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Situation des foyers épidémiques à virus Chikungunya et à virus dengue au premier semestre 2019 Médecine des voyages

Publié le 16 juil. 2019 à 16h13

Biographie

- Médecin biologiste à la retraite.
- Auparavant : médecin biologiste dans un hôpital d'Instruction des armées pendant 6 ans, puis détaché pendant 20 ans par le Service de santé des armées comme virologiste d'abord puis comme directeur dans 3 instituts du Réseau international des Instituts Pasteur.

Liens d'intérêt

- Aucune rémunération actuelle ou dans le passé de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.

La maladie à virus Chikungunya et la dengue sont des maladies à transmission vectorielle qui touchent environ un million de personnes chaque année. 

  • le virus Chikungunya la maladie a circulé en Afrique et en Asie et atteint les Amériques, les Caraïbes et le Pacifique.
  • le virus de la dengue est présent en Afrique, dans les Amériques, en Asie, dans les Caraïbes et dans le Pacifique.

En 2018, la France et l'Espagne ont notifié  les cas autochtones de dengue. 

Aucun cas autochtone de l'une ou l'autre de ces maladies n'a été notifié en Europe continentale jusqu'à présent en 2019.

Pour ces deux infection sur surveillance épidémiologique mondiale a été mise en place depuis le 27 janvier 2017.

Pour le premier semestre 2019 :

A) Maladie à virus Chikungunya 

Le virus circule dans les Amériques. Plusieurs pays ont notifié des cas en 2019.Des cas de maladie à virus Chikungunya ont également été détectés en Afrique et en Asie. Le Brésil et la Thaïlande ont notifié la majorité des nouveaux cas.

1. Amériques et Caraïbes 

Le 8 juin, les autorités sanitaires ont notifié 38 000 cas de maladie à virus Chikungunya, biologiquement confirmés, dont 15 décès liés.

On note le doublement des cas par rapport à la même période en 2018 où 19 000 cas confirmés avaient été notifiés.

les États de Rio de Janeiro, Para et Minas Gerais sont les régions les plus touchées, avec la plus forte incidence en 2019.

Le 15 juin, les autorités sanitaires ont notifié 308 cas, dont 20 biologiquement confirmés.

Cela suit la même tendance qu'en 2018, où 394 cas avaient été notifiés pour la même période.

Le 15 juin, les autorités sanitaires ont notifié 74 cas suspects, contre 148 cas suspects et 22 cas confirmés au cours de la même période en 2018.

Le 1 juin, les autorités sanitaires ont notifié, 40 cas probables contre 945 cas probables et 56 cas confirmés au cours de la même période en 2018.

Le 8 juin, les autorités sanitaires ont notifié 127 cas dans 30 districts du pays, contre 259 pour la même période en 2018.

Les cas concernent surtout les départements de Piura, San Martin et Tumbes.

Le 15 juin, les autorités sanitaires ont notifié 204 cas suspectés, contre 127 cas pour la même période en  2018.

  • Il n'y a pas de mise à jour pour le Honduras.

2. Asie 

L'Agence de protection de la santé des Maldives a notifié une augmentation notable du nombre de cas ces derniers mois. 

Le 18 juin, les autorités sanitaires ont notifié 1 226 cas, touchant principalement l'atoll de Thaa, l'atoll de Gaafu Alif et l'atoll de Kaafu.

La dernière épidémie survenue aux Maldives a été enregistrée en 2006.

Le 18 juin, les autorités sanitaires ont notifié 3 994 cas sans décès dans 27 provinces. 

Les plus les provinces touchées sont situées dans la partie sud du pays.

Au cours de la même période en 2018, seuls 34 cas avaient été notifiés.

  • Il n'y a pas de mises à jour pour l'Inde et l'Indonésie.

3. Afrique

L'épidémie en République du Congo est en cours.

Au 19 mai 2019, le pays avait notifié 9 015 cas.

