L'Angleterre a rapporté plus de 5 000 cas d'oreillons en 2019 Médecine des voyages

Publié le 15 fév. 2020 à 09h13

Biographie

- Médecin biologiste à la retraite.
- Auparavant : médecin biologiste dans un hôpital d'Instruction des armées pendant 6 ans, puis détaché pendant 20 ans par le Service de santé des armées comme virologiste d'abord puis comme directeur dans 3 instituts du Réseau international des Instituts Pasteur.

Liens d'intérêt

- Aucune rémunération actuelle ou dans le passé de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.

En Angleterre, les responsables de la santé affirment que le nombre de cas confirmés d'oreillons enregistrés en 2019 est le plus élevé observé dans le pays depuis une décennie. 

Les données provisoires de Public Health England (PHE) montrent qu'il y avait 5 042 cas d'oreillons confirmés en laboratoire en Angleterre en 2019, contre 1 066 cas en 2018. Il s'agit du plus grand nombre de cas depuis 2009.

La hausse du nombre de cas devrait se poursuivre en 2020, avec déjà 546 cas confirmés en janvier contre 191 au cours de la même période en 2019.

La forte augmentation du nombre de cas en 2019 est largement due à des flambées dans les universités et les collèges. 

De nombreux cas en 2019 ont été observés chez des jeunes adultes nés à la fin des années 90 et au début des années 2000 qui ont manqué le vaccin ROR lorsqu'ils étaient enfants. 

Ces cohortes sont maintenant assez âgées pour fréquenter le collège et l'université et devraient continuer d'alimenter les épidémies jusqu'en 2020.

La vaccination est le moyen le plus sûr et le plus efficace de se protéger contre les oreillons. Il prévient la plupart des cas d'oreillons, mais pas tous, et même si une personne vaccinée contracte des oreillons, elle souffrira probablement d'une maladie moins grave qu'une personne non vaccinée.

Rappels sur les oreillons.

Les oreillons sont une maladie infectieuse virale très contagieuse, atteignant le plus souvent les enfants de 4-5 ans, surtout en période hivernale. Cette maladie est due à un virus de la famille des Paramyxoviridae, Myxovirus parotidis (ou virus ourlien), qui est transmis par voie aérienne, par des gouttes de salive ou des contacts directs infectés par la salive par exemple.

Dans près d'un tiers des cas la maladie est dite asymptomatique. Dans les formes symptomatiques, les premiers signes apparaissent après une période d'incubation d'environ trois semaines : fièvre modérée, douleurs des oreilles et lors de la pression des glandes parotides (ces glandes sont situées dans l'angle de la mâchoire). 

A la période d'état, d'environ une semaine, on observe une fièvre accompagnée de maux de tête et d'une tuméfaction douloureuse, unilatérale ou bilatérale, des glandes parotides. La douleur irradie vers les oreilles, entraine une gêne et s'intensifie lors de la mastication. Des adénopathies (ganglions augmentés de volume) apparaissent souvent. Des formes compliquées peuvent survenir : orchite (inflammation testiculaire), pancréatite, méningite (sans signes cliniques le plus souvent) ou encéphalite (plus rarement). Une atteinte des nerfs crâniens est possible et peut entrainer une surdité définitive.

Devant la possibilité de complications pouvant être graves, la vaccination systématique par le vaccin ROR (rougeole, oreillons, rubéole) se justifie chez tous les enfants dès l'âge d'un an. On recommande deux doses de vaccin. En France, la première est administrée à l'âge de 12 mois et la seconde au cours de la deuxième année, à 16-18 mois.

Pour savoir si la vaccination contre les oreillons est recommandée dans sa situation et pour savoir si elle est bien protégée, toute personne peut créer pour elle-même ou ses enfants un carnet de vaccination électronique(CVE) sur le site MesVaccins.net. Le CVE intègre un système expert précis et exhaustif. Il est disponible sur ordinateur de bureau ou sur smartphone (interface mobile, applications iPhone et Android).

Source : Outbreak News Today.