Nouveaux cas de typhus des broussailles au Népal Médecine des voyages

Publié le 1 sept. 2020 à 16h55

Biographie

- Médecin biologiste à la retraite.
- Auparavant : médecin biologiste dans un hôpital d'Instruction des armées pendant 6 ans, puis détaché pendant 20 ans par le Service de santé des armées comme virologiste d'abord puis comme directeur dans 3 instituts du Réseau international des Instituts Pasteur.

Liens d'intérêt

- Aucune rémunération actuelle ou dans le passé de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.

Au Népal, 5 cas de typhus des broussailles ont été signalés dans le district de Darchula, province de Sudurpashchim Pradesh, à l'ouest du pays. L'infection a été trouvée chez un homme dans la municipalité de Mahakali, chez 2 femmes et un homme dans la commune rurale de Malikarjun, et chez un homme de la municipalité rurale de Byas. Une personne a été hospitalisée à l'hôpital de district Darchula et une autre à l'hôpital de Dhangadhi dans le district de Kailali

Le district de Darchula se trouve immédiatement au nord du district de Baitadi, lieu d'un cas fatal de typhus des broussailles signalé récemment.

Rappels sur le typhus de broussailles.

Le typhus des broussailles, appelé également tsutsugamushi, est une infection bactérienne causée par Orientia tsutsugamushi anciennnement nommée Rickettsia tsutsugamushi ou Rickettsia orientalis), qui appartient à l'ordre des Rickettsiales de la famille des Rickettsiaceae. L'homme est un hôte accidentel de ces bactéries, le réservoir de l'infection est animal (rongeurs, lapins, porcs). La transmission se fait par piqûre de larves de trombiculidés (Leptotrombidium deliense). Ces acariens proches des aoutats vivent habituellement dans des zones broussailleuses des zones montagneuses.

Le typhus des broussailles s'observe essentiellement en Extrême-Orient. C'est une maladie fébrile aiguë qui se caractérise par un chancre d'inoculation de la peau associé à une éruption (apparition de boutons) sur l'ensemble du corps avec une inflammation des ganglions lymphatiques et une fièvre de deux à quatre semaines. Elle peut impliquer plusieurs organes si le malade n'est pas traité. L'encéphalite constitue une manifestation tardive avec un risque élevé de décès. Le traitement repose sur l'antibiothérapie (tétracycline ou rifampicine dans les formes résistantes). La mortalité est susceptible d'atteindre 25 % des cas qui ne sont pas traités par la doxycycline et éventuellement la rifampicine.

Conséquences pour le voyageur.

Le risque est faible pour les voyageurs mais ceux qui campent ou pratiquent le trekking peuvent être exposés. Pour éviter les piqûres de tiques, le voyageur doit prendre certaines précautions :

  • rester sur des sentiers balisés et et éviter de s'asseoir dans l'herbe ou de passer à travers les buissons, zones boisées et humides ;
  • préférer des vêtements couvrants (pantalon, manches longues, chaussures fermées et chaussettes remontant sur le bas des pantalons) imprégnés d'un insecticide ;
  • traiter éventuellement les vêtements avec un insecticide ;
  • protéger les zones de peau exposées avec un répulsif à base de DEET ;
  • en fin d'activité, inspecter toutes les parties du corps, afin d'enlever une éventuelle tique dès que possible ;
  • extraire la tique à l'aide d'un tire-tique disponible en pharmacie, ou d'une pince-à-épiler ;
  • éviter d'écraser la tique, de la brûler ou d'appliquer diverses substances.

Pour le voyageur, en cas de fièvre, de rougeur de la peau ou d'autres symptômes nouveaux après une piqûre de tique, consulter rapidement un médecin.

Source : Promed.