Les départements les plus touchés sont le Département de la Bouenza, le Département de Brazzaville, le Département du Kouilou, le Département de la Lékoumou, le Département du Niari, le Département des Plateaux, le Département du Pool et le Département de Pointe-Noire.

  • Il n'y a pas de mises à jour pour la République démocratique du Congo.

4. Australie et dans le Pacifique

Aucun de Maladie à virus Chikungunya, n'a été notifié.

5. Rappel sur le virus Chikungunya :

Le chikungunya est une maladie virale transmise par des moustiques décrite pour la première fois à l'occasion d'une flambée dans le sud de la Tanzanie en 1952. Le virus responsable est arbovirus ((virus transmis par les arthropodes), un Alphavirus de la famille des Togaviridae. Il est transmis d'un être humain à l'autre par les piqûres de moustiques femelles infectées. Les moustiques incriminés sont le plus souvent Aedes aegypti et Aedes albopictus, susceptibles de piquer pendant la journée, bien que leur activité maximale se situe surtout tôt le matin et en fin d'après-midi. Les deux espèces piquent à l'extérieur, mais Ae. aegypti le fait aussi volontiers à l'intérieur des bâtiments.

La maladie se manifeste généralement entre quatre et huit jours après la piqure par un moustique infecté. Elle est fortement invalidante et se caractérise par l'apparition brutale de fièvre souvent accompagnée de douleurs articulaires intenses  concernant principalement les petites ceintures articulaires (poignets, doigts, chevilles, pieds), de douleurs musculaires et de céphalées. La plupart des patients se rétablissent complètement, mais dans certains cas l'arthralgie peut persister pendant plusieurs mois ou même plusieurs années. On a signalé des cas occasionnels de complications oculaires, neurologiques et cardiaques, ainsi que des douleurs gastro-intestinales. Les personnes les plus à risque sont les malades chroniques, les enfants en bas âge et les femmes enceintes. Rarement, surtout chez les enfants, elle peut causer une méningite.

La prise en charge médicale est purement symptomatique, reposant sur des traitements antidouleurs et anti-inflammatoires.

B) Dengue : 

le Brésil, la Malaisie, les Philippines et le Viêt Nam ont signalé le plus grand nombre de cas en 2019. Presque tous les pays asiatiques ont observé une augmentation du nombre de cas par rapport à l'année dernière.

 1. Amériques et Caraïbes 

Le 16 juin 2019, l'Organisation panaméricaine de la santé a notifié 741 500 cas suspects et confirmés dans la région des Amériques .
Le Brésil représente 80% des cas (586 000 cas), suivi par la Colombie (49 000 cas), le Nicaragua (33 000 cas) et le Mexique (20 000 cas).
Le Brésil a déjà enregistré une multiplication par cinq par rapport à la même période en 2018, avec 110 000 notifiés.
Les médias ont également attiré l'attention sur une forte augmentation du nombre de cas au Honduras, où le nombre de cas à ce jour, 12 878 cas ont déjà dépassé le total de 2018 de 7 900 cas.
Les chiffres pour chaque pays de la région des Amériques
se trouvent sur le site d'information sur la santé de l'Organisation panaméricaine de la santé.

2. Asie 

Le 25 mai, les autorités sanitaires ont notifié environ 9 000 cas, contre 1 000 pour la même période en 2018.

Le 25 mai, les autorités sanitaires ont notifié 4 216 cas, contre 100 pour la même période en 2018.

Le 25 mai, les autorités sanitaires ont notifié 60 400 cas en 2019, contre 29 000 pour la même période en 2018.

Le 18 juin, les autorités sanitaires ont notifié 2 558 cas, soit une multiplication par quatre par rapport à la même période en 2018.

Le 10 juin, selon l'Institut national de la santé, les autorités sanitaires ont notifié 2 153 décès depuis le début de l'année.

Le 18 mai, les autorités sanitaires ont notifié 77 000 cas, contre 41 100 pour la même période en 2018.

