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Epidémie de rougeole : encore des efforts pour éviter de nouvelles vagues épidémiques

Publié le 28 oct. 2018 à 21h54

Biographie

- Qualité : Docteur en médecine, biologiste médical (DES biologie 1992).
- Activité principale : biologiste médical, médecin de centre international de vaccinations
- Spécialités médicales : microbiologie, virologie, vaccinologie.

Liens d'intérêt

- Membre de commissions et comités :
Commission des maladies infectieuses et des maladies émergentes (Haut Conseil de la santé publique, 2017- en cours)
Comité technique de vaccinations (Haut Conseil de la santé publique, 2007-2017)
Groupe vaccins (ANSM, 2016-en cours)
- Liens avec l'industrie :
A titre personnel :
2013 : participation au congrès ESPID (laboratoire Pfizer).
2015 : participation réunion scientifique (laboratoire GSK).
Rémunérations directes par l’industrie : non.
A titre familial : aucun lien.

Diminution du nombre de cas de rougeole en France depuis août 2018.

Depuis la recrudescence des cas de rougeole en France en novembre 2017, Santé publique France actualise régulièrement la situation épidémique suivant la déclaration du nombre de cas, la rougeole étant une maladie à déclaration obligatoire.

On observe une diminution du nombre de cas depuis  le pic épidémique observé fin mars 2018, notamment depuis début août 2018 (semaine 32), avec moins de 10 déclarés par semaine à la date du 19 octobre 2018. Actuellement deux régions (Ile-de-France et Provence-Alpes-Côte d'azur) rapportent un foyer actif en milieu scolaire.

Ainsi, 2.727 cas ont été déclarés depuis début 2018, en gardant à l'esprit que la sous-déclaration est d'environ 50 % ; 23 % des cas ont été hospitalisés. Cette vague épidémique a été responsable de trois décès, dont deux sont survenus chez des personnes immunodéprimées qui ne pouvaient pas être vaccinées. La tranche d'âge 0-1 an (non vaccinée) est celle où l'incidence de la rougeole est la plus élevée. En revanche, 50 % des cas notifiés sont âgés de 15 ans ou plus.

La couverture vaccinale insuffisante ne permet pas d'exclure la survenue de nouvelles vagues épidémiques.

Pour éviter la survenue d'une nouvelle vague épidémique, on sait que la couverture vaccinale avec deux doses d'un vaccin contre la rougeole doit être au moins de 95 %. Or la couverture vaccinale chez les enfants âgés de 2 ans était de 80,1% en 2016. En outre, on estime qu'en France plus d'un million de personnes sont réceptives à la rougeole, notamment des adolescents et des adultes jeunes. Cependant, au cours de cette épidémie, la vente des doses de vaccins contre la rougeole a été multipliée par deux selon les entreprises du médicament.

L'obligation vaccinale du nourrisson, entrée en application depuis janvier 2018 et qui comprend la vaccination contre la rougeole, a de manière indirecte favorisé l'amélioration de la couverture vaccinale chez les enfants non concernés par l'obligation car nés avant le 1er janvier 2018. Ainsi, 75 % des enfants âgés de 12 mois ont reçu la première dose de vaccin Rougeole-Oreillons-Rubéole en mai 2018, au lieu de 72,4 % en 2017, soit un gain de 2,6 % pour la première dose de vaccin. La vaccination contre la rougeole étant recommandée à l'âge de 12 mois, la couverture vaccinale de la première dose du vaccin contre la rougeole des enfants soumis à l'obligation vaccinale ne sera évaluée qu'à partir de janvier 2019. Aussi, le rattrapage vaccinal pour atteindre deux doses, qui concerne toute personne née depuis 1980, doivent-ils être maintenus pour interrompre la transmission de la rougeole de manière durable.

Réactualisation de l'instruction ministérielle relative à la conduite à tenir autour d'un cas ou plusieurs cas de rougeole .

