Situation de la pandémie de Covid 19 - N° 10 - 31 octobre 2020 (Partie 2)

Publié le 1 nov. 2020 à 21h36

Biographie

- Professeur agrégé du Val-de-Grâce.
- Médecin épidémiologiste.

Liens d'intérêt

- Pas de lien d'intérêt avec l'industrie du médicament

Région OMS des Amériques

Tous les pays de cette région, comme ceux de la Méditerranée orientale, ont été touchés par la pandémie.

Les sept pays ayant déclaré le plus de cas de Covid-19 sont présentés par ordre croissant de la date d'apparition du premier cas.

Les États-Unis d'Amérique restent toujours, le 18 octobre, l'épicentre mondial de la pandémie avec 8 065 615 cas (20 % du total mondial) et 218 131 décès (20 % du total mondial) déclarés cumulés (Figures 3-4 et 34). Après le rebond de l'épidémie entre la première semaine de juin et début septembre, on observe un nouveau rebond qui n'a pas atteint son pic le 18 octobre. Les états où l'incidence pour 100 000 est la plus élevée en octobre sont le Dakota du Nord et du Sud, le Wisconsin, le Montana et le Wyoming. La létalité cumulée du pays est égale à 2,7 %. Lorsque l'on rapporte les décès à la population, le nombre de décès par million d'habitant est égal à 659, supérieur maintenant de 28 % à celui de la France.

Au Canada le nombre de cas augmente fortement depuis septembre (Figure 35). Les provinces de Québec et de l'Ontario représentent78 % des cas déclarés. La létalité cumulée est égale à 4,9 %.

Le Brésil reste toujours le 18 octobre, l'épicentre de la pandémie en Amérique du sud avec 5 235 344 cas (13 % du total mondial) et 153 905 décès (14 % du total mondial) déclarés cumulés (Figures 3-4 et 36). Avec les États-Unis, ces deux pays représentent un tiers du poids de la pandémie. La défervescence des cas se poursuit depuis fin juillet.

Au Mexique, l'évolution de l'épidémie est toujours juxtaposable à celle du Brésil avec 851 227 cas et 86 167 décès déclarés cumulés. La létalité cumulée est importante égale à 10,1 %, malgré un pourcentage de personnes de 65 ans et plus trois fois moins élevée que celui de la France (Figure 37).

En Argentine malgré un confinement mis en place depuis mars le nombre de cas et de décès déclarés continue de progresser pour atteindre le 18 octobre 989 680 cas et 26 267 décès (Figure 38). La létalité cumulée est égale à 2,7 %.

Au Chili, le nombre de cas déclarés reste stable depuis fin juillet. La létalité cumulée est égale à 2,8 % (Figure 39).

En Colombie le nombre de cas déclarés reste stable. La létalité cumulée est égale à 1,0 % (Figure 40).

Au Pérou, le fort rebond, survenu à partir de début juillet, est toujours en défervescence depuis mi-août. La létalité cumulée est égale à 3,9 %. Le Pérou est toujours le pays du monde qui présente la plus forte mortalité égale à 1 024 décès par million d'habitants (Figures 7 et 41). Le système de santé est particulièrement précaire et de nombreux décès ont lieu à domicile.

Le nombre de cas cumulés le 18 octobre dans l'ensemble des territoires français de l'arc caraïbe atteint 9 991 et celui des décès 144 (Figures 42-43). La situation s'est dégradée principalement depuis le 13 septembre en Guadeloupe, en Martinique et à Saint-Martin.

Au total la pandémie a diffusé dès janvier en Amérique du nord puis de fin février à début mars dans les pays d'Amérique centrale et du sud. Cette région reste la plus touchée par la pandémie en septembre 2020 avec de fortes mortalités dans plusieurs pays. La pandémie est en défervescence dans de nombreux pays excepté de façon notable en Argentine depuis le début de la pandémie malgré un confinement de la population mis en place en mars, et dans les pays d'Amérique du Nord comme c'est le cas en Europe, peut-être en lien avec les conditions climatiques automnales plus favorables à la diffusion du virus.