Le 22 juin, les autorités sanitaires ont notifié 5 620 cas, contre 1 200 pour la même période en 2018.

Le 17 juin, les autorités sanitaires ont notifié 20 900 cas, contre 10 600 pour la même période en 2018.
Les provinces les plus touchéés  sont Trat, Ubon Ratchathani et Samut Sakhon au sud de Bangkok.
En raison de la circulation intense du virus tout au long dupays, la Thaïlande a déclaré l'état d'urgence et prévoit environ 90 000 cas pour 2019.

Au 11 mai 2019,  les autorités sanitaires ont notifié 60 000 cas, contre 18 400 pour la même période en 2018.

Le 25 juin 2019, les autorités sanitaires ont notifié 23 520 cas, contre 22 600 pour la même période en 2018.
L' épidémie suit la même tendance qu'en 2018. Colombo, Gampaha et le district de Galle sont les zones les plus touchées.

Le 23 juin, les autorités sanitaires ont notifié 840 cas depuis le début de l'année.

Le  26 mai, selon le ministère de la Santé et de la Famille, les autorités sanitaires ont notifié 5 504 cas.

Le 13 juin, les autorités sanitaires ont notifié 560 cas

Selon les médias, citant les autorités sanitaires, le Népal connaît actuellement une épidémie qui touche principalement Katmandou.  

L' épidémie suit la même tendance qu'en 2018.

Le 25 juin, les autorités sanitaires ont notifié 23 520 cas en 2019, contre 22 600 pour la même période en 2018. Colombo, Gampaha et les districts de Galle sont les plus touchés.

3. Afrique

Le 9 juin 2019, les autorités sanitaires ont notifié 170 cas confirmés et 1 026 cas suspectés.
Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), les autorités sanitaires continuent de notifier des cas.

Le 17 mai, selon l'OMS, les autorités sanitaires ont notifié 130 cas autochtones.
La zone la plus touchée est Port Louis (Vallée des Prêtres).

Le 11 juin, les autorités régionales de Mayotte ont notifié neuf cas de dengue.
Parmi ces cas, six avaient déjà voyagé hors du pays à la Réunion ou en Afrique de l'Est. Les trois autres cas sont suspectés d'être autochtones car ils n'ont pas eu de voyage récent.

Le 16 juin, selon Santé publique France,  la Réunion avait détecté plus de 17 000 cas biologiquement confirmés, 46 000 cas suspects et cinq décès depuis le début de 2019.
La Réunion continue d'enregistrer une tendance à la baisse, bien que la circulation reste active dans la plupart des villes de l'île, notamment à Saint-Pierre.
Environ 300 cas confirmés sont maintenant signalés chaque semaine.

Depuis août 2018, le 16 juin 2019, les autorités sanitaires ont notifié 4 227 cas suspects, soit une augmentation de 3 000 cas depuis la dernière mise à jour.
Les régions les plus touchées sont Dar es Salaam et Tanga.

4. Australie et dans le Pacifique

Le 5 juin, selon l'OMS, les autorités sanitaires ont notifié 569 cas, contre 338 pour la même période de l'année en 2018.

Le 27 mai 2019, les autorités sanitaires ont notifié 3 447 cas, en tendance à la baisse depuis avril.
Le sérotype en circulation est DENV-2.

Le 16 juin, les autorités sanitaires ont notifié 388 cas depuis le début de l'année.
De ce nombre, 106 sont de sérotype  DENV-2, touchant les îles de Tahiti, Moorea, Bora Bora et Nuku Hiva. La proportion de DENV-2 a progressivement augmenté au cours des dernières semaines.

5. Rappels sur la dengue :

La dengue, maladie virale due au virus de la Dengue (4 sérotypes) de la famille des Flaviviridae, transmise par une piqûre de moustique, se manifeste le plus souvent par un syndrome grippal (fièvre, douleurs musculaires, parfois éruption cutanée). La dengue peut évoluer en forme grave hémorragique. La prise d'aspirine est formellement déconseillée. Il n'existe pas de traitement médicamenteux préventif disponible contre la dengue.

