Epidémie de choléra au Kenya Médecine des voyages

Publié le 29 nov. 2022 à 17h48

Biographie

- Médecin biologiste à la retraite.
- Auparavant : médecin biologiste dans un hôpital d'Instruction des armées pendant 6 ans, puis détaché pendant 20 ans par le Service de santé des armées comme virologiste d'abord puis comme directeur dans 3 instituts du Réseau international des Instituts Pasteur.

Liens d'intérêt

- Aucune rémunération actuelle ou dans le passé de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.

Au Kenya, le ministère kenyan de la Santé a confirmé une épidémie de choléra multicomté depuis le 19 octobre. Selon l'Organisation mondiale de la santé, au 13 novembre 2022, un total de 568 cas, dont 281 confirmés (48 cas par culture et 233 par test de diagnostic rapide) et 15 décès (CFR = 2,6 %), ont été signalés à ce jour. Neuf comtés ont été touchés : Garissa, Kajiado, Kiambu, Machakos, Meru, Muranga, Nakuru, Nairobi et Uasin Gishu. L'épidémie est actuellement active dans sept comtés et a été contrôlée dans les comtés de Nakuru et Uasin Gishu.

Les premiers cas de choléra à Vibrio cholerae O1 sérotype Ogawa ont été détectés à la suite d'une fête de mariage qui s'est tenue dans le sous-comté de Limuru, comté de Kiambu, le 8 octobre 2022. Des cas supplémentaires ont été liés à une autre fête qui s'est déroulée le 29 octobre 2022 le long de la route de Kiambu. 

Il s'agit de la deuxième épidémie de choléra déclarée en près d'un mois cette année au Kenya. Certains comtés comme Nairobi et Kiambu ont également été touchés par la précédente épidémie de choléra, le lien épidémiologique possible entre les deux épidémies doit être étudié.

Depuis lors, l'épidémie s'est étendue à d'autres pays.

Recommandations pour les voyageurs :

Le choléra est rare chez les voyageurs. Une prévention efficace est assurée par le respect des règles d'hygiène simples communes à la prévention de la diarrhée du voyageur et des autres risques liés au péril fécal :

  • hygiène des mains : se laver les mains, avant les repas, avant toute manipulation d'aliments ou après passage aux toilettes. En l'absence d'eau et de savon, un gel ou une solution hydro-alcoolique peuvent être utilisés. Se sécher les mains après lavage avec un linge propre ou, à défaut, les sécher à l'air ;
  • hygiène appliquée à l'eau : ne consommer que de l'eau en bouteille capsulée (et ouverte devant soi) ou, à défaut, rendue potable (ébullition 1 minute à gros bouillons ou désinfection (dichloroisocyanurate de sodium ou hypochlorite de sodium), éventuellement précédée d'une filtration (filtre portatif) si l'eau est trouble ; éviter la consommation de glaçons ;
  • hygiène appliquée à la nourriture : éviter les jus de fruits frais préparés de façon artisanale ; ne consommer du lait que s'il est pasteurisé ou bouilli ; privilégier l'allaitement maternel chez les nourrissons ; laver ou peler les fruits soi-même après s'être lavé les mains ; éviter les crudités, les coquillages, les plats réchauffés ; éviter les glaces artisanales (glaces industrielles, de moindre risque si l'emballage est intact) ; bien cuire les œufs, les viandes, les poissons et les crustacés ;
En cas de diarrhée :
  • une réhydratation précoce est importante ;
  • une consultation médicale est recommandée dans les formes aiguës modérées ou sévères et les formes persistantes (plus de 2 semaines), particulièrement chez l'enfant de moins de 2 ans, et, systématiquement, en cas de fièvre associée.
La vaccination contre le choléra n'est pas recommandée pour les voyageurs. Elle peut être recommandée pour les personnels devant intervenir auprès de malades, en situation d'épidémie et chez les personnels déployés dans le cadre de mandats ONU dans les pays où le choléra est présent.

 

Source : Outbreak News Today.