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Vaccination contre le méningocoque W en situation d'hyperendémie

Publié le 7 avr. 2019 à 21h40

Biographie

- Professeur agrégé enseignant à l'École du Val-de-Grâce et à l'Université de Bordeaux.
- Médecin biologiste en poste à la Direction centrale du service de santé des armées.
- Membre de droit (sans droit de vote) de la Commission technique des vaccinations de la HAS, représentant du Service de santé des armées.

Liens d'intérêt

- Aucune perception de rémunération ou de tout autre avantage de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.
- Aucune rémunération ou avantages reçus de l'industrie pharmaceutique.
- Déclaration mise à jour le 10 décembre 2018.

La Haute autorité de santé (HAS) a publié en février 2019 un avis sur la vaccination contre les infections invasives à méningocoques de sérogroupe W avec un vaccin tétravalent dans les situations d'hyperendémie. Nous reprenons ici les points principaux de cet avis.

1. Rappels sur les infections invasives à méningocoque.

Le méningocoque (Neisseria meningitidis) est une bactérie qui peut causer une infection très grave appelée infection invasive à méningocoque. Cette infection entraine une méningite ou une septicémie qui peut entrainer le décès du patient ou des séquelles.

Le méningocoque est entouré d'une capsule composée de sucres (polyoside). La capsule est un facteur de virulence important du méningocoque car elle lui permet de résister aux défenses immunitaires de l'être humain ; sa composition détermine le sérogroupe du méningocoque. Chaque sérogroupe est désigné par une lettre majuscule. Parmi les douze  sérogroupes décrits, les méningocoques A, B, C, W et Y sont les plus souvent responsables d'infections graves. Le polyoside capsulaire est utilisé comme antigène vaccinal pour les méningocoques A, C, W et Y.

L'avis de la HAS porte sur la vaccination contre le sérogroupe W : celui-ci est inclus dans des vaccins dits quadrivalents car contenant quatre sérogroupes du méningocoque (A, C W et Y). Il existe deux vaccins quadrivalents ACWY commercialisés en France : les vaccins Menveo et Nimenrix.

2. Les éléments pris en compte par la Haute autorité de santé pour élaborer ses recommandations.

La Direction générale de la santé, constatant l'augmentation du nombre de cas d'infection grave causés par le sérogroupe W, a demandé l'avis de la HAS sur la pertinence d'introduire la vaccination contre le méningocoque W (recommandée seulement pour des populations à risque telles que les personnes immunodéprimées).

La HAS a fait un point détaillé de la situation épidémiologique pour asseoir ses recommandations. Elle confirme l'augmentation récente de l'incidence (nombre de nouveaux cas) des méningites ou septicémies causées par le méningocoque W. Toutefois, selon les données disponibles fin novembre 2018, cette augmentation ne s'est pas poursuivie en 2018. La plupart des nouveaux cas d'infection à méningocoque W sont liés à l'émergence et à l'expansion d'un nouveau variant virulent depuis 2015. Le Royaume-Uni et les Pays-Bas ont été confrontés à une diffusion de cette bactérie nettement plus importante qu'en France, les conduisant à généraliser la vaccination ACWY.

La HAS a également pris en compte les données les plus récentes sur l'efficacité (individuelle et collective) et la tolérance des vaccins méningococciques ACWY, ainsi que les retours d'expérience des précédentes campagnes locales de vaccination contre le méningocoque.

3. Les nouvelles recommandations vaccinales contre les infections à méningocoque.

La HAS a formulé dans cet avis des recommandations limitées aux actions de vaccination localisées en situation d'hyperendémie, celle-ci étant définie par une "augmentation durable de l'incidence pour un sérogroupe donné par rapport à l'incidence habituellement observée dans un secteur géographique". Il s'agissait en effet de répondre en priorité à cette situation, observée en 2018 dans la zone de Dijon-Genlis en Côte-d'Or, et susceptible de se reproduire.

En cas de déclaration d'un foyer d'hyperendémie d'infection invasive à méningocoque W, les recommandations suivantes s'appliquent.

3.1. L'Agence régionale de santé (ARS) et la Cellule d'intervention en région (CIRE) sollicitent la Direction générale de la santé (DGS) d'une cellule d'expertise, dès lors que les critères d'alerte sont réunis : au moins trois cas d'infection invasive causés par le même méningocoque W dans une zone géographique donnée sur une période d'un an, avec un taux d'incidence au moins dix fois supérieur au taux national au cours de la même période (consulter l'avis pour des précisions sur ces critères). 

3.2. La cellule d'expertise analyse les données épidémiologiques, cliniques et microbiologiques pour évaluer la nécessité d'une campagne de vaccination et définir éventuellement ses modalités (tranches d'âge, zone géographique).

3.3. Les acteurs, partenaires, structures et personnes ressources sont identifiés pour organiser rapidement, voire en urgence, une campagne de vaccination et la prise en charge des vaccinations sans avance des frais. L'instruction n°DGS/SP/2018/163 précise les conditions de financement.

3.4. Le parcours vaccinal est simplifié. Prescription et acte vaccinal sont réalisés au cours d'une seule et même consultation. La vaccination est réalisée près des lieux de vie de la population concernée. La traçabilité du numéro de lot des vaccins administrés et le suivi renforcé des déclarations de pharmacovigilance font l'objet d'une attention particulière.

3.5. Une communication autour de la campagne de vaccination est réalisée au plus près des professionnels de santé, des usagers, ainsi que des partenaires et des élus locaux, grâce à des canaux d'information diversifiés et adaptés.

4. Conclusion et perspectives.

Cet avis a donné la priorité aux recommandations vaccinales contre le méningocoque W en situation d'hyperendémie. Cependant, la HAS doit également réévaluer prochainement la stratégie vaccinale globale contre les infections invasives à méningocoques.

MesVaccins.net contribue à informer les personnes et les professionnels de santé au cours d'une campagne de vaccination, d'une part en personnalisant l'information qui leur est destinée, et d'autre part en apportant une aide à la décision aux professionnels de santé. MesVaccins.net facilite également la collecte d'informations structurées de qualité, permettant de mesurer en temps réel l'évolution de la couverture vaccinale et de renforcer la pharmacovigilance (exemple : campagne de vaccination contre la méningite B par le vaccin Bexsero en Seine-Maritime).

Les applications mobiles MesVaccins Famille et MesVaccins Pro, disponibles sur l'App Store d'Apple et sur Google Play, enregistrent les actes vaccinaux sans erreur en lisant le code DataMatrix du vaccin (code 2D contenant le nom, le numéro de lot et la date d'expiration du vaccin). Ces applications fonctionnent hors connexion, assurant la traçabilité de la vaccination dans les zones blanches. Le Logiciel Colibri gère l'activité de vaccination d'un établissement ou d'une collectivité et intègre également la lecture du code DataMatrix ; il a été conçu pour optimiser la gestion d'un centre de vaccination ou d'une campagne de vaccination.

Source : Haute autorité de santé.


Maladie : Méningocoques ACWY

Vaccins : MENVEO NIMENRIX

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