En Guyane, la HAS recommande l’utilisation du vaccin Vimkunya chez les personnes âgées de 65 ans et plus, ainsi que celles de 12 à 64 ans avec comorbidités
En Guyane, depuis la détection du 1er cas confirmé de chikungunya (S2026-04), 86 cas ont été confirmés en Guyane, dont 75 dans le secteur du Littoral ouest (87 %) où 7 foyers sont actuellement en cours de suivi. Ce secteur est en phase de foyers épidémiques sans phénomène épidémique majeur identifié. Les secteurs de l’Ile de Cayenne, du Maroni et des Savanes sont en phase de transmission sporadique tandis que l’Intérieur, l’Intérieur Est et l’Oyapock restent en phase de veille épidémiologique.
La Haute Autorité de santé (HAS) qui a été saisie par la direction générale de la santé en date du 25 février 2026, vient de publier un avis portant sur l'utilisation des vaccins IXCHIQ et VIMKUNYA dans le contexte actuel de réémergence du chikungunya en Guyane.
1.Concernant le vaccin VIMKUNYA
Dans ce contexte, la HAS recommande l’utilisation du vaccin VIMKUNYA chez :
- Les personnes âgées de 65 ans et plus (avec ou sans comorbidités) ;
- Les personnes de 12 à 64 ans avec comorbidités.
La HAS indique que VIMKUNYA peut être proposé dans les autres populations, en tenant compte de la durée de protection documentée limitée à six mois et de l'absence de données chez les personnes immunodéprimées ou immunodéficientes.
La HAS ne recommande pas l’utilisation du vaccin VIMKUNYA chez la femme enceinte et allaitante compte tenu de l’absence de données de tolérance dans cette population spécifique. Les données connues ne permettent pas en l’état de conclure sur l’absence d’effets potentiels de VIMKUNYA sur la grossesse, le développement embryo-fœtal, l’accouchement et le développement post-natal. Cependant, ce vaccin ne comporte pas de contre-indication de principe compte tenu de sa composition protéique adjuvantée et pourrait être proposé au cas par cas en tenant compte du risque individuel d’exposition et après examen approfondi des bénéfices et des risques potentiels pour la femme enceinte, le fœtus et le nouveau-né.
2. Concernant le vaccin IXCHIQ
La HAS :
- indique que le vaccin IXCHIQ peut être proposé chez les personnes âgées de 18 à 64 ans après un examen approfondi des bénéfices et des risques potentiels et en tenant compte des informations manquantes sur la sécurité chez les individus de 12 à 64 ans présentant des affections cliniques associées à une réponse immunitaire altérée ou dérégulée (ex. : cancer, diabète, maladies cardiovasculaires, auto-immunes, hématologiques, hépatique chronique, rénale chronique) ;
- rappelle la contre-indication du vaccin IXCHIQ chez les personnes immunodéficientes ou immunodéprimées ;
- maintient
- sa non-recommandation d’utilisation du 27 février 2025 du vaccin IXCHIQ chez les femmes enceintes ou allaitantes ;
- sa suspension du 25 avril 2025 d’utilisation du vaccin IXCHIQ à la suite des signaux de pharmacovigilance chez les personnes âgées de 65 ans et plus ;
- son avis du 17 juillet 2025, spécifiant qu’il n’y a pas d’élément en faveur d’une recommandation spécifique d’utilisation du vaccin IXCHIQ chez les personnes atteintes de drépanocytose.
3. Recommandations complémentaires
La HAS souligne que les sujets vaccinés contre le CHIKV doivent continuer à appliquer des mesures de protection individuelle à l’égard des piqûres de moustiques.
La HAS souligne l’importance de garantir une information adaptée des prescripteurs et de la population sur les vaccins contre le chikungunya, leurs bénéfices et leurs risques, ainsi que l’intérêt d’un suivi prospectif, en particulier la pharmacovigilance de ces vaccins.
La HAS rappelle que les recommandations liées aux voyages étant sous la responsabilité du Haut conseil de la santé publique (HCSP), les voyageurs et les militaires se rendant dans une zone à risque d’infection par le CHIKV ne sont pas concernés par cet avis et doivent se référer aux recommandations du HCSP.
Sources : Santé publique France. Bulletin régional. Guyane. Surveillance épidémiologique
Semaines 13 et 14 (du 23 mars au 05 avril 2026), Avis n°2026.0022/AC/SESPEV du 9 avril 2026 du collège de la Haute Autorité de santé portant sur les vaccins IXCHIQ et VIMKUNYA dans un contexte de réémergence du chikungunya en Guyane