Un nouveau variant du coronavirus SARS-CoV-2 est identifié au Royaume-Uni

Publié le 20 déc. 2020 à 23h20

Biographie

Médecin biologiste.

Le ministre de la santé anglais a déclaré au parlement qu'un nouveau variant du SARS-CoV-2, le coronavirus responsable de la covid 19, a été identifié et pourrait être à l'origine d'infections dans le sud-est du pays, ce qui a conduit à des gros titres sur le "covid mutant" (1).

En décembre 2020, un variant du SARS-CoV-2 appelé VUI-202012/01 a été détecté au Royaume-Uni par le Covid-19 Genomics UK qui surveille par séquençage les virus responsables de la covid 19 dans ce pays (140 000 virus ont été séquencés à ce jour). Ce variant montre 17 changements ou mutations, dont la mutation N501Y, qui concerne le domaine de liaison du virus à son récepteur cellulaire ACE2. 

Ce variant a été identifié pour la première fois en septembre et représente désormais 20 % des virus séquencés dans le Norfolk, 10 % dans l'Essex et 3 % dans le Suffolk.  Au 13 décembre, 1 108 cas impliquant ce variant ont été identifiés, principalement dans le sud-est de l'Angleterre, mais également au Pays de Galles et en  Écosse. Il est probable que ce variant n’ait pas été importé mais soit apparu au Royaume-Uni.

Ce variant en cours d'extension est associé à une augmentation des cas de covid 19, mais à ce jour il est impossible de dire s’il est à l’origine d’une transmission accrue. De même, il n'y a actuellement aucune preuve que cette souche provoque une maladie plus grave.

Le nouveau variant présente des mutations modifiant la protéine de pointe (ou protéine S) ciblée par la plupart des vaccins. Cependant, les vaccins produisent des anticorps contre plusieurs régions de la protéine S : il est donc peu probable qu'une seule modification rende le vaccin moins efficace. A ce jour il n’y a aucune preuve d'un échappement du coronavirus SARS-CoV-2 à la vaccination ou à une réponse immunitaire humaine.

En attendant une évaluation plus approfondie de cette émergence, l'Europe continentale ferme ses frontières avec le Royaume-Uni.

Référence :

  1. British Medical Journal BMJ 2020;371:m4857.