Cas de grippe aviaire hautement pathogène A(H5N8) détectés inhabituellement chez des mammifères au Royaume-Uni Médecine des voyages

Publié le 17 mar. 2021 à 08h38

Biographie

- Médecin biologiste à la retraite.
- Auparavant : médecin biologiste dans un hôpital d'Instruction des armées pendant 6 ans, puis détaché pendant 20 ans par le Service de santé des armées comme virologiste d'abord puis comme directeur dans 3 instituts du Réseau international des Instituts Pasteur.

Liens d'intérêt

- Aucune rémunération actuelle ou dans le passé de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.

Au Royaume-Uni, le 15 mars 2021, les autorités sanitaires ont notifié à l'Organisation mondiale de la santé animale (OIE) des cas de grippe aviaire hautement pathogène à virus A(H5N8) détectés en Angleterre dans un centre de sauvetage et de réhabilitation de la faune sauvage chez des espèces inhabituellement infectées par ce type de virus. Il s'agissait de 4 phoques communs (Phoca vitulina), d'un phoque gris (Halichoerus grypus) et d'un renard roux (Vulpes vulpes).

En novembre 2020, cinq cygnes tuberculés (Cygnus olor) sauvages qui avaient été secourus et emmenés dans ce refuge pour la faune sauvage sont morts et se sont révélés infectés par le virus A(H5N8). Environ une semaine plus tard, les 5 phoques et le renard roux qui étaient hébergés temporairement dans le même refuge sont morts ce qui a motivé un enquête rétrospective à la recherche de la cause de ces décès. Après que l'examen histopathologique des tissus du renard et des phoques a identifié des lésions indiquant une infection virale systémique aiguë, d'autres tests de laboratoire ont été effectués par Agence de la santé animale et végétale (APHA) et ont permis de détecter l'infection à virus A(H5N8).  

Le diagnostic virologique a associé l'isolement du virus en culture, la détection des acides nucléiques par RT-PCR et le génotypage par séquençage. Le séquençage du gène a permis d'identifier que le virus A(H5N8) en cause était identique à 99,9 % aux virus A(H5N8) détectés chez les cygnes tuberculés qui étaient morts dans ce refuge pour la faune sauvage.

L'infection des mammifères est un événement rare ; aucun cas antérieur authentifié d'infection par le virus A(H5N8) n'a été enregistré chez le renard.  Il n'y a aucune preuve de propagation de l'infection à partir du refuge pour la faune sauvage.

Source : Organisation mondiale de la santé animale (OIE).