 

Figure 34 : Évolution quotidienne des cas et des décès de Covid-19 déclarés par les États-Unis entre le 21 janvier et le 18 octobre 2020 (CDC)

 

Figure 35 : Évolution quotidienne des cas et des décès de Covid-19 déclarés par le Canada entre le 26 janvier et le 18 octobre 2020 (OMS) 

Figure 36 : Évolution quotidienne des cas et des décès de Covid-19 déclarés par le Brésil entre le 27 février et le 18 octobre 2020 (OMS)

 

Figure 37 : Évolution quotidienne des cas et des décès de Covid-19 déclarés par le Mexique entre le 1er mars et le 18 octobre 2020 (OMS)

 

Figure 38 : Évolution quotidienne des cas et des décès de Covid-19 déclarés par l'Argentique entre le 3r mars et le 18 octobre 2020 (OMS)

 

Figure 39 : Évolution quotidienne des cas et des décès de Covid-19 déclarés au Chili entre le 4 mars et le 18 octobre 2020 (OMS ; Google Covid)

 

Figure 40 : Évolution quotidienne des cas et des décès de Covid-19 déclarés en Colombie entre le 6 mars et le 18 octobre 2020 (OMS ; Google Covid)

 

Figure 41 : Évolution quotidienne des cas et des décès de Covid-19 déclarés au Pérou entre le 8 mars et le 18 octobre 2020 (OMS)

 

Figure 42 : Cas cumulés de Covid-19 déclarés dans les pays et territoires de la mer des Caraïbes le 18 octobre 2020 (Sources des données : OMS, Santé Publique France, Université John Hopkins)

 

Figure 43 : Incidence cumulée des Cas cumulés de Covid-19 déclarés dans les pays et territoires de la mer des Caraïbes le 18 octobre 2020 (Sources des données : OMS, Santé Publique France, Université John Hopkins)

 

Afrique et sud de l'Océan indien

Dans ce document cette zone est formée de l'ensemble des pays du continent africain, englobant les pays de la région OMS Afrique et ceux de la région OMS Méditerranée orientale d'Afrique (Annexe 1), les pays et territoires du sud de l'Océan indien et les territoires espagnoles des Canaries et des enclaves de Ceuta et Melilla au Maroc.

Tous les pays ont déclaré des cas de Covid-19 dans cette zone, excepté le territoire britannique de Sainte Hélène au large de l'Angola (Figure 3). La baisse observée depuis le mois d'août se poursuit dans cette zone (Figure 44), avec le 18 octobre 1 679 141 cas et 40 200 décès cumulés (+23 % de cas et +23 % de décès depuis le 13 septembre) (Figures 39 et 41). Près de la moitié des cas (48 %) et les deux tiers des décès (61 %) sont concentrés dans deux pays : l'Afrique du Sud et l'Égypte comme le 13 septembre. Les pays et territoires les plus touchés en nombre de cas et de décès déclarés le 18 octobre (Figures 45 et 47) sont par principale région géographique :

  • au sud du continent : toujours l'Afrique du sud qui est le pays le plus touché du continent (705 254 cas, 18 492 décès) et la Zambie (15 897 cas, 346 décès) (OMS) ;
  • au nord : le Maroc (175 749 cas, 2 976 décès ; +108% des cas et +92 % des décès depuis le 13 septembre), l'Égypte (105 547 cas, 6 130 décès), l'Algérie (54 616 cas, 1 865 décès), la Lybie (49 949 cas, 732 décès ; +124 % des cas et +125 % des décès depuis le 13 septembre) (OMS), la Tunisie (40 542 cas, 626 décès ; +511 % des cas et +485 % des décès depuis le 13 septembre) (OMS) et les îles Canaries (15 572 cas, 265 décès) et ; dans cette zone comme en Europe la pandémie progresse significativement depuis un mois ;
  • en Afrique intertropicale [pays avec plus de 20 000 cas confirmés] : l'Éthiopie (89 860 cas, 365 décès), le Nigéria (61 581 cas, 1 125 décès), le Ghana (47 372 cas, 310 décès), le Kenya (45 076 cas, 839 décès), le Cameroun (21 570 cas, 425 décès) et la Côte d'Ivoire (20 324 cas, 120 décès) (OMS) ;
  • dans le sud de l'Océan indien [pays avec plus de 1 000 cas confirmés] : Madagascar (16 810 cas, 238 décès), La Réunion (4 921 cas, 17 décès) et Mayotte (4 59 cas, 43 décès) (OMS).

