Epidémie d'Ebola : 750 cas suspects et trois provinces touchées en RDC ; trois nouveaux cas signalés en Ouganda
En République démocratique du Congo (RDC), l'épidémie de maladie à virus Ebola causée par le virus Bundibugyo (MVB) a atteint près de 750 cas suspects et 177 décès, incitant l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) à relever le niveau de risque dans ce pays de « élevé » à « très élevé ». Le risque global demeure toutefois faible, a déclaré le 22 mai le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, PhD, lors d'une conférence de presse.
Au total, 83 cas confirmés (78 en Ituri, 4 au Nord-Kivu, 1 au Sud-Kivu) d'Ebola et sept décès ont été enregistrés en RDC. Avec le cas identifié le 21 mai 2026, sur le territoire de Kabare dans la province du Sud-Kivu, le nombre de provinces touchées passe à trois. Le patient âgé de 28 ans, est décédé. On pense que ce cas positif provient de Kisangani. Cependant, l'épidémie est probablement beaucoup plus importante, et les autorités ont reconnu qu'elle a probablement débuté des semaines, voire des mois, avant les premières investigations.
L'Ouganda a signalé deux cas et un décès chez des personnes revenant de RDC, mais aucune propagation en cours, justifiant une évaluation du risque « élevé » par l'OMS. Cependant, l'Ouganda a annoncé samedi 23 mai 2026 avoir enregistré trois nouveaux cas d'Ebola, portant le total à cinq depuis le début de l'épidémie dans ce pays. Les patients sont un chauffeur ougandais qui a transporté le premier cas confirmé dans le pays, un agent de santé exposé au virus lors de la prise en charge de cette même personne et une une femme originaire de RDC.
Plusieurs facteurs facilitent la propagation de la maladie et compliquent la riposte, a déclaré Tedros. Les provinces de l'Ituri et du Nord-Kivu, en RDC, épicentres de l'épidémie, sont fragilisées par les réductions de l'aide internationale et le conflit armé qui a entraîné d'importants déplacements de population.
Un autre défi réside dans la méfiance envers les autorités étrangères et la propagation de fausses informations, qui ont conduit des jeunes à incendier un hôpital dans la province de l'Ituri hier, après que les autorités ont refusé de remettre le corps d'un footballeur local décédé, vraisemblablement des suites d'Ebola.
Il n'existe actuellement aucun vaccin ni traitement vis à vis de la souche Bundibugyo du virus Ebola. L'OMS collabore avec les responsables d'autres agences pour examiner les vaccins, les traitements et les tests de diagnostic en cours de développement.
L'OMS a approuvé les recommandations de son groupe consultatif technique sur les traitements, émanant du Plan directeur de recherche et développement, qui préconise de prioriser deux anticorps monoclonaux pour les essais cliniques. Le déploiement d'un vaccin prendrait probablement au moins six à neuf mois.
Le groupe consultatif de l'OMS a également recommandé d'évaluer l'antiviral obeldesivir dans le cadre d'un essai clinique, en tant que prophylaxie post-exposition pour les personnes ayant été en contact à haut risque avec des patients atteints d'Ebola.
Sources : CIDRAP, FundacionIO (Destacados), OMS, Patient Ligodi (Facebook), Outbreak News Today