La précédente instruction ministérielle du 4 novembre 2009 devait être mise à jour du fait de modifications intervenues dans les recommandations vaccinales. Elle est abrogée et remplacée par celle du 28 septembre 2018.

Les évolutions de la circulaire du 28 septembre 2018 par rapport à la version précédente concernent les recommandations vaccinales, la place de la sérologie dans le contrôle de l'immunité et le rôle des agences régionales de santé (ARS) dans la gestion des situations épidémiques.

Les modifications des recommandations vaccinales ont été présentées dans les calendriers vaccinaux antérieurs mais ont été intégrées dans l'actuelle version de la circulaire.

Elles concernent :

  • la prise en compte de la suppression en 2013 de la recommandation de vaccination contre la rougeole dès l'âge de 9 mois pour les enfants en collectivité ;
  • l'administration de deux doses de vaccin incluant la valence rougeole (à 12 et 18 mois) chez les enfants ayant reçu une dose de vaccin contre la rougeole avant l'âge de 12 mois (recommandation en vigueur dans le calendrier vaccinal 2014) ;
  • l'administration en situation de post-exposition ou de voyage en pays d'endémie d'une troisième dose de vaccin pour les personnes ayant reçu leur première dose de vaccin avant l'âge d'un an ;
  • l'arrêt de la commercialisation du vaccin monovalent Rouvax et la possibilité d'administrer le vaccin trivalent Rougeole-Oreillons-Rubéole dès l'âge de 6 mois ; le vaccin trivalent (M-M-RVAXPRO ou PRIORIX) est alors administré, en l'absence d'autorisation de mise sur le marché, sous Recommandation Temporaire d'Utilisation chez les enfants de 6 à 8 mois révolus (recommandation indiquée dans le calendrier vaccinal 2018).

Un délai d'au moins 9 mois doit être respecté avant de vacciner contre la rougeole une personne ayant reçu auparavant des immunoglobulines (recommandation en vigueur dans le calendrier vaccinal 2013).

La place de la sérologie de la rougeole est redéfinie, en particulier pour contrôler l'immunité. En effet, compte tenu des tests biologiques immunoenzymatiques utilisés en routine qui ne détectent pas les anticorps neutralisants et donc protecteurs, il n'a pas été établi de corrélation entre le titre des anticorps détectés par les tests en routine et la preuve de l'immunisation. Le recours à la sérologie est donc estimé non pertinent dans ce contexte.

La place des agences régionales de santé dans la gestion des différentes situations épidémiologiques est présentée dans la circulaire de 2018, car ces structures ont été créés le 1er avril 2010.

La circulaire ministérielle de 2018 est accompagnée comme celle de 2009 d'un guide avec des fiches pratiques. Les modifications apportées à la version 2009 concernent la fiche 1 (clinique de la rougeole), la fiche 2 (diagnostic biologique avec les différentes séquences de prélèvements des échantillons), la fiche 3 (actualisation des recommandations vaccinales du fait de l'arrêt de la fabrication du vaccin monovalent contre la rougeole ROUVAX).

Les fiches 4, 5 et 7, qui présentent les mesures de contrôle (autour d'un cas, cas groupés, milieux de soins) ont été actualisées. Ainsi, la vaccination doit maintenant être proposée aux personnes nées avant 1980 qui affirment ne pas avoir été antérieurement vaccinées et ne pas avoir développé la rougeole.

Une nouvelle fiche (fiche 6) présentant la conduite à tenir en situation épidémique a été ajoutée. Celle-ci reprend les recommandations validées par le Haut Conseil de la santé publique en avril 2018.

Le système intelligent sur la vaccination et le carnet de vaccination électronique ont intégré les éléments les plus importants de la nouvelle instruction. Les messages contextuels élaborés seront améliorés en fonction des retours d'utilisation.

Source : Ministère des Solidarités et de la Santé.


Maladie : Rougeole

Vaccins : M-M-RVAXPRO PRIORIX

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