République démocratique du Congo : épidémie due à la souche Bundibugyo du virus Ebola, point de situation
Le 26 août 2026, la République démocratique du Congo (RDC) a recensé 5 713 cas confirmés, dont 2 744 décès (données arrêtées au 25 août) dus à la souche Bundibugyo du virus Ebola (BVD). 770 patients sont hospitalisés en isolement. Cela représente une augmentation de 57 nouveaux cas confirmés et de 29 décès depuis le précédent bilan du 25 août (données arrêtées au 24 août). Les 57 nouveaux cas ont été signalés en Ituri (34 cas), au Nord-Kivu (18 cas) et dans le Haut-Uélé (5 cas). Parmi les personnes testées positives au virus Bundibugyo, 1 269 sont guéries. Au total, 84,6 % des contacts identifiés font l’objet d’un suivi dans les provinces touchées.
La province d’Ituri demeure la plus touchée, avec 4 750 cas, dont 2 133 décès, recensés dans 28 des 36 zones de santé. Au Nord-Kivu, 753 cas, dont 512 décès, ont été signalés dans 13 des 34 zones de santé. Au Sud-Kivu, trois cas, dont un décès, ont été signalés dans une seule des 34 zones de santé. Dans le Haut-Uélé, 189 cas, dont 89 décès, ont été signalés dans six des 13 zones de santé. À Tshopo, 15 cas, dont huit décès, ont été signalés dans sept des 23 zones de santé. Dans le Bas-Uele, trois cas, dont un décès, ont été signalés dans trois des 11 zones de santé. Au total, 58 des 151 zones de santé sont actuellement touchées dans les six provinces.
Figure : Zones touchées par l'épidémie d'Ebola
Le Règlement sanitaire international (RSI) a recommandé un ensemble de mesures sociales ciblant les rassemblements de masse et la mobilité intérieure. Il est recommandé de :
- reporter les rassemblements de masse dans les zones de transmission communautaire active du BVD, et pour les rassemblements de masse prévus dans d'autres zones, de les organiser après une évaluation des risques spécifique à chaque événement ;
- mettre en œuvre de mesures visant à réduire l'affluence dans les établissements de restauration et les boîtes de nuit ;
- mettre en œuvre des mesures limitant à un seul le nombre de passagers par moto ;
- mettre en œuvre des mesures pour la réouverture des écoles en toute sécurité ;
- mettre en place des points de contrôle sanitaire ouverts 24h/24 et 7j/7 le long des routes reliant les zones de transmission communautaire du BVD et les zones considérées comme présentant un risque élevé d'introduction du BVD, sur la base de l'analyse des schémas de mobilité de la population ;
- de mettre en place d'une surveillance du BVD à bord des navires naviguant sur les voies navigables intérieures reliant les zones de transmission communautaire du BVD aux principaux centres urbains, dont la capitale Kinshasa.
Deux petites études rapportent des résultats prometteurs concernant un anticorps monoclonal
- Dans l'actualité scientifique, des articles publiés hier dans Nature Medicine détaillent la prévention post-exposition par le MBP134, un cocktail expérimental d'anticorps monoclonaux, après une exposition au virus Bundibugyo (BVD) chez un adulte et quatre enfants. L'adulte était vacciné contre Ebola-Zaïre, contrairement aux enfants qui n'étaient pas vaccinés et ont reçu le MBP134 cinq à six jours après une exposition professionnelle ou domestique à risque élevé à intermédiaire au BVD. Il s'agit de la première utilisation documentée de ce médicament en prévention post-exposition. « Durant les 21 jours de suivi, aucun membre de la famille n'a présenté de signes cliniques ou biologiques de BVD », indiquent les auteurs.
- Dans un second article paru dans la même revue, un professionnel de santé de 39 ans, ayant contracté le BVD dans la province d'Ituri, a été rapatrié en Allemagne et traité par MBP134 et par l'antiviral remdesivir. « Les concentrations d’ARN viral étaient les plus élevées dans les prélèvements oropharyngés et le plasma, et devenaient indétectables dans le sang, les prélèvements de gorge, l’urine et les selles au 13e jour après l’apparition des symptômes, et dans le sperme au 25e jour », ont écrit les auteurs. « Le patient a guéri et a pu quitter l’hôpital le 22e jour après l’apparition des symptômes. »
L'Organisation mondiale de la Santé a annoncé que la RDC allait recevoir 70.000 doses du vaccin ERVEBO de Merck contre Ebola.
Sur les 70.000 doses allouées par le Groupe international de coordination sur la fourniture de vaccins (GIC), 20.000 seront utilisées dans le cadre d’un essai clinique de phase III visant à déterminer l’efficacité du vaccin contre le virus Bundibugyo.
Les 50.000 doses restantes seront destinées au personnel de première ligne et aux professionnels de santé, conformément aux recommandations actuelles du Groupe consultatif stratégique d’experts sur la vaccination (SAGE) de l’OMS.
On ignore encore si le vaccin Ervebo protège contre la souche Bundibugyo chez l’humain, mais de premières données en laboratoire et sur des animaux suggèrent qu’il pourrait offrir une certaine protection.