Il est à noter que la Tanzanie n'a toujours pas déclaré de cas depuis le 8 mai. Le Burundi n'a déclaré qu'un seul décès le 24 avril 2020. Le 8 juin dernier le président du pays est décédé officiellement d'un « arrêt cardiaque », lui qui proclamait que « l'air du Burundi était purifié par Dieu » (Référence 7). La situation du pays est sans aucun doute plus grave que celle déclarée par les autorités qui ont organisé une vaste campagne de dépistage en juillet (Référence 8).

La progression de la pandémie reste globalement limitée dans cette zone avec une incidence cumulée des cas pour 100 000 habitants inférieure à 516 (incidence cumulée mondiale ; Figure 4) dans 51 des 60 pays et territoires. L'incidence cumulée des cas pour 100 000 habitants de la zone est égal à 125. Les incidences déclarées les plus élevées concernent l'enclave espagnole de Melilla (1 829), l'île de Mayotte (1 524), le Cap-Vert (1 403), l'Afrique du Sud (1 189) et l'enclave espagnole de Ceuta (1 085) (Figure 46).

La létalité globale de la zone est toujours peu élevée (2,5 %), notamment dans la majorité des pays de l'Afrique sub-saharienne (Figure 47). La jeunesse des populations de ces pays explique sans doute en grande partie cette constatation. La létalité réelle sera réévaluée en fin de pandémie en tenant compte des inévitables décès survenus à domicile, fréquents dans cette région du monde.

L'Égypte est le premier grand pays touché par la pandémie sur la zone en février. Le pic épidémique a été atteint fin juin, puis le nombre de cas a diminué rapidement jusqu'à la fin du mois de juillet. Depuis la transmission virale persiste avec une centaine de cas déclarés en moyenne chaque jour. La létalité cumulée est égale à 5,8 % (Figure 48).

En Algérie, après le fort rebond de juin à début octobre on observe une augmentation des cas déclarés depuis la deuxième semaine d'octobre. La létalité cumulée est égal à 3,4 % (Figure 49).

Au Maroc, l'augmentation du nombre de cas amorcée fin juin continue. En octobre l'augmentation est d'allure exponentielle. Les autorités attribuent cette situation au relâchement de la population. La ville de Casablanca est en confinement depuis le 7 septembre et la rentrée des classes a été repoussée. Les région de Casablanca-Settat et Rabat-Salé-Kénitra représente 60 % des nouveaux cas actuellement. La létalité cumulée est égale à 1,7 % identique à celle du 13 septembre (Figure 50). Peut-être que l'accélération du nombre de nouveaux cas correspond comme en Europe à des conditions climatiques plus favorables au virus. On observe la même tendance dans les deux enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla.

En Afrique du Sud, le nombre de cas s'est stabilisé à environ 1 000-2 000 cas quotidiens, profil comparable à celui de l'Égypte au nord de la zone. La létalité cumulée est égale à 2,6 % supérieure à celle du 13 septembre (Figure 51).

En Côte d'Ivoire et en Guinée la situation est comparable le 18 octobre à celle du 13 septembre. La létalité cumulée reste égale dans les deux pays à 0,6 % (Figures 52-53).

Au total les pays de l'Afrique intertropicale sont toujours peu touchés par la pandémie, par contre en Afrique du Nord on observe une résurgence de la pandémie comme en Europe de l'Ouest.

