L'Afrique du Sud rapporte le premier décès humain de rage de 2021 au KwaZulu-Natal Médecine des voyages

Publié le 4 mar. 2021 à 18h17

Biographie

- Médecin biologiste à la retraite.
- Auparavant : médecin biologiste dans un hôpital d'Instruction des armées pendant 6 ans, puis détaché pendant 20 ans par le Service de santé des armées comme virologiste d'abord puis comme directeur dans 3 instituts du Réseau international des Instituts Pasteur.

Liens d'intérêt

- Aucune rémunération actuelle ou dans le passé de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.

En Afrique du Sud, le South Africa National Institute for Communicable Diseases (NICD) a signalé le premier cas de rage chez l'homme et le décès en 2021 d'un enfant du KwaZulu-Natal. Il s'agissait d'un garçon de 2 ans de Ngonyameni, près d'Umlazi (au sud du district d'eThekwini) dans la province du KwaZulu-Natal. L'enfant a été blessé à la tête alors qu'il jouait avec un chien au cours de la dernière semaine de janvier 2021. Le garçon a été emmené à l'hôpital, mais aucun traitement préventif contre la rage n'aurait été administré.

Le chien serait mort. Le garçon a été admis à l'hôpital le 10 février avec de la fièvre, des nausées, des vomissements, de la fatigue, des spasmes musculaires, de l'hypersalivation, de l'hydrophobie, de la confusion, de l'agitation, de l'hyperactivité et un comportement agressif, et il est mort le lendemain. Un seul échantillon de salive, prélevé avant le décès du patient, a été testé positif à la RT-PCR de la rage.

Rappel sur la rage en Afrique du Sud :

En Afrique du Sud, la rage est endémique et le virus circule chez les chiens domestiques mais aussi au sein de plusieurs réservoirs sauvages. 

Une dizaine de cas humains de rage sont confirmés annuellement dans le pays (105  cas entre 2008 et 2018, 9 cas en 2019, 8 cas en 2020), le nombre effectifs de décès liés à la rage étant estimé à 42 par an. Les cas sont en général rapportés dans les provinces du Cap Oriental, du KwaZulu-Natal et du  Limpopo, et plus rarement dans celles du Mpumalanga et de l’État Libre. La source de l’infection est un chien dans 75% des cas (une fois sur trois il s’agit d’un chien sauvage), rarement un chat (5%) et exceptionnellement un animal sauvage (un cas impliquait une mangouste entre 2008 et 2018) ; elle est inconnue dans plus de 20% des cas. Les malades sont des hommes dans 75% des cas et dans 50% des cas il s’agit d’enfants âgés de moins de 9 ans.

Références : (1) South African Medical Journal 2020;110(9):877-881. DOI:10.7196/SAMJ.2020.v110i9.14324, (2) https://rabiesalliance.org/country/south-africa.

Les recommandations pour les voyageurs

La vaccination contre la rage est recommandée pour les voyageurs dont le séjour est prolongé ou aventureux et en situation d’isolement dans des zones à haut risque (Asie, Afrique dont Afrique du Nord, Amérique du Sud). Elle est recommandée en particulier chez les jeunes enfants dès l’âge de la marche. En effet, ceux-ci ont un risque plus élevé d’exposition par morsure ou par contact mineur passé inaperçu (léchage sur peau excoriée, griffure...).

La vaccination préventive ne dispense pas d’un traitement curatif (deux injections de rappel), qui doit être mis en œuvre le plus tôt possible en cas d’exposition avérée ou suspectée, mais elle simplifie le traitement et dispense du recours aux immunoglobulines, qui ne sont pas toujours disponibles dans les pays en développement.

Il est en outre recommandé aux voyageurs se rendant en zone d’endémie d’éviter tout contact avec des animaux errants ou au comportement suspect.

Pour les voyageurs chez lesquels la vaccination antirabique préventive est recommandée ou ayant déjà reçu une série de vaccination post-exposition, le HCSP (avis du 22 février 2013) recommande de suivre les recommandations de l'OMS de 2010 et ne plus proposer un rappel à 1 an puis tous les 5 ans, sous réserve de la possibilité d'une revaccination rapide avec une première dose délivrée après exposition et une autre dose à J3. L'administration d'immunoglobulines antirabiques n'est pas indiquée dans un tel cas.

Source : Outbreak News Today.