-Ebola rVSV-ZEBOV.

Ce vaccin s’est avéré très protecteur contre le virus Ebola dans le cadre d’un essai majeur en Guinée. 

Ce vaccin a été étudié dans le cadre d’un essai auquel 11.841 personnes ont participé en 2015. Sur les 5.837 personnes auxquelles le vaccin a été administré, aucun cas de maladie à virus Ebola n’a été enregistré 10 jours ou plus après la vaccination. En comparaison, il y a eu 23 cas dans le groupe témoin n’ayant pas eu le vaccin après 10 jours ou plus.

L’essai a été mené par l’OMS, avec le ministère guinéen de la Santé, Médecins sans frontières et l’Institut norvégien de santé publique, en collaboration avec d’autres partenaires internationaux. Un protocole de vaccination en anneau a été retenu pour l’essai, certains cercles étant vaccinés peu après la détection d’un cas et d’autres dans un délai de 3 semaines.

Recommandations françaises.

Ce vaccin ne dispose pas encore d'une autorisation de mise sur le marché, mais un arrêté du 30 août 2018 du ministère des solidarités et de la santé autorise à titre dérogatoire son utilisation pour les professionnels se rendant dans une zone épidémique et pour les professionnels des établissements de santé susceptibles de prendre en charge un cas de maladie à virus Ebola en France. 

En France, le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) a mis en ligne un avis le 3 août 2018 (avis du 29 juin et du 10 juillet 2018 relatif aux mesures préventives par la vaccination contre le virus Ebola des personnes susceptibles d’être en contact avec des patients à risque de transmission). Les recommandations du HCSP sont les suivantes.

1. Pour tous les professionnels se rendant dans la zone épidémique, en fonction du niveau d’exposition attendu après analyse avec les organisateurs des tâches futures :

  • en cas de risque professionnel élevé ou modéré : vaccination recommandée, à réaliser en France, au minimum 10 jours et préférentiellement 15 jours avant le déploiement sur zone ;
  • en cas de risque professionnel faible : informer et donner la possibilité d’être vaccinés après avoir évalué avec ces professionnels le risque (comportement personnel et de la population, fonctions exercées, taux d’attaque de l’infection) auquel ils seront exposés, en fonction des possibilités d’anticipation du niveau de risque. 

Ces recommandations sont à adapter selon l’intensité de l’épidémie et son niveau de maîtrise en population générale.

2. Pour les professionnels des établissements de santé susceptibles de prendre en charge un cas de maladie à virus Ebola en France (établissements de santé de référence), notamment ceux qui seraient en contact direct avec le patient ou leurs produits biologiques :

  • il n'est pas recommandé de recourir à une vaccination à titre systématique mais de la rendre accessible aux personnes qui souhaiteraient être vaccinées ; 
  • mettre en place une vaccination réactive, si un cas était rapatrié dans un établissement de santé de référence ; 
  • vacciner immédiatement après un accident d'exposition un sujet n'ayant pas été vacciné (post-exposition) ; 
  • organiser le système d’approvisionnement de vaccins pour garantir la possibilité de vacciner les personnes dans un délai de 24 heures après que la décision de vaccination a été prise.

3. Dans tous les cas, outre les rappels sur les modes de transmission et la dangerosité du virus Ebola, le HCSP recommande que la vaccination fasse l’objet :

  • d’une information claire et loyale sur le stade de développement du vaccin, l’efficacité vaccinale observée (niveau de protection et durée selon les connaissances actuelles), les possibles effets indésirables ; 
  • de compléments d’information sur la nécessité d’une observation stricte des mesures barrière indispensables à connaître et à maîtriser pour prévenir les contaminations, la vaccination ne dispensant pas de leur respect, et d’une déclaration de tout accident d’exposition ; 
  • de la mise en place par l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) d’un dispositif spécifique de recueil et de suivi renforcé des événements indésirables immédiats et retardés.