 

Figure 44 : Évolution mensuelle des cas de Covid-19 déclarés en Afrique et dans le sud de l'Océan indien entre le 2 février et le 18 octobre* 2020 (OMS, Google Covid)

 

Figure 45 : Cas cumulés de Covid-19 déclarés en Afrique et dans le sud de l'Océan indien entre le 15 février et le 18 octobre 2020 (OMS, Google Covid)

 

Figure 46 : Incidence cumulée pour 100 000 habitants déclarée en Afrique et dans le sud de l'Océan indien entre le 15 février 2020 et le 18 octobre 2020 (OMS ; Google Covid)

 

Figure 47 : Décès cumulés de Covid-19 déclarés en Afrique et dans le sud de l'Océan indien entre le 15 février et le 18 octobre 2020 (OMS, Google Covid)

 

Figure 48 : Évolution quotidienne des cas et des décès de Covid-19 déclarés en Égypte entre le 15 février et le 18 octobre 2020 (OMS ; Google Covid)

 

Figure 49 : Évolution quotidienne des cas et des décès de Covid-19 déclarés en Algérie entre le 26 février et le 18 octobre 2020 (OMS)

 

Figure 50 : Évolution quotidienne des cas et des décès de Covid-19 déclarés au Maroc entre le 2 mars et le 18 octobre 2020 (OMS)

 

Figure 51 : Évolution quotidienne des cas et des décès de Covid-19 déclarés en Afrique du sud entre le 6 mars et le 18 octobre 2020 (OMS ; Google Covid)

 

Figure 52 : Évolution quotidienne des cas et des décès de Covid-19 déclarés en Algérie entre le 11 mars et le 18 octobre 2020 (OMS ; Google Covid ; Ministère santé Côte d'Ivoire)

 

Figure 53 : Évolution quotidienne des cas et des décès de Covid-19 déclarés en Guinée entre le 12 mars et le 18 octobre 2020 (OMS ; Ministère de la Santé)

 

Région OMS d'Asie du Sud-Est

Le virus progresse moins fortement dans cette région avec 8 546 666 cas et 135 275 décès cumulés déclarés le 18 octobre, soit une augmentation égale à 59 % des cas et à 46 % des décès par rapport au 13 septembre. Trois pays représentent toujours la plus grande part de la pandémie dans cette région : l'Inde, le Bangladesh et l'Indonésie (98 % des cas et 99 % des décès).

Dans cette région la Thaïlande, comme le Vietnam, le Cambodge et le Laos de la région du Pacifique Occidental de l'OMS, a été peu touchée par la pandémie. Un lecteur résidant dans le pays, que je remercie, témoigne et a adressé à MesVaccins.net quelques informations et commentaires sur la situation de ce pays (Figure 54 et Encadré).

En Inde le nombre de cas diminue depuis la mi-septembre (7 597 063 cas, 115 197 décès). La létalité cumulée est égale à 1,5 % (Figure 55). L'État le plus touché est toujours celui de Maharashtra dont la capitale est Mumbai (anciennement Bombay) (21 % des cas et 36 % des décès).

Au Bangladesh la baisse des cas observée depuis fin juin marque le pas depuis le mois d'octobre avec un peu plus d'un millier de cas quotidiens. La létalité cumulée est égale à 3,5 % plus élevée que celle observée le 13 septembre (Figure 56).

En Indonésie, à l'image de l'Argentine, le nombre de cas augmente toujours de façon continue depuis l'introduction du virus dans le pays au début du mois de mars. Depuis octobre on note une évolution en « plateau ». La létalité cumulée est égale à 3,5 % comme au Bangladesh (Figure 57).

Cette région, en particulier l'Inde, pourrait, en cas de nouvelles vagues épidémiques, devenir l'épicentre mondial de la pandémie en 2021.

 

Figure 54 : Évolution quotidienne des cas et des décès de Covid-19 déclarés en Thaïlande entre le 15 janvier et le 18 oct. 2020 (OMS)

 

Encadré

Témoignage et informations d'un résidant en Thaïlande 

Avec seulement 3 700 cas* et 59 morts* (* Nombre de cas et de  décès cumulés déclarés à l'OMS le 18 octobre) sur 70 millions d'habitants, et alors que la Thaïlande a été touchée dès janvier, en raison du très grand nombre de touristes chinois en décembre-janvier, cela mérite une petite mention.