Il existe :

  • La fièvre dengue caractérisée par l'apparition soudaine d'une forte fièvre, de graves maux de tête, une douleur derrière les yeux et des douleurs dans les muscles et les articulations. Certains peuvent également avoir une éruption cutanée et divers degrés de saignement dans diverses parties du corps (notamment le nez, la bouche et les gencives ou des ecchymoses sur la peau). La dengue a un large spectre d'infection (asymptomatique à symptomatique). La maladie symptomatique peut varier de la dengue (DF) à la dengue plus grave de la dengue (DH).
  • Fièvre hémorragique de la dengue (DHF) - est une forme plus grave, observée seulement chez une faible proportion des personnes infectées. La DHF est une maladie stéréotypée caractérisée par 3 phases; phase fébrile avec forte fièvre continue généralement inférieure à 7 jours; phase critique (fuite de plasma) d'une durée de 1 à 2 jours, généralement apparente lorsque la fièvre baisse, entraînant un choc si elle n'est pas détectée et traitée rapidement; phase de convalescence d'une durée de 2 à 5 jours avec amélioration de l'appétit, bradycardie (fréquence cardiaque lente), éruptions cutanées convalescentes (plaques blanches sur fond rouge), souvent accompagnée de démangeaisons généralisées (plus intense dans les paumes et les plantes des pieds) et de diurèse (augmentation du débit urinaire) .
  • Le syndrome de choc de la dengue (DSS) - Le syndrome de choc est une complication dangereuse de la dengue et est associé à une mortalité élevée. Une dengue grave survient à la suite d'une infection secondaire avec un sérotype viral différent. Une perméabilité vasculaire accrue, associée à un dysfonctionnement du myocarde et à une déshydratation, contribue à la survenue d'un choc entraînant une défaillance multiorganique.

Il n'existe pas de traitement spécifique contre le virus. Pour les touristes européens, la prévention de la dengue passe donc par la lutte contre son vecteur Aedes albopictus. Le moyen le plus efficace pour combattre ce moustique est d'éliminer ses lieux de ponte (soucoupes, petits récipients, déchets, réservoirs, vases, pneus, etc.).

C) Conseils aux voyageurs

Aucun vaccin n'est disponible contre le chikungunya et la dengue. 

Il est conseillé aux voyageurs de se protéger des piqûres de moustique. Il convient de respecter les mesures habituelles de lutte anti-vectorielle :

  • de réduire le temps passé à l'extérieur pendant les heures de pointe du moustique (entre le crépuscule et l'aube) ;
  • de porter des vêtements de couleur claire avec des manches longues, pantalons et chaussettes dans les zones où les moustiques sont présents ;
  • de se protéger des piqûres de moustiques en utilisant un insectifuge contenant du DEET ; 
  • de nettoyer les gouttières et vider régulièrement les bains d'oiseaux et autres objets susceptibles de recueillir de l'eau ;
  • de s'assurer que les barils de pluie sont recouverts de moustiquaires ou qu'ils sont étroitement scellés autour du tuyau de descente des eaux de pluiesd' ;
  • d'améliorer l'aménagement paysager pour empêcher l'eau stagnante autour de la maison.

Les personnes qui utilisent un écran solaire doivent appliquer le répulsif 20 minutes après l'écran solaire.

Afin d'éviter au maximum la dissémination du virus de la dengue, chikungunya et virus Zika sur le territoire métropolitain, devant une fièvre d'apparition brutale et des douleurs articulaires ou musculaires dans les 15 jours qui suivent le retour d'un voyage en zone à risque, il faut consulter son médecin au plus vite en signalant son voyage.

Source : European Centre for Disease Prevention and Control ; Autorités sanitaires des pays cités ; Promed ; Organisation mondiale de la santé.