L’OMS considère que le risque de propagation géographique du chikungunya est important, le risque pour la santé publique mondiale étant évalué comme modéré dans un contexte où les capacités de contrôle restent limitées

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Le virus chikungunya (CHIKV) constitue un risque sanitaire mondial important et croissant en raison des épidémies régionales importantes et généralisées de ces dernières années, de la prolifération des moustiques liée au changement climatique, de l'absence de traitement spécifique et de l'augmentation des voyages internationaux. Bien que la mortalité demeure relativement faible, l'infection par le CHIKV peut provoquer une arthrite prolongée et invalidante, ainsi que des formes graves chez certains patients.

Du 1er janvier au 10 décembre 2025, 502 264 cas de chikungunya, dont 208 335 cas confirmés et 186 décès, ont été signalés dans le monde. Si certaines régions de l'OMS font état d'un nombre de cas inférieur à celui de 2024, d'autres connaissent des augmentations marquées. De plus, certains pays constatent l'émergence du chikungunya au sein de populations auparavant non touchées.

Les données suggèrent une résurgence ou une émergence localisée dans des zones géographiques spécifiques. La région des Amériques a enregistré le plus grand nombre de cas confirmés, suivie de la région européenne (qui regroupe les cas signalés principalement dans les départements français d'outre-mer de l'océan Indien). Par ailleurs, le risque de propagation géographique demeure important, car le chikungunya peut être introduit dans de nouvelles zones par des voyageurs infectés, où une transmission locale peut s'établir en présence de moustiques Aedes compétents, d'une population sensible et de conditions climatiques et écologiques favorables.

Le risque pour la santé publique mondiale lié à la transmission du CHIKV est évalué comme modéré, en raison des épidémies généralisées survenues dans plusieurs régions de l'OMS au cours de la saison 2025, y compris dans des zones où la transmission était auparavant faible ou inexistante. La résurgence et l'émergence de cas dans de nouvelles zones géographiques sont favorisées par la présence de moustiques Aedes vecteurs compétents, une immunité limitée de la population, des conditions environnementales favorables et une mobilité humaine accrue.

La répartition inégale des cas complique l'interprétation globale, mais met en évidence une transmission localisée importante. Les capacités de contrôle restent limitées par des lacunes en matière de surveillance, d'accès aux diagnostics, d'infrastructures de santé et de surveillance et de contrôle vectoriels durables.

Compte tenu des épidémies en cours signalées dans le monde entier en 2025, la possibilité d'une nouvelle propagation en 2026 ne peut être exclue.

Source : WHO Rapid Risk Assessment - Chikungunya virus disease, Global v.1. 29 December 2025

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