Les mesures prises très rapidement pour contrôler la propagation du virus sont les suivantes :

  • port du masque OBLIGATOIRE dans tous les lieux publics mais aussi sur la voie publique dès le mois de février, avec amende de 20 000 THB soit environ 500 € en cas de non-respect ;
  • fermeture progressive des frontières à partir du mois de mars et quasi hermétique à partir de mi-avril ; aéroport de Phuket fermé aux vols internationaux mi-avril ; les rares entrées sont très encadrées ;
  • gel hydro-alcoolique et prise de température dans tout le pays dès le mois de mars ;
  • mise en place d'un programme de traçage des cas "contacts" très simple ;
  • dès le mois d'avril et durant 2 mois environ, confinement zonal avec impossibilité de passer d'une province à une autre (l'équivalent d'un département), routes fermées et passage totalement impossible ; mesures identiques pour les zones où un cas de Covid-19 a été déclaré avec quarantaine du quartier ; pas de confinement à domicile sauf le soir de 22h à 4h du matin, durant le mois d'avril ;
  • fermeture en avril des restaurants (fermés aux clients en salle mais ouverts pour les plats à emporter), coiffeurs, lieux de divertissement... ; seuls les magasins d'alimentation sont restés ouverts ;
  • hospitalisation systématique de TOUS les cas déclarés de Covid-19 afin d'éviter la contamination du cercle familial et amical (NDR : à mon avis, la mesure la plus efficace) ; même les asymptomatiques ont été ainsi isolés.

Depuis le mois de juillet, les entrées dans le pays sont à nouveau possibles moyennant de nombreuses dispositions particulièrement dissuasives : 

  • demande d'autorisation à entrer dans le royaume à faire auprès du ministère des affaires étrangères 15 jours avant ; avec lettre de motivation expliquant pourquoi vous souhaitez vous rendre en Thaïlande (il faut une bonne raison) ;
  • test Covid-19 négatif à fournir avec la demande ;
  • si la demande est acceptée, nouveau test à faire dans les heures qui précèdent l'embarquement, puis à nouveau un test à l'arrivée à Bangkok, directement dans l'aéroport ;
  • prise en charge à l'aéroport par une équipe spécialisée (en tenue NBC) pour vous emmener dans un hôtel spécialisé afin d'y subir une quarantaine de 15 jours sans sortie possible de sa chambre et sans aucun contact avec les personnels de l'hôtel ; un plateau repas est déposé devant votre porte ; absence de de femme de ménage ; le seul contact humain est avec une infirmière dûment protégée qui vient vérifier que vous prenez bien votre température tous les jours (matin et soir) et vous fait un test covid-19 à J7 et J14.

Si tout cela est respecté et si tous les tests sont négatifs, vous pouvez (enfin) sortir de l'isolement. Tarif de la quarantaine : entre 1000 et 2000 €. Tout le monde doit y passer, les thaïlandais de retour au pays comme les rares étrangers autorisés à revenir en ayant une bonne raison (famille thaïe sur place). A propos du programme de traçage, un site internet permet à chaque commerçant d'éditer une page A4 avec un QR code spécifique de son établissement. Il y en a partout (magasins, coiffeurs, restaurants...) :

  • lorsque l'on se rend dans un établissement, on scanne avec son smartphone le QR code qui renvoie sur un site internet dédié ; la page est très simple : 2 gros boutons : « Check In » et « Check Out » ;
  • lorsque l'on entre, on clique sur le bouton « Check In » et on est invité à remplir son numéro de portable et on valide ; date, heure d'entrée, identifiant du magasin et n° de portable sont j'imagine enregistrés dans une base de données centralisée ; 
  • à la sortie on scanne à nouveau le QR code et on clique seulement sur « Check Out ». que l'heure de sortie est enregistrée dans votre fiche.

On ne peut faire plus simple. Aucune application à installer. En cas de covid-19, il suffit de rechercher votre numéro dans la base de données et vous aurez tous les numéros de téléphones des gens qui ont fréquenté les mêmes établissements que vous aux mêmes heures. Nul besoin de dépenser des centaines de milliers d'euros pour une application de type « StopCovid » qui vous traque, y compris dans la rue (alors qu'on sait que les contaminations en plein air sont très rares), et qui a eu le succès que l'on connaît. Rien à installer sur son smartphone et donc une bien meilleure adhésion de la population et tout le monde peut participer. Il est intéressant de noter que, comme les français, les singapouriens pourtant très disciplinés sont moins de 10 % à avoir installés une application de traçage de type « StopCovid ». […].

