La seconde dose du vaccin à ARN Comirnaty (Pfizer-BioNTech) contre la covid 19 peut être différée jusqu'à six semaines

Publié le 7 jan. 2021 à 23h12

Biographie

- Professeur agrégé du Val-de-Grâce, professeur invité à l'Université de Bordeaux.

Liens d'intérêt

- Aucune perception de rémunération ou de tout autre avantage de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.
- Aucune rémunération ou avantages reçus de l'industrie pharmaceutique.
- Déclaration mise à jour le 25 novembre 2021.

L'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a publié ce jour un avis concernant la possibilité de différer la seconde dose du vaccin à ARN messager (ARNm) Comirnaty, de manière à vacciner plus rapidement une proportion plus importante de la population (1).

Le Royaume-Uni a été le premier pays à proposer cette stratégie. Il est vrai que son comité technique des vaccinations (JCVI : Joint Committee on Vaccination and Immunisation) s'est souvent singularisé par sa capacité à élaborer des recommandations en dehors du cadre strict de l'autorisation de mise sur le marché. Ainsi, les Britanniques ont proposé le report de la seconde dose de vaccin Comirnaty jusqu’à 12 semaines après la première dose (2).

Cette stratégie ne peut être valide que si le vaccin est suffisamment efficace dès la première dose. C'est ce qu'ont confirmé l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et l'ANSM, dont l'avis publié ce jour détaille les données d'immunogénicité et d'efficacité clinique disponibles : dix jours après la première dose et jusqu’à la seconde dose, l'efficacité vaccinale est supérieure à 85 %.

L'ANSM autorise donc une flexibilité d’administration de la seconde dose entre 21 et 42 jours (soit de 3 à 6 semaines) au vu des circonstances actuelles, afin d’élargir la couverture vaccinale des personnes prioritaires et pour faire face aux fluctuations d’approvisionnements. Toutefois, contrairement au Royaume-Uni et en accord avec l'OMS, l'ANSM recommande de ne pas dépasser un intervalle de 42 jours entre la première et la seconde dose car "rien ne prouve qu’une seconde dose administrée au-delà de 42 jours conserve l’efficacité à moyen et long termes du vaccin".

L'ANSM précise donc les recommandations de la Haute Autorité de santé (HAS), qui établit que la vaccination peut être poursuivie en cas de délai supérieur à 21 jours après l’injection de la première dose, quel que soit ce délai et sans nécessité de recommencer le schéma vaccinal dès le début (3). Cette recommandation de la HAS obéit à un principe général en vaccinologie, selon lequel la persistance à long terme des cellules mémoires justifie l'administration d'une seule dose de rappel pour relancer le système immunitaire et obtenir l'effet rappel.

Ces nouvelles recommandations sont prises en comptes par le système d'aide à la décision de MesVaccins et intégrées au carnet de vaccination électronique. La fiche Comirnaty de MesVaccins a également été enrichie avec cet avis.

Références

  1. Avis de l’ANSM concernant la seconde dose du vaccin Comirnaty Pfizer BioNtech.
  2. Independent report. Joint Committee on Vaccination and Immunisation: advice on priority groups for COVID-19 vaccination, 30 December 2020. Updated 6 January 2021.
  3. Stratégie de vaccination contre la Covid-19 - Place du vaccin à ARNm COMIRNATY® (BNT162b2) dans la stratégie.