Le point sur l'épidémie de Covid-19 en Guyane, le 28 mai 2020 Médecine des voyages

Publié le 2 juin 2020 à 15h30

Biographie

- Médecin biologiste à la retraite.
- Auparavant : médecin biologiste dans un hôpital d'Instruction des armées pendant 6 ans, puis détaché pendant 20 ans par le Service de santé des armées comme virologiste d'abord puis comme directeur dans 3 instituts du Réseau international des Instituts Pasteur.

Liens d'intérêt

- Aucune rémunération actuelle ou dans le passé de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.

Depuis début mars2020, 405 cas de Covid-19 ont été détectés en Guyane dont 184 cas ces deux dernières semaines et 48 % à Saint-Georges, 21 % à Camopi, 17 % à Kourou et 14 % à Macouria et Ile de Cayenne.

Après une vague de cas importés de métropole et des Antilles en mars, de rares transmissions locales avaient été constatées en avril, période de confinement, avec des clusters parfois de grande taille sur le Maroni et à Cayenne, qui ont été maîtrisés.

  • Depuis le mois de mai, l'épidémie s'est développée en Amérique latine, et les cas importés du Brésil ont augmenté. Un cluster familial étendu et complexe a été détecté à Saint-Georges mais s'est propagé dans la communauté, touchant principalement 4 quartiers de la ville. Une circulation communautaire localisée persiste actuellement à Saint-Georges avec un ralentissement de la transmission locale observé depuis peu, grâce aux efforts conjugués de la population, de ses représentants, et de nombreux renforts mobilisés dans le cadre d'une campagne de dépistage intensif.
  • Le 20 mai, un cluster de 3 cas a été identifié à Camopi, et atteint désormais 40 cas impliquant des habitants et des effectifs militaires.
  • D'autres cas isolés ou clusters sont apparus récemment dans des familles sur l'Ile de Cayenne et à Kourou.

Le mois de mai a donc été marqué par une circulation parfois importante dans l'est guyanais, une circulation limitée à Kourou, le reste du littoral restant peu touché, y compris l'ouest guyanais et St Laurent du Maroni.

A ce jour 20 patients sont hospitalisés en unité conventionnelle, et deux en réanimation.

Des actions de recherche active de cas et de dépistage dans les zones touchées associées à un confinement des personnes, ou parfois d'un secteur géographique, assorti d'une proposition d'isolement des cas à l'hôtel ou dans leur lieu de vie se poursuivent dans le but a pour but de casser les chaînes de transmission et donc limiter l'impact sanitaire de la crise actuelle. 

Environ 5 000 tests de dépistage ont été effectués depuis février en Guyane et des opérations ponctuelles de dépistage sont régulièrement organisées.

Les données de surveillance montrent donc un impact limité mais localisé du COVID-19 en Guyane, nécessitant une vigilance importante de l'ensemble des habitants, de renforcer encore les mesures barrières, en limitant au mieux la circulation du virus sur le territoire.

Un séjour en Guyane actuellement exige une mise en quatorzaine à l'arrivée..

Dans le cadre du déconfinement, la quatorzaine reste donc de mise. 

Les restrictions de voyage restent également la règle jusqu'à nouvel ordre. En théorie, il n'est donc possible de prendre l'avion que pour des « motifs impérieux » d'ordre familial, de santé relevant de l'urgence, ou d'ordre professionnel ne pouvant être différé.

À l'aéroport Félix-Éboué, le dispositif d'accueil médicalisé est maintenu. 

Les nouveaux arrivants signent un contrat d'engagement à respecter une quatorzaine stricte à domicile. «C'est un engagement liant », a répondu Daniel Fermon, sous-préfet et directeur général de la sécurité, de la réglementation et des contrôles. « Si la personne ne signe pas ce document, elle ne peut pas sortir de l'aéroport.» Les coordonnées des voyageurs sont récoltées, et en cas d'apparition de symptômes, ceux-ci doivent se déclarer auprès de l'ARS.

À ce stade, nous avons besoin de conserver le dispositif de quatorzaine pour diminuer les risques de contagion et éviter les chaînes de contamination, poursuit Daniel Fermon. La levée de la quatorzaine ne pourrait se faire qu'après analyse de l'évolution épidémiologique, sur la base d'éléments scientifiques avérés.

Source : Agence Régionale de Santé de Guyane ; Société de Médecine des Voyages.