La maladie

Le virus de la grippe aviaire hautement pathogène A(H5N1) ou d’autres sous-types de virus grippaux non humains (par exemple H7, H9).

Récemment : émergence du virus A(H7N9).

Transmission

L’infection humaine à virus de la grippe aviaire hautement pathogène A(H5N1) résulte de la transmission du virus de l’oiseau à l’homme, éventuellement de l’environnement à l’homme et très rarement de la transmission limitée et éphémère du virus d’homme à homme. Les contacts directs avec des volailles infectées ou des surfaces et des objets contaminés par leurs déjections est le principal mode de transmission à l’homme. Le risque est maximum lors de l’abattage et du plumage des volailles, de la découpe de la viande et de sa préparation en vue de sa consommation. Rien ne prouve que la viande de volaille ou les produits avicoles cuits correctement peuvent être une source d’infection.

Nature de la maladie

Les symptômes initiaux sont généralement de la fièvre et un syndrome grippal (mauvais état général, myalgies, toux, maux de gorge). Une diarrhée et d’autres symptômes gastro-intestinaux peuvent également survenir. La maladie évolue en quelques jours et presque tous les malades développent une pneumonie clinique avec infiltrations diffuses à la radiographie thoracique. La production d’expectorations est variable et elles sont parfois teintées de sang. On observe une défaillance multiviscérale, un syndrome septique et parfois une encéphalopathie. La létalité est élevée (environ 60 %) chez les sujets hospitalisés atteints d’infection à H5N1 confirmée, le décès résultant le plus souvent d’une insuffisance respiratoire due à une pneumonie évolutive et à un syndrome de détresse respiratoire aiguë.

Répartition géographique

D’importantes flambées ont eu lieu parmi les volailles dans des régions de l’Asie, du Moyen-Orient, de l’Europe et de l’Afrique depuis 2003, mais les cas d’infection humaine sont restés sporadiques jusqu’à présent. L’exposition continue d’êtres humains au virus aviaire H5N1 augmente le risque qu’il acquière les caractéristiques nécessaires pour une transmission interhumaine efficace et durable, soit par mutation génétique progressive, soit par réassortiment avec un virus de la grippe humaine A.

Risque pour les voyageurs

La grippe aviaire H5N1 est principalement une maladie des oiseaux. Le virus ne franchit pas facilement la barrière des espèces. Jusqu’à présent, aucun voyageur n’a été touché. Une exposition intense et prolongée au virus par contact étroit augmente le risque d’infection.

Prévention

Les inhibiteurs de la neuraminidase (oséltamivir, zénamivir) inhibent la multiplication du virus et se sont révélés efficaces dans les études in vitro et les études sur l’animal pour la prophylaxie et le traitement de l’infection à H5N1. Bien que limitées, les études réalisées sur les malades hospitalisés incitent à penser qu’un traitement précoce d’oséltamivir augmente les chances de survie et qu’en raison de la durée prolongée de la réplication virale, ce médicament se justifie aussi à un stade tardif. Les inhibiteurs de la neuraminidase sont recommandés en prophylaxie post-exposition pour certaines personnes.

Les voyageurs éviteront les contacts avec les environnements à haut risque dans les pays touchés, par exemple les marchés d’animaux vivants et les élevages de volailles, les volailles élevées à l’air libre ou en cage, ainsi que les surfaces pouvant être contaminées par des déjections de volailles. Dans les pays touchés, les voyageurs doivent éviter les contacts avec des oiseaux migrateurs morts ou des oiseaux sauvages apparemment malades. Ils doivent éviter de consommer des oeufs, de la viande de volaille et des produits avicoles peu cuits. Une bonne hygiène des mains est recommandée (se laver souvent les mains ou utiliser souvent des lotions alcoolisées). En cas d’exposition à des personnes soupçonnées d’être porteuses du virus H5N1 ou souffrant d’une maladie respiratoire sévère inexpliquée, les voyageurs doivent consulter un médecin dans les plus brefs délais. Pour de plus amples informations, ils doivent prendre contact avec le corps médical sur place ou les autorités sanitaires nationales.

Données épidémiologiques

Entre 2003 et fin 2012, 605 cas (dont 356 décès) d’infection humaine par le virus A(H5N1) confirmée en laboratoire ont été déclarés à l’Organisation mondiale de la santé (OMS) par 15 pays d’Asie du Sud-Est et d’Asie centrale, d’Europe, d’Afrique et du Moyen-Orient. La majorité sont survenus en milieu rural, dans des endroits peu fréquentés par les voyageurs, et étaient associés à des contacts étroits avec des volailles contaminées, vivantes ou mortes. 

Des données épidémiologiques actualisées sont disponibles ici.

Lire également ce bilan pour l'année 2014.

Les recommandations vaccinales

A l’heure actuelle, l’OMS ne recommande pas de prophylaxie pré-exposition aux voyageurs, mais les recommandations pourront changer en fonction des nouvelles découvertes. Des vaccins inactivés anti-H5N1 destinés à l’homme ont été mis au point et homologués dans plusieurs pays mais ils ne sont pas encore largement distribués, même si les choses devraient vraisemblablement évoluer. Certains pays en constituent des stocks dans le cadre de la préparation en cas de pandémie. Ces vaccins sont immunogènes, mais on ignore dans quelle mesure ils préviennent l’infection à H5N1 ou atténuent la gravité de la maladie. Actuellement, l’OMS n’a pas de politique concernant leur utilisation.

En France, la vaccination anti-A(H5N1) est recommandée essentiellement chez les sujets exposés de part leur profession (Avis du Haut Conseil de la santé publique du 05/09/2008). Il existe des vaccins humains contre la grippe aviaire A(H5N1) autorisés au niveau européen.

Il faut rappeler que le vaccin contre la grippe saisonnière n’a pas d’efficacité pour prévenir la grippe aviaire à virus H5N1.

Des traitements antiviraux sont utilisés en prévention ou dans la prise en charge thérapeutique.

Source : Organisation mondiale de la santé et Institut de veille sanitaire.