En Australie, la vaccination anti-papillomavirus des filles a fait chuter la fréquence des verrues génitales dans les deux sexes

Publié le 1 jan. 2012 à 22h42

Biographie

- Enseignant attaché à la faculté de Bordeaux 2.
- Rédacteur adjoint revue Médecine Tropicale.
- Membre de la SNFMI.
- Représentant la médecine interne française auprès de la fédération européenne de médecine interne (EFIM).

Liens d'intérêt


- Consultant auprès des laboratoires Jansen, activité ponctuellement rémunérée.
- Organisateurs de différentes réunions médicales (GSK, Pfizer, Actélion, Binding).
- Coorganisateur congrès SNFMI Paris 2011.
- Participations financières dans le capital d’une entreprise : aucune.
- Participations à des essaies thérapeutiques sur les vaccins : aucune.
- Déclaration établie le 12/09/2011.

Une étude épidémiologique concernant l'efficacité de la vaccination anti-papillomavirus sur la prévalence des condylomes génitaux chez les jeunes australiens a été récemment publiée par une équipe australienne.

L'étude portait sur la période allant de 2004 à 2011 et concernait les jeunes consultant au centre médical de prévention des infections sexuellement transmissibles de Melbourne. L'étude s'intéressait à la présence de condylomes génitaux (encore appelés verrues génitales, végétations vénériennes ou crêtes de coq) selon l'âge et le sexe. Les génotypes 6 et 11 sont responsables de 90 % des cas de verrues génitales. Le vaccin anti-papillomavirus quadrivalent Gardasil confère une protection contre les génotypes 6, 11 16 et 18, les génotypes 16 et 18 étant notamment impliqués dans la survenue du cancer du col utérin. Une campagne de vaccination utilisant ce vaccin quadrivalent a été mise en place en Australie en avril 2007 chez les patientes âgées de 12 à 27 ans. L'objet de cette étude était de déterminer l'évolution de la prévalence des condylomes génitaux au sein de la population vaccinée. Durant la période d'observation, 52.454 patientes ont été vues au centre, parmi lesquelles 5.021 (9,8 %) présentaient un ou plusieurs condylomes génitaux. Une diminution très significative était enregistrée après 2007 chez les femmes de moins de 21 ans, avec une prévalence passant de 18,6 % à 1,9 % dans cette population. Cette diminution de prévalence était moindre chez les patientes plus âgées (22-29 ans). De manière parallèle, il était enregistré également une diminution des condylomes génitaux chez les hommes jeunes hétérosexuels de moins de 21 ans (non vaccinés). 

Cette étude confirme l'efficacité du vaccin anti-HPV sur la diminution des condylomes de la femme jeune. Le vaccin semble avoir également un effet protecteur chez les hommes hétérosexuels non vaccinés de la même tranche d'âge. Cet effet altruiste du vaccin témoigne d'une réduction du portage des papillomavirus et donc de leur transmission aux partenaires sexuels masculins. L'efficacité du vaccin semble liée à la précocité d'administration chez les femmes de moins de 21 ans qui n'ont pas encore rencontré le virus HPV.

Source : Tim R H Read et al. The near disappearance of genital warts in young women 4 years after commencing a national human papillomavirus (HPV) vaccination program me. Sex Transm Infect2011;87:544-547 doi:10.1136/sextrans-2011-050234.