Cas de fièvre typhoïde-multi résistantes aux antibiotiques au Pakistan Médecine des voyages

Publié le 16 oct. 2018 à 09h27

Biographie

Médecin retraité, spécialisé en médecine des voyages. Membre de la Société de médecine des voyages (depuis 2000) Formateur en vaccinologie et médecine des voyages (depuis 2000)

Liens d'intérêt

Absence de lien d’intérêt avec les firmes pharmaceutiques

Au Pakistan, du 1er janvier 2017 au 30 septembre 2018, 5 056 cas de fièvre typhoïde ont été notifiés à Karachi, dont un certain nombre comme XDR, pour « extensively drug resistant », qui ne peut être traitée qu'avec un antibiotique de dernier recours, l'azithromycine.

Ces cas de XDR ont été trouvés dans tous les groupes d'âge, allant de moins d'un an à plus de 65 ans, le groupe d'âge le plus touché étant les 3-4 ans avec 20% (601 cas). 

Les données disponibles proviennent principalement de cas de typhoïde XDR confirmés en laboratoire, sans information sur les antécédents d'utilisation d'antimicrobiens, les caractéristiques des patients telles que les principaux signes et symptômes, les complications ou les résultats du traitement.

Des rapports informels dispersés sur des cas de XDR provenant d'autres régions du Pakistan nécessitent une vérification supplémentaire.

À ce jour, six cas d'infection par la fièvre typhoïde associée à un voyage ont été rapportés. 

Au Royaume-Uni, en février 2018, un cas de typhoïde XDR  a été notifié au retour d'un voyage au Pakistan. Les informations sur la destination ne sont pas disponibles. 

Aux États-Unis, cinq cas de fièvre typhoïde XDR ont été notifiés au retour d'un voyage au Pakistan :

  • le premier cas s'est rendu à Karachi
  • le deuxième cas avait également ldes antécédents de séjour à Karachi mais aussi à Lahore et à Islamabad
  • le troisième cas, en attente de confirmation, est un résident pakistanais (originaire de Lahore) qui a voyagé aux États-Unis où il a été diagnostiqué et traité ;
  • il n'existe aucune information détaillée sur les deux derniers cas ;
  • tous ces cas ont été traités avec succès.

Le risque de Salmonella Typhi XDR au niveau national est considéré comme élevé en raison d'une insuffisance de niveau d'hygiène de l'eau, l'assainissement et l'élimination des eaux usées, une couverture vaccinale médiocre et un manque de surveillance de la résistance aux antibiotiques des cas de typhoïde.

Le risque au niveau régional est considéré comme modéré en raison de l'existence d'un environnement similaire et des approches de traitement de la fièvre typhoïde et du recours généralisé aux antimicrobiens, aggravés par des concentrations considérables de la migration dans la région.

Globalement, le risque est considéré comme faible en raison de la disponibilité des antimicrobiens et des pratiques de prescription rationnelles. Cependant, Salmonella Typhi a une distribution mondiale et, de ce fait, le potentiel pour les voyageurs de propager le clone résistant ne peut pas être ignoré. 

Source : European Centre for Disease Prevention and Control ; Organisation mondiale de la santé.