Au Sud Soudan, suspicion d'épidémie de fièvre hémorragique virale

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Les Centres Africains de Contrôle et de Prévention des Maladies (Africa CDC) soutiennent le Soudan du Sud dans l'investigation et la réponse à une épidémie présumée de fièvre hémorragique virale (FHV) dans les zones reculées de Dukubela, Pacime, et Dajo du comté de Longechuck, dans l'Etat du Haut Nil.

L'épidémie a été initialement signalée le 16 juin 2023 par l'Organisation pour le développement de l'initiative du Nil (NIDO) lors d'une visite de supervision à l'unité de soins de santé primaires de Dajo. La NIDO a constaté que la maladie semblait provenir de Dukubela, une zone montagneuse du comté de Longechuk qui borde le sud du Nil Bleu au Soudan et les régions d'Assosa en Éthiopie. Cette région a récemment connu un afflux de résidents et de réfugiés de retour du conflit en cours au Soudan.

Les symptômes observés chez les personnes touchées sont une forte fièvre, des vomissements et des selles sanguinolentes, des éruptions cutanées, une toux, des maux de gorge, des yeux rouges, un écoulement nasal, une vision floue et une faiblesse généralisée. La NIDO a indiqué que la maladie avait touché environ 150 personnes, entraînant la mort de 23 d'entre elles. Ces décès sont survenus dans les trois jours suivant l'apparition de la maladie. Toutefois, les personnes qui ont survécu aux cinq premiers jours ont montré des signes d'amélioration.

En réponse à la crise sanitaire, le ministère de la santé, en collaboration avec l'Organisation mondiale de la santé, a rapidement envoyé une équipe multidisciplinaire d'intervention rapide à Longechuk. Cette équipe a livré des fournitures médicales, a mené des consultations sur des maladies spécifiques et a procédé à la recherche active de cas dans les communautés de Dajo et Pacime. Après une enquête approfondie sur le terrain, l'équipe d'intervention rapide a dressé une liste de 227 cas suspects et de 29 décès liés à la maladie. Les tests de laboratoire effectués sur 45 échantillons ont confirmé des cas de paludisme et de rougeole, 71 % des échantillons étant positifs pour le paludisme, 58 % pour la rougeole et un taux de co-infection de 45 %. Bien que les 45 échantillons se soient révélés négatifs pour les fièvres hémorragiques virales, ce qui les exclut comme source potentielle de l'épidémie, les autorités sanitaires restent en état d'alerte en maintenant les mesures de surveillance en place afin d'identifier rapidement toute menace de maladie et d'y répondre.

Le comté de Longechuck est une région isolée, frontalière de l'Éthiopie et du Soudan, et le terrain difficile, en particulier à Pacime, pose des défis uniques à la gestion de cette crise sanitaire. Les habitants doivent marcher neuf heures pour atteindre l'établissement de santé le plus proche, à Dajo. L'afflux de rapatriés et de réfugiés met encore plus à rude épreuve les maigres ressources médicales de la région. Les infrastructures de communication telles que les téléphones et l'Internet ne sont pas disponibles dans la région, les seuls moyens de communication possibles étant les téléphones satellites. Malgré ces obstacles, un plan de réponse intégré est en cours.

Source : Centres Africains de Contrôle et de Prévention des Maladies

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