Les infections à chikungunya pendant la grossesse sont associées à des problèmes neurologiques à court et à long terme chez les nourrissons.
La revue eClinicalMedicine a publié les résultats d’une revue systématique et d’une méta-analyse qui avait pour objectif d’étudier les conséquences neurologiques et neurodéveloppementales d’une infection maternelle par le chikungunya pendant la grossesse chez les nouveau-nés et les enfants après.
Chez les nouveau-nés atteints d'une infection à CHIKV par transmission verticale la proportion globale de troubles neurologiques était de 48,0 %.
Les manifestations aiguës étaient précoces et importantes, apparaissant généralement entre le 3e et le 7e jour de vie. Les principales manifestations aiguës étaient une encéphalopathie et des convulsions, une méningo-encéphalite, des troubles respiratoire (apnée) qui peuvent nécessité une assistance respiratoire. Plusieurs séries de cas ont également rapporté des anomalies précoces du tonus musculaire et du développement psychomoteur dès l'âge de 3 mois, ainsi qu'une persistance de séquelles neurologiques jusqu'à 1 an, incluant des troubles visuels/un strabisme et des crises d'épilepsie persistantes.
Les troubles neurodéveloppementaux à long terme étaient fréquents et persistants : à 21 mois, 51 % présentaient un retard global de développement, contre 15 % dans le groupe témoin, à l'âge scolaire (10 ans), 57,9 % des enfants infectés par voie périnatale présentaient des scores EDA (Évaluation Des fonctions cognitives et des Apprentissages) inférieurs ou anormaux dans les domaines verbal, non verbal et d'apprentissage, et 61,9 % présentaient des troubles du langage.
Les enfants dont la mère a été infectée par le virus chikungunya (CHIKV) pendant le troisième trimestre de grossesse ou en période périnatale, ont près de deux fois plus de risque que les autres enfants (RR de 1,87) de développer des troubles neurodéveloppementaux, mais ces cohortes présentent des résultats neurodéveloppementaux à long terme hétérogènes.
Les auteurs précisent que leurs résultats doivent être interprétés en tenant compte de plusieurs limites liées aux données disponibles et au processus de revue.
Les auteurs concluent qu’en zone où le CHIKV circule, leurs résultats plaident en faveur d’un dépistage proactif de l’exposition périnatale, une surveillance renforcée durant la première semaine postnatale et un suivi longitudinal du développement. Les implications en santé publique vont au-delà et concernent la prévention primaire de l'infection maternelle pendant la grossesse, notamment dans les zones à risque d'épidémies ou d'endémie. La prévention doit privilégier la protection contre les piqûres de moustiques et la lutte contre le moustique Aedes au niveau communautaire.
Source : Zhou L et col. Neurological and neurodevelopmental outcomes in neonates and children after maternal chikungunya infection in pregnancy: a systematic review and meta-analysis. EClinicalMedicine. 2026 Apr 9:94:103888. doi: 10.1016/j.eclinm.2026.103888., CIDRAP