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Situation épidémiologique de la rougeole au Japon Médecine des voyages

Publié le 21 juin 2018 à 10h17

Biographie

Médecin retraité, spécialisé en médecine des voyages. Membre de la Société de médecine des voyages (depuis 2000) Formateur en vaccinologie et médecine des voyages (depuis 2000)

Liens d'intérêt

Absence de lien d’intérêt avec les firmes pharmaceutiques

Au Japon, le 16 mai 2018, le point focal national du règlement sanitaire international a notifié à l'Organisation mondiale de la santé une épidémie de rougeole en cours.

Le 20 mars 2018, un voyageur, de retour au japon, a été diagnostiqué rougeole dans la préfecture d'Okinawa, et d'autres cas de rougeole ont ensuite été notifiés dans toute la préfecture, puis dans d'autres préfectures.  

Compte tenu de la situation, les 11 et 26 avril 2018, le ministère de la Santé, du Travail et des Affaires sociales a diffusé deux avis d'alerte.  

Les notifications nationales et les rapports de nouveaux cas de rougeole dans la préfecture d'Okinawa ont diminué ces dernières semaines (la date du début du cas le plus récent était le 10 mai).  La préfecture d'Okinawa a officiellement déclaré l'épidémie le 11 juin, après que quatre semaines se soient écoulées depuis le dernier cas.  

Du 1er janvier au 20 mai 2018, 161 cas de rougeole ont été diagnostiqués, dont :

  • 145 cas (90 %) biologiquement confirmés ; (99 cas de rougeole et 46 cas de rougeole modifiée).  
  • 89 cas sont des hommes et 72 cas sont des femmes ;
  • l'âge médian est de 29 ans (extrêmes: 0-58 ans).  
  • pour 136 cas, la contamination semble autochtone ;
  • pour 12 cas il existe un antécédent escent de retour de voyage international
  • Pour 13 cas l'origine de la contamination est inconnue ;
  • 30 souches virales, prélevées sur les patients ont été génotypées :
    • 25 sont du génotype D8
    • 4 sont du génotype B3

Des cas de rougeole importée continuent de se produire au Japon. Le Japon a réussi à éliminer la transmission endémique de la rougeole et a maintenu ce statut depuis mars 2015 grâce à une couverture vaccinale élevée et à la détection rapide de tous les cas de rougeole.  En 2016, la couverture vaccinale était de 97 % pour la première dose à un an et de 93% pour la deuxième dose avant l'entrée à l'école primaire, soit à l'âge de cinq ans.  

Réponse de santé publique

  Les actions spécifiques mises en œuvre par les autorités sanitaires et les gouvernements locaux pour la situation en cours comprennent : 

  • des enquêtes épidémiologiques actives, suivi des contacts et suivi des contacts étroits pour tous les cas ; 
  • la communication des risques et la diffusion d'alertes aux professionnels de la santé, y compris l'importance de considérer la rougeole comme un diagnostic possible et la mise en œuvre de mesures appropriées de contrôle des infections en milieu médical ;
  • l'encouragement à la mise en œuvre appropriée de la vaccination de routine contre la rougeole et la vaccination de rattrapage pour ceux qui ont une faible immunité contre la rougeole. 

Rappels sur la rougeole.

La rougeole, maladie très contagieuse, reste une cause importante de décès chez les jeunes enfants dans le monde, en dépit de la disponibilité d'un vaccin efficace. Elle est causée par le virus de la rougeole, qui appartient au genre Morbillivirus, de la famille des Paramyxovirus. Le virus est transmis par contact direct et par l'air, infectant les muqueuses puis se propageant à tout l'organisme. La rougeole est une maladie strictement humaine, sans réservoir animal.

Bien que généralement bénigne, la rougeole peut occasionner de graves complications, telles que des encéphalites et des pneumonies, et peut dans de rares cas être mortelle en Europe (la mortalité étant beaucoup plus élevée en Afrique intertropicale). Une protection proche de 100 % est obtenue après deux doses d'un vaccin trivalent rougeole-oreillons-rubéole.

Le premier signe de l'infection par le virus de la rougeole est en général une forte fièvre, qui apparaît environ 10 à 12 jours après l'exposition et persiste 4 à 7 jours. Au cours de ce stade initial, le tableau peut comporter une rhinorrhée (nez qui coule), de la toux, des yeux rouges et larmoyants et de petits points blanchâtres sur la face interne des joues. L'éruption apparaît plusieurs jours plus tard, habituellement sur le visage et le haut du cou. En trois jours environ, elle progresse pour atteindre les mains et les pieds. Elle persiste 5 à 6 jours avant de disparaître. On l'observe en moyenne 14 jours après l'exposition au virus, dans un intervalle de 7 à 18 jours.

La plupart des décès sont dus aux complications de la maladie. Celles-ci sont plus fréquentes avant l'âge de 5 ans ou chez l'adulte de plus de 20 ans. Parmi les complications les plus graves, on observe des cécités, des encéphalites, des diarrhées importantes (susceptibles d'entraîner une déshydratation), des otites et des infections respiratoires graves comme la pneumonie.

En France, la vaccination contre la rougeole, désormais obligatoire pour tout nourrisson né depuis le 1er janvier 2018, nécessite l'administration de deux doses d'un vaccin trivalent ROR (rougeole-oreillons-rubéole) : une première dose à l'âge de 12 mois et une seconde dose entre 16 et 18 mois. Afin d'étendre la protection, toute personne née depuis 1980 devrait aussi avoir reçu deux doses de vaccin.

La vaccination des voyageurs contribue à éviter la transmission ou la dissémination de la maladie dans d'autres pays.

Pour savoir si la vaccination contre la rougeole est recommandée dans sa situation et pour savoir si elle est bien protégée, toute personne peut créer pour elle-même ou ses enfants un carnet de vaccination électronique (CVE) sur le site MesVaccins.net. Le CVE intègre un système expert précis et exhaustif. Il est disponible sur ordinateur de bureau ou sur smartphone (interface mobile, applications iPhone et Android). 

Source : Organisation mondiale de la santé.


Maladie : Rougeole

Vaccins : M-M-RVAXPRO PRIORIX

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