Encore quelques commentaires pour éclairer la situation et le contexte locale :

  • au niveau sanitaire, les autorités ont « fait très fort », et franchement il n'y a rien à redire ;
  • au niveau économique, il faut craindre un énorme désastre ; si le tourisme ne représente que 16 à 20 % du PIB, cela fait vivre indirectement des millions de personnes ; ainsi Phuket et Khao Lak, pour ne citer que deux endroits que je connais très bien, sont totalement sinistrés avec 70 % des commerces (tout confondus) sont fermés. […]. 

Pour finir, afin d'éclairer la situation et le contexte local, voici quelques commentaires supplémentaires :

  • contrairement à ce qui peut être lus dans certains médias, […], je ne pense pas que les nombres de cas et de morts soient sous-déclarés ou falsifiés. Compte-tenu des conséquences économiques particulièrement négatives sur le tourisme, on ne peut pas affirmer que l'impact humain soit sous-estimé pour ne pas faire fuir les touristes. […] ;
  • par ailleurs, les autorités ont mis en place dès le début un site internet sur lequel sont répertoriés tous les cas de Covid-19 où sont précisés la ville, le sexe, l'âge et la nationalité du malade. Il est donc possible quand on connaît un cas de vérifier s'il est bien pris en compte, même si les informations affichées sur le site ne sont pas nominatives. […] ;
  • enfin, je connais personnellement plusieurs médecins […] et infirmières. Aucun n'a jamais mis en doute les chiffres officiels. Les hôpitaux n'ont jamais subi d'afflux massif de malades.

NDR : les informations et les commentaires sont de la seule responsabilité de l'auteur de ce témoignage. 

 

 

Figure 55 : Évolution quotidienne des cas et des décès de Covid-19 déclarés en Inde entre le 30 janvier et le 18 octobre 2020 (OMS)

 

Figure 56 : Évolution quotidienne des cas, des décès déclarés de Covid-19 au Bangladesh du 2 mars au 18 octobre 2020 (OMS ; Google-Covid)

 

Figure 57 : Évolution quotidienne des cas, des décès déclarés de Covid-19 en Indonésie du 2 mars au 18 octobre 2020 (OMS ; Google-Covid)

 

Références

  1. Singer M, Bulled M, Ostrach B, Mendenhall E. Syndemics and the biosocial conception of health. Lancet March 04 2017;389:941-50.
  2. Andermann A. Les éclosions dans l'optique de la syndémie : de nouvelles notions pour améliorer la santé des Autochtones. Relevé des maladies transmissibles au Canada 2017;43:140-8.
  3. Leytral M. Propagation galopante du Covid-19 en Polynésie française. Le Monde 27 octobre 2020.
  4. Pailler Z. Covid-19 : le double discours du gouvernement turkmène, entre déni et lutte contre la maladie. France Culture 23 juillet 2020.
  5. Ridell S et al. The efect of temperature on persistence of SARS-CoV-2 on common surfaces. Virol J 2020,17:145.
  6. Golshiri G. Covid-19 : en Iran, les autorités et les médecins mettent en garde contre une « troisième vague ». Le Monde 22 octobre 2020. https://www.lemonde.fr/international/article/2020/10/22/covid-19-en-iran-les-autorites-et-les-medecins-mettent-en-garde-contre-une-troisieme-vague_6057018_3210.html
  7. Amel N. Burundi : quel pays laisse le Président Pierre Nkurunziza après sa mort soudaine ? France Culture 14 juin 2020.
  8. Manirakiza F. Dépistage de la Covid-19 : une campagne à la hauteur des attentes ? iwacu 10 juillet 2020. 

Quelques liens intéressants pour suivre la situation de la pandémie et comme sources de données

Autres liens intéressants

 

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