Non, le vaccin contre les papillomavirus ne diminue pas la fertilité
Partout, et de tout temps, des réticences à la vaccination se sont manifestées, à des niveaux et avec des modalités variables. A l’ère d’internet et des réseaux sociaux, elles s’expriment aisément et touchent un large public, avec des arguments souvent détournés ou infondés. Des rumeurs peuvent ainsi recevoir un écho considérable, alors même qu’elles semblent ne reposer parfois sur rien d’autre que des associations d’idées. Un exemple est donné avec l’affirmation que le vaccin contre les papillomavirus humains (HPV), virus transmis essentiellement lors des relations sexuelles et responsables de cancers génitaux, dont celui du col de l’utérus, pourrait nuire à la fertilité : la vaccination des adolescents diminuerait par la suite leur capacité à concevoir des enfants.
Pour l’Inserm, qui s’est livré à un examen des données disponibles sur ce sujet, il est cependant bien établi que, non seulement le vaccin n’a pas d’effet négatif démontré sur la fertilité, mais que, au contraire, il pourrait la favoriser en protégeant contre les altérations induites par l’infection virale (ref). De façon remarquable, ces effets protecteurs sont probablement plus significatifs chez l’homme que chez la femme. En effet, alors que chez les femmes, le lien entre infection HPV et fertilité n’est pas objectivé, les effets de cette infection chez l’homme sont nombreux et bien établis : diminution du volume et de la qualité du sperme, anticorps dirigés contre les spermatozoïdes, dont le génome et la mobilité sont altérés. En protégeant contre les virus, le vaccin est en mesure de corriger ces altérations dont le retentissement sur la fertilité est démontré. Quelques études, encore peu nombreuses, confirment cet effet bénéfique du vaccin.
A l’inverse d’informations erronées auxquelles les réseaux donnent de l’ampleur, les données qui s’accumulent sur le vaccin HPV mettent en évidence un rapport bénéfice/risque très favorable (voir notre actualité du 4/12